‹ Athenes [microform], décrite et dessinéeChapitre 225 sur 276 · STADE · texte numérisé non relu

STADE

struit pour la première fois au même lieu et dans la même forme vers l'an 350 avant Jésus-Christ, par l'orateur Lycurgue, fils de Lycophron. Cinq cents ans après, il était en très-mauvais état quand Hérode Atticus, y ayant reçu du peuple une couronne d'or, promit, en présence de tous les spectateurs, que la première réunion aurait lieu dans un nouveau stade construit en marbre du Pentélique i ; quatre ans après, sa promesse était accomplie 2.

Plan du Stade.

Aujourd'hui, les sièges de marbre, qui paraissent avoir été au nombre de trente et avoir pu contenir environ 25,000 personnes ^ ont tous disparu \ mais la cavea entière ABC, c'est-à-dire le talus en fer à cheval que les gradins recouvraient, existe tout entière. On avait profité pour l'établir d'un ancien lit de torrent dont les deux berges, fort éle-

1. Nous avons dit que le père d'Hérode avait légué une mine à chaque citoyen d'Athènes. Son fils, ayant découvert dans sa succession des dettes considérables, les acquitta avec le montant de ce legs. Aussi, lorsqu'il reconstruisit le Stade, dit-on qu'il était à juste titre nommé Panathénéen, puisque tous les Athéniens en avaient payé leur part.

2. L'embellissement du Stade par Hérode Atticus précéda la construction de son Odéon. En effet, si, dans sa description de l'Attique, Pausauias s'a point parlé, comme nous l'avons dit, de l'Odéon qui n'existait pas encore, il a au contraire mentionné le Stade, u II serait difficile, dit-il, de faire partager, par une simple description, le plaisir et l'admiration qu'on éprouve à la vue du Stade de marbre blanc qui est près de là. Voici ce qui peut faire juger de sa grandeur : sur les bords de l'Ilissus, s'élève un mont qui forme un croissant, dont les deux extrémités vont rejoindre la rive du fleuve. Un Athénien nommé Hérode en a fait un stade et y a presque épuisé la carrière du mont Penté- ^•q»^- '» • Att. C. XIX.

3. D'autres spectateurs plus nombreux encore pouvaient prendre place sur les collines qui dominaient le Stade.

4. On voit encore les quatre gradins inférieurs sur le plan d'Athènes dressé en 1670 par les capucins français et reproduit par M. L. de Laborde, dans son Athènes aux xv*, xvi« et xvii« siècles. Mais quand Leroy visita Athènes cent ans plus tard, le Stade était déjà dans l'état où nous le voyons aujourd'hui.

ATHÈNES

vées, avaient été régularisées pour recevoir les gradins; mais, aux deux extrémités, on avait dû suppléer à leur absence par des constructions dont il existe encore des massifs considérables aux deux bouts A C et au au centre B du fer à cheval.

Vue du Stade.

La longueur de l'arène est de 220 mètres, et par conséquent de 35 mètres environ de plus que la mesure du Stade olympique, mais cette différence est facile à expliquer. En tête du Stade étaient nécessairement quelques constructions abritant les concurrents, quelques salles où ils se frottaient d'huile ou de poussière avant la course ou la lutte; ces constructions occupaient déjà un certain espace. Les coureurs rangés en avant sur une seule ligne devaient tous avoir la même distance à parcourir ; aussi le but qu'ils devaient atteindre était-il , non pas l'extrémité B du Stade, mais la corde ab de l'arc formé par sa partie circulaire, la c(p8vSov/i, dont nous avons parlé. Ce dernier espace devait donc encore être retranché de la longueur totale, et on arrivait ainsi à ne plus trouver qu'un stade exact pour la partie de l'arène que les coureurs avaient à franchir.

A l'est, et vers l'extrémité de l'arène, s'ouvre sous les gradins une sorte de tunnel D E , dont l'entrée était formée de constructions presque entièrement écroulées. Ce passage, taillé à travers la colline et faisant un coude, se dirigeait vers le sud et débouchait dans la campagne*. C'était par là, sans doute , qu'entraient dans l'arène les chevaux .et les chars qui devaient figurer dans la procession des Panathénées.

1. Pausanias mentionne un passage semblable qui existait au Stade d'Olympie.

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