‹ Athenes [microform], décrite et dessinéeChapitre 242 sur 276 · EscHiivE. In Tim. et Ctesiph. — Dinarch. In Aristog · texte numérisé non relu

EscHiivE. In Tim. et Ctesiph. — Dinarch. In Aristog

0. « Voici , selon Varron , la raison pour laquelle cette ville fut nommée Athènes, qui est un nom tiré de celui de Minerve, que les Grecs appellent 'Aôriva. Un olivier étant tout à coup sorti de terre en cet endroit, et une source d'eau en un autre, ces prodiges étonnèrent le roi, qui députa vers Apollou de Delphes pour savoir ce que cela signifiait et ce qu'il fallait faire. L'oracle répondit que l'olivier signifiait xMinerve et l'eau Neptune, et que c'était aux habitants à savoir de laquelle de ces deux divinités ils donneraient le nom à leur -ville. Cécrops assembla tous les citoyens, tant hommes que femmes: car les femmes parmi eux avaient alors voix dans les délibérations. Lorsqu'il recueillit les suffrages , tous les hommes furent pour Neptune et toutes les femmes pour Minerve, et, parce qu'il y avait une femme de plus, Minerve l'emporta. »

Saint Alglstiiv. Cité de Dieu. L. XVIII, c. 9.

PNYX

Tout citoyen qui avait atteint trente ans pouvait prendre la parole, après toutefois qu'elle avait été accordée à ceux qui avaient accompli leur dixième lustre*.

Vépistate qui présidait l'assemblée était choisi parmi les proèdres y qui avaient pour mission de compter les suffrages exprimés par les cailloux qui avaient remplacé les fèves, xuapt, employées d'abord à cet usage 2.

Les citoyens qui assistaient aux assemblées recevaient des mains des thesmothètes un salaire qui varia de 1 à 3 oboles •^. Le plus faible salaire, institué par Périclès ^, fut porté au triple par Cléon, qui voulut ainsi se concilier l'affection du peuple^. Ceux qui arrivaient trop tard à l'assemblée étaient privés du triobole^.

Les mêmes citoyens ne pouvaient juger deux affaires dans la même

journée^.

1. Le héraut, après avoir indiqué le sujet de la délibération, terminait par ces mots : Quels sont les citoyens au-dessus de l'âge de cinquante ans qui veulent prendre la parole? (Voy. Eschine. In Tim. et Ctes.)

2. Aristophane , dans sa comédie des Chevaliers ^ appelle le peuple athénien mangeur de fèves,

c'est-à-dire vivant du salaire de ses votes.

3. 15 à 45 centimes, qui aujourd'hui représenteraient la valeur de 1 fr. 50 c. à 4 fr. 50 c.

« Autrefois, quand à l'assemblée ils ne recevaient qu'une obole, on pouvait causer assis tout à l'aise; maintenant on est étouffé par la foule... Aujourd'hui, quand on fait quelque chose pour la patrie, on demande 3 oboles, comme le maçon mercenaire. »

ARIST0PHA^E. Les Harangueuses.

Dans un passage de sa comédie des Grenouilles, le même comique fait allusion au salaire de 2 oboles que les citoyens recevaient à l'époque où il fit représenter sa pièce. ({ Hercule : Un vieux nautonier te passera dans une petite barque , moyennant un salaire de

2 oboles. »

u Bacchls : Vraiment! Quel pouvoir ont partout 2 oboles! Comment sont-elles venues jusque-là? »

Ce salaire, gagné sans fatigue, avait pour les Athéniens un grand attrait. Aussi Aristophane raille-t-il souvent leur rage de juger et de prendre part aux délibérations; il leur forge le surnom de peuple pnycien dans les Chevaliers. C'est contre cette manie qu'est dirigée toute sa comédie des Guipes, dont les Plaideurs de Racine sont une si charmante imitation ; enfin, dans les Nuées, Strepsiade, auquel on met sous les yeux une carte de la terre en lui montrant Athènes, s'écrie : « Que dis-tu là? Je n'en crois rien; je n'y vois pas déjuges en séance. »

4. « Périclès, le premier, salaria les juges. » AnisxoTE. Politique. L. II, c. 10.

5. u Cléon : Quant à moi, je ne cesserai de nourrir le peuple et de le servir, et tous les moyens me seront bons pour lui faire payer les 3 oboles. « Aristoph. Les Chevaliers.

i). a Allons à l'assemblée, ô hommes! Le thesmothète a menacé de ne pas paj-er le triobole à quiconque n'arriverait pas de grand matin. » I». Les Harangueuses.

« S'il t'arrive de te lever à midi, tu n'auras pas à craindre d'être exclu par le thesmothète. »

Id. Les Guêpes.

7. « O peuple! c'est assez d'avoir jugé une affaire; va au bain, prends un morceau, bois, mange, et reçois les 3 oboles. .. !»>• f^^ Chevaliers.

ATHÈNES

C'était au Pnyx seul qu'en vertu de la loi de Solon étaient proclamées les couronnes décernées par le peuple aux citoyens qui avaient bien mérité de la patrie. Ctésiphon ayant fait décider que celle accordée à Démosthène serait proclamée au théâtre *, et avant même qu'il eût rendu compte de sa conduite, cette infraction donna lieu au fameux procès sur la Couronne^ intenté par Eschine ^ à Démosthène pour se venger de celui que l'illustre orateur lui avait suscité autrefois à l'occasion de son ambassade près de Philippe de Macédoine.

La colline du Pnyx ne fait en quelque sorte qu'une avec celle des Nymphes; elles n'étaient séparées que par une faible dépression dont on a profité pour faire passer la route moderne conduisant à l'observatoire. La face de la colline des Nymphes qui regarde le Pnyx est coupée verticalement dans plusieurs parties ; il en est de même de celle du Pnyx, contre le côté nord duquel ont été évidemment appliquées des habitations dont on voit encore indiquées les séparations, ainsi que les trous des chevrons des toits. Près de là, à l'est, sont sur le roc d'autres traces de maisons et d'escaliers.

Il y eut à Athènes deux Pnyx voisins l'un de l'autre, mais qui ne furent point fréquentés en même temps.

On ignore à quelle époque fut établi l'ancien, mais nous verrons par la construction de sa muraille de soutènement qu'il devait dater d'un temps très-reculé^. On attribue à Thémistocle le nouveau Pnyx; sentant le besoin d'exalter les sentiments patriotiques et l'énergie des citoyens d'Athènes, il reporta le lieu de leurs assemblées sur un point plus élevé d'où leurs yeux pouvaient apercevoir la mer, théâtre de leurs exploits. Par la raison contraire, en Tan 404 avant Jésus-Christ, les trente tyrans,

1 Le décret portait : « Le héraut proclamera au théâtre, en présence des Hellènes, que le peuple athénien couronne Démosthène pour sa vertu, sa loyauté, et parce qu'il ne cesse de procurer, par ses paroles et par ses actions, le plus grand bien du peuple. »

Cf. CicÉRON. Du meilleur genre d'éloquence. VIL

2. « Vous l'entendez, ô Athéniens ! d'après le législateur, on proclamera dans le Pnyx, devant le

peuple convoqué, la couronne donnée par le peuple ; mais ailleurs, jamais ! D'après Ctésiphon, qui

foule aux pieds les lois et change même le lieu, ce sera au théâtre, non à l'assemblée des citoyens,

mais aux nouvelles tragédies; non devant le peuple seul, mais en présence des Hellènes, pour qu'ils

sachent comme nous quels hommes nous décorons. »

Eschine. Discours sur la Couronne.

3. Pollux l'appelle une place arrangée suivant la simplicité antique , x<^pio^ xaTe(r)ceva(i(x£vov xaxà t9;v TiaXatàv àTrXôrrjTa. Lexic. L. VHI, 132.

PNYX

qui redoutaient l'influence de ces souvenirs, rétablirent le Pnyx à sa place primitive, où les hautes parois des rochers masquaient la mer^

L'ancien Pnyx, auquel on arrivait par deux pentes latérales assez douces, était une vaste esplanade semi-circulaire d'environ 150 mètres de diamètre, taillée à mi-côte et soutenuapar un mur en forme de segment de cercle, composé de blocs d'une grandeur prodigieuse grossièrement

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Vue générale du Pnyx.

équarris, et disposés par assises irrégulières. Ce mur, de construction cyclopéenne, est à découvert sur une longueur de 72 mètres, et sa hauteur au centre atteint 5 mètres. Certains blocs ont jusqu'à 3", 70 de long sur 2 ",50 de haut et autant d'épaisseur. On retrouve encore à la suite quelques autres vestiges de cette muraille.

Formée par un rocher taillé verticalement sur une hauteur d'environ 4 mètres, la corde de l'arc légèrement fléchie, comme pour lancer la flèche, regarde le nord-est 2. Elle présente au centre où se trouve la tribune un angle très-ouvert, dont la forme semble avoir été calculée pour concentrer dans l'hémicycle la voix des orateurs.

La tribune •% P*^(xa, suggestum. A, d'où retentirent les voix de Démosthène, d'Eschine, de Périclès, de Phocion, est entièrement taillée dans le roc, ainsi que les trois gradins sur lesquels elle repose. Le degré infé-

1. « La tribune mesme des harangues, qui estoit sur la place du Pnyx, regardoit vers la mer; mais les trente tyrans qui furent depuis la remuèrent ailleurs pour la faire tourner deuers la terre, ayans opinion que l'estre puissans par mer estoit ce qui engendroit et maintenoit l'auctorité du gouuernement populaire. » Plltarque. Vie de Thémistocle.

2. La corde supposée droite, tirée d'une extrémité à l'autre de la paroi du rocher, aurait encore 112 mètres de longueur.

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