‹ Athenes [microform], décrite et dessinéeChapitre 255 sur 276 · NAUPLIE · texte numérisé non relu

NAUPLIE

mausolée est composé d'un grand dé de marbre surmonté d'un cippe portant une croix, et rappelant le tombeau de Nœvoleia Tychè, à Pompéi.

Sur l'autre place se trouvent l'arsenal et le palais du gouvernement, construit par Capo d'istrias. Ce n'est qu'une grande maison percée d'un passage public. Le roi Othon y résida depuis son débarquement, le 6 février 1833, jusqu'au 13 décembre 1834.

Le seul édifice de quelque intérêt que présente Nauplie est l'église de Saint-Spiridion , et encore seulement par le souvenir qui s'y rattache; elle n'a qu'une seule nef peu étendue avec une coupole fermée; ses murailles sont revêtues entièrement de peintures byzantines modernes. C'est en sortant de Saint-Spiridion, par la porte latérale de droite, que, le 9 octobre 1831, le président Jean Capo d'istrias, à six heures du matin, fut assassiné par les frères Constantin et Georges Mavromichalis. Ce dernier le frappa d'un coup de poignard dans le côté, et Constantin lui tira à bout portant un coup de pistolet, et on voit encore dans l'un des piédroits de la porte la trace profonde de la balle. Constantin fut sur-le-champ massacré par le peuple indigné, et Georges fut condamné et fusillé peu de temps après.

Hors de Nauplie s'étend le faubourg de Pronia, à l'extrémité duquel, sur le flanc d'un rocher, on voit un monument exécuté par le sculpteur allemand Siegel, en l'honneur des soldats bavarois morts en Grèce. C'est un lion colossal couché, taillé dans le roc, à l'imitation du fameux lion de Lucerne. Au-dessous est gravée cette inscription :

OFFIZIERE UND SOLDATE

KÔNIGLICH BAYERISCHEN BRIGADE

IHREN KAMERADEN

t 1833 UND 1834

ZUM VOLLENDUNG GEBRACHT

DURCH LUDWIG I KÔNIG VON BAYERN.

V Les officiers et les soldats de la royale brigade bavaroise à leurs camarades

morts en 1833 et 1834.

Terminé par Louis P% roi de Bavière. »

A gauche du monument est un grand cimetière moderne, entouré de

murs; à droite, un autre cimetière ne contient qu'un petit nombre de

tombes dont plusieurs portent des noms fraaçais. Celui-ci est dominé par une chapelle en grande partie creusée dans le roc.

De ce point assez élevé au-dessus de la plaine, le regard embrasse à la fois la rade, la ville et les forts de Nauplie, et sa campagne verdoyante, plantée de vignes, d'oliviers, de mûriers, d'amandiers, de trembles, de figuiers et de cyprès. Dans le fond, on aperçoit Argos et le mont Chaon.

Le 13 mai, après une nuit abominable [passée sur d'affreux grabats, et pendant laquelle une chasse, hélas ! trop fructueuse, les chants des buveurs séparés de nous par une cloison, des joueurs de billard qui ne cessèrent de s'escrimer sous notre chambre, les miaulements des chats amoureux, les aboiements des chiens, les cris des sentinelles, ne nous ont pas laissé fermer l'œil un instant, et qu'a couronnée, à quatre heures du matin, une fanfare de trompettes avec accompagnement de tambours, nous avons quitté avec joie V hôtel de la Paix, A cinq heures, nous sommes partis de Nauplie dans une calèche antédiluvienne, et, contournant le golfe d'Argos, nous sommes arrivés en vingt-cinq minutes à une ferme -modèle qui avait été créée par Capo d'Istrias, .mais qui depuis a été partagée et affermée à divers cultivateurs. A côté s'élèvent les ruines de Tirynthe, aujourd'hui Palaeo-Anapli.

Tirynthe était située dans une plaine, autour de l'éminence qui portait son Acropole appelée, selon Strabon, Lycimnœ; cette Acropole est restée seule, et en vain aujourd'hui chercherait-on d'autres vestiges de cette antique cité dont les fortes murailles sont vantées par Homère ^ et par Hésiode 2.

« La forteresse de Tirynthe, dit M. Petit-Radel ^, est un des monuments les plus remarquables de l'antiquité; on y a trouvé des constructions moins irrégulières les unes que les autres; ce sont évidemment des ouvrages de divers règnes. J'attribue à Prœtus la plus régulière, et je considère les autres comme devant dater de la fondation de la ville par Tiryns, fils d'Argus. »

Suivant Pausanias, et dans le langage des anciennes traditions, une ville avait toujours été primitivement fondée par le héros le plus anciennement nommé dans l'histoire de sa ville; mais comme ApoUodore,

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