‹ Athenes [microform], décrite et dessinéeChapitre 257 sur 276 · TIRYNTHE · texte numérisé non relu

TIRYNTHE

simplicité des temps où elle a été construite. La porte de l'angle sudest est entièrement détruite.

La partie la plus curieuse de l'Acropole se trouve h l'est.

Galerie de Tirynthe.

Auprès d'un pan de muraille bien conservé, s'ouvre une galerie ogivale formée de cinq à six assises, dont les deux supérieures s'avancent en encorbellement et se réunissent au sommet. Dans sa partie la plus élevée, la galerie, malgré l'exhaussement du sol, a encore 3'",15 de hauteur; sa largeur est de l'",80, et la longueur totale de la partie conservée est de 25 mètres. Du côté du levant s'ouvrent cinq fenêtres ou meurtrières également ogivales, s' élevant jusqu'à la naissance des deux assises inclinées de la galerie principale. Au tiers de celle-ci, on voit deux pierres en face l'une de l'autre, où sont creusés deux trous qui durent recevoir une barre de porte. Les blocs qui composent cette galerie sont généralement plus grossiers encore que ceux dont sont formées les murailles et surtout les portes du reste de l'enceinte. La voûte est probablement le plus ancien exemple, en Grèce, de l'emploi de la forme ogivale. Dans l'intérieur même de l'Acropole, on trouve une porte également surmontée de pierres, se rapprochant par encorbellement, et formant une sorte d'angle aigu au sommet. On reconnaît encore quelques exemples de ce mode de construction à Mycènes , aux environs de Missolonghi, en Étolie, à Thoricos, dans l'Attique, enfm en Italie, aux ruines d'Arpino, de Segni et d'Alatri.

Partis de Tirynthe à six heures et demie, nous traversons la plaine d'Argos, fertile en orge et en tabac très-renommé. Bientôt nous franchissons le petit fleuve Inachus, père de la fabuleuse lo S et le Xerias, l'ancien Charadnis , assez près du- point où ces deux maigres cours d'eau se réunissent pour se jeter à la mer. La partie sud -ouest de la plaine, sur le bord du golfe et à gauche d'Argos, est le fameux marais de Lerne, célèbre par la victoire d'Hercule sur l'hydre à sept têtes 2.

A sept heures nous arrivions à Argos, située à 6 kilomètres environ de l'extrémité nord- ouest du golfe, dans une plaine, au pied du mont Chaon, qui porte sa forteresse du moyen âge reposant sur des murailles cyclopéennes, que, dans la guerre achéenne, Cléomènes essaya vainement de renverser. Cette Acropole, qui portait le nom de Larisse , contient encore quatre belles citernes antiques.

Incendiée trois fois pendant la guerre de l'indépendance, la moderne Argos a un air de propreté assez rare dans ces contrées ; les rues sont larges, bien alignées; mais les maisons n'ont, pour la plupart, qu'un rez-de-chaussée, et quelques-unes seulement ont un étage. Presque toutes sont bâties en bois avec des boutiques ouvertes au rez-de-chaussée; aussi Argos ressemble-t-elle moins à une ville qu'à un vaste champ de foire. De ce mode de construction il résulte que, bien qu'elle ne renferme guère plus de 8,000 habitants, la ville moderne a une étendue presque égale à celle de la ville antique.

Argos a conservé peu de restes de sa splendeur première. Le monument le plus important qui s'y trouve encore est le théâtre situé à l'ouest de la ville et creusé dans le flanc du mont Chaon. Il ne reste rien des constructions de la scène, mais on voit une grande partie des gradins taillés dans le roc et partagés en trois précinctions et quatre cunei. La première précinction se compose de 33 gradins, larges en

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