Voy. la vignette en tête du chapitre
doriques qui, elles-mêmes, avaient eu pour modèle la porte égyptienne, est plus étroite dans sa partie supérieure ; son chambranle est formé de deux pieds-droits, chacun d'un seul morceau de marbre portant un linteau de 2'",80 de longueur. Ce linteau et ces pieds-droits proviennent, comme le reste de la muraille, d'édifices plus anciens, ainsi que l'indiquent des trous de scellement sans objet dans la nouvelle construction. La hauteur de la baie est de 3'»,87 ; sa largeur, dans la partie inférieure, est de l'",89, et dans sa partie supérieure de l'",73 seulement. « Le seuil de la porte, dit M. Beulé, le dallage sur lequel il repose, îes trous carrés où les gonds s'engageaient, le conduit ménagé pour l'écoulement des eaux, tout s'est retrouvé ; il y avait même encore dans les trous des gonds du plomb qui avait servi à les assujettir. »
Le mur est surmonté d'une sorte d'entablement haut de 2",57, formé de pièces rapportées. « Ce sont, en effet, ajoute M. Beulé, des entablements d'édifices doriques placés de la même manière que les débris du vieux Parthénon sur le mur de Thémistocle. Les architraves de marbre pentélique supportent une frise en pierre de tuf; des métopes en marbre blanc ont été glissées dans les coulisses des triglyphes. Ce sont des plaques sans traces de sculptures ni de couleurs. Au-dessus de la frise, on a mis une corniche de marbre qui appartenait à un autre monument, car les mutules sont d'une proportion sensiblement plus petite et ne s'arrangent point avec les triglyphes i. » Enfin, on a surmonté le tout d'un •attique composé d'une espèce de seconde architrave terminée par une petite moulure très-peu saillante, en forme de corniche. Cette décoration pourrait bien être un lointain souvenir de la décoration primitive de l'entrée de l'Acropole, et ce n'est pas sans vraisemblance que M. Beulé suppose que les tours elles-mêmes ont pu se terminer par une rangée de triglyphes, comme celle dont nous voyons encore que Mnésiclès avait couronné les murs des ailes des Propylées.
Tous les fragments qui ont servi à composer la muraille appartiennent à des époques différentes, et qu'il ne serait pas impossible de déterminer, approximativement pour quelques-uns, avec certitude pour quelques autres. En examinant les triglyphes de la frise, on leur trouve la même proportion ramassée et les mêmes caractères archaïques que l'on recon-
i. ?.. Beulh. Acropole d'Alhènes. T. I, p. 101.
ATH^.NES
ENTRÉE DE L'ACROPOLE
naît à ceux de l'ancien Parthénon ou au temple d'Égine, et on peut en conclure que cette frise décora quelque ancien édifice de l'Acropole, détruit par Xerxès, et remontant au vi' siècle avant notre ère. Pour j'architrave, nulle incertitude; les blocs qui la composent proviennent d'un monument choragiqueS et furent apportés, soigneusement numérotés avec des lettres dont la forme appartient au m' ou iv' siècle après Jésus- Christ. Sur ces marbres, longs d'environ 2 mètres, on lit encore une inscription qui en fixe la date :
... APIITOAHMOY ST HET AIQN ANE0HKEN
NIKHSAI XOPHPilN KEKPOniAI HAIAÎIN
EAIAAIKE IIANTAAEÛN SIKÏ
ÛMOS HTAEI AISMA EAITHMÎP
TIMCOEOr NEAIXMOS HPXE
(( N***, fils d'Aristodème du dème de Xypété {dans la tribu cécropide), a consacré ce monument, ayant remporté la victoire comme Chorége des enfants de la tribu cécropide. Pantaléon de Sicyone a composé le chœur; Elpénor, fils de Timothée, a joué le chant sur la flûte. Néaechmus était
archonte. »
L'archontat de Néaechmus répond à la i J5' olympiade, l'an 316 avant Jésus-Christ. Nous verrons, lorsque nous décrirons le monument de Thrasyllus, que celui-ci fut vainqueur dans la même année, au concours des
hommes faits. i
Quant à la partie inférieure de la muraille , plusieurs des blocs qui la composent portent des inscriptions visibles à l'intérieur, qui ont été publiées par M. Beulé, et dont les plus modernes appartiennent au 11* siècle après Jésus-Christ.
Il n'est plus permis aujourd'hui de douter de l'emploi que firent les Grecs de la peinture dans la décoration de leur architecture 2 ; les travaux des Hittorfî, des Kugler, des Raoul Rochette, des Letronne, des Brôndsted, les recherches récentes sur les temples doriques de la Grèce et de la Sicile, ne laissent plus aucune incertitude; elles ont
i. Voy. c. Vn.
2. Nous savons môme, par des témoignages antiques, que tous les sculpteurs célèbres avaient sous leurs ordres un peintre habile chargé de poindre leurs œuvres; plusieurs noms de ces artistes sont parvenus jusqu'à nous.
confirmé d'une manière positive l'assertion de VitruveS au sujet de la cire bleue, cera cœmlea, qu'il indique comme éUnt la couleur d'usage pour les triglyphes ; les métopes paraissent avoir été généralement rouges *. La frise de la porte de l'Acropole était une preuve de plus de l'ancienneté de l'architecture polychrome. Au moment de sa découverte, M. Beulé a reconnu sur les triglyphes et sur les mutules des restes de couleur bleue, et sur les entre-mutules des vestiges de rouge; aujourd'hm, on en retrouverait difficilement quelques traces.
Les Romains, avons-nous dit, avaient rasé à la hauteur de 3 mètres environ au-dessus du sol les deux tours B C qui protégeaient l'entrée. Lors de la restauration hâtive, exécutée par ordre de Valérien, on pensa qu'il serait à la fois plus prompt et plus économique , au lieu de relever les tours, d'abaisser le sol et de mettre à découvert les substructions qui descendaient à une assez grande profondeur. C'est ainsi que les tours atteignirent une hauteur suffisante, et que la base du mur qui les réunit se trouva placée environ 1",65 plus bas que celle du mur qui l'avait précédé, et dont l'ancien niveau, probablement par hasard, se trouve justement indiqué sur la nouvelle muraille par le bandeau de marbre noir d'Eleusis dont nous avons parlé.
Les deux tours pyramidaient légèrement. La partie supérieure de ce qui en subsiste aujourd'hui et qui dans l'origine était seule visible est formée d'assises régulières de pierres du Pirée, longues de 1",25 environ et hautes de 0", 40, superposées pleins sur joints. Ces assises reposaient sur une sorte de soubassement formé de blocs de même longueur, mais élevés de 1 mètre. Celui-ci est séparé de l'assise qui le surmonte par une