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CHAPITRE IV

ÉRECHTHÉION

GROTTE D AGLAURE. PIÉDESTAL DE MINERVE PROMACHOS. FONTAINE CLEPSYDRE. GROTTE DE PAN.

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OU S avons déjà parlé plusieurs fois de la fameuse dispute de Minerve et de Neptune , prétendant tous deux au titre de protecteurs de la ville d'Athènes que Cécrops venait de fonder. On sait que Neptune frappant la terre de son trident en fit jaillir, selon les diverses traditions, un cheval ou un flot, et que Minerve

Siège de Butés.

d'un coup de sa lance fit naître l'olivier qui, lui assurant la victoire, devait être plus tard la principale source de richesse de l'Attique ^

1. (( Erechthée, qu'on dit fils de la Terre, a, dans la citadelle, un temple où l'on voit un olivier, et une mer (ôàXaffaa). Les Athéniens prétendent que Neptune et Minerve les y avaient placés comme un témoignage de la contestation qui s'était élevée entre eux au sujet du pays. »

HÉnoDOTE. L. VIII , c. 55.

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ATHÈNES

Le lieu où se passa cette scène, la plus importante des légendes athéniennes, le lieu où se trouvaient encore Tolivier sacré^, l'empreinte du trident sur le rocher et la source salée miraculeuse qui faisait entendre un bruit semblable à celui des flots de la mer, quand soufïlait le vent du sud 2, devait avoir droit à toute la vénération des Athéniens; aussi fut-ce là sans doute que Cécrops éleva le premier simulacre de Minerve et son premier autel ^.

Erechthée, à son tour, environna cette terre sacrée d'un sanctuaire attenant à sa demeure, et c'est ainsi que prit naissance cet édifice complexe dont l'ensemble, conservant le nom de son fondateur, fut appelé VÉreclithéion. On le trouve aussi parfois désigné sous le nom de Cécropion^ en l'honneur de Cécrops, qui y avait reçu la sépulture ^. Il est bien entendu que ce premier édifice fut loin de la perfection de plan, de la science de distribution, de la beauté d'architecture de celui dont nous admirons aujourd'hui les ruines si riches de détails, si élégantes de forme.

L'ancien Érechthéion fut, comme tous les autres monuments de l'Acropole, incendié par les Perses; les vainqueurs brûlèrent jusqu'à l'olivier sacré •'»; mais, dans la nuit même, de sa souche immortelle sortit une nouvelle tige haute de deux coudées, selon Pausanias^, d'une coudée seulement suivant Hérodote ^.

Nous pensons que le temple, bien qu'ayant souffert de l'incendie, n'avait point été entièrement détruit , puisque Hérodote dit que Xerxès ordonna aux Athéniens d'aller à la citadelle et d'y faire les sacrifices suivant leur usage, et qu'ainsi il put être réparé et rendu au culte après le départ des ennemis. Cette hypothèse seule expliquerait comment ce sanctuaire, le plus vénéré de tous, ne fut rebâti que si longtemps après la guerre médique.

i. Pausamas. au, C. XXVII.

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