Plan de l'Acropole. X
2. British Muséum, Elgin Saloon, n" 167*. Cette inscription contient une partie du rapport d'une commission nommée pour constater l'état d'avancement des travaux de l'Érechthéion, qui sans doute étaient restés suspendus pendant quelques années, peut-être, comme le suppose M. Beulé, par suite des désastres de Sicile, et qu'il s'agissait alors de reprendre.
3. Cette opinion est celle adoptée par Hermann Hettner, Athen und der Pelopones.
4. Nous aurons occasion de citer plus d'une fois une très-curieuse inscription trouvée en 1836 dans la Pinacothèque, et qui contient les comptes, pour cette année 407, des travaux relatifs à la décoration du monument.
5. u L'année suivante (406-407), remarquable par une éclipse de lune arrivée le soir, et par l'incondie du vieux temple de Minerve, à Athènes, Pityas étant éphore et Callias étant archonte »
Hellen. L. I, c. 0.
ATHÈNES
Converti en église au vu* siècle, en même temps que le Parthénon, et consacré à la Mère de Dieu, la Ilavayia ©eoTOJtoç, l'Érèchtliéion, mutilé, comme nous le verrons, pour être approprié à cette nouvelle destination, fut, au moins pendant plusieurs siècles, préservé de la destruction ; mais après la conquête (i' Athènes par les Turcs, de nouveaux désastres allaient fondre sur lui. A l'époque du voyage de Spon et Wheler, un ofTicier turc qui s'y était établi ne leur permit pas d'en visiter l'intérieur qui renfermait son harem.
Il est probable que, voisin du Parthénon, l'Érechthéion eut comme lui beaucoup à souffrir du bombardement de l'Acropole par les Vénitiens. En ne réparant rien, en s'acharnant au contraire, selon leur usage, à la mutilation des sculptures, les Turcs continuèrent sa ruine. Au commencement du xvnV siècle, Pococke le vit cependant encore, sinon en bon état, au moins conservant presque toutes ses parties constitutives; mais quand, environ trente ans plus tard, Leroy, Chandler, Stuart et Revett vinrent à Athènes, la destruction avait marché à grands pas; les parties supérieures du monument avaient presque disparu, des pans de muraille entiers s'étaient écroulés, les frontons n'existaient plus, et le sol autour du monument était jonché de ses débris. Les profanations de lord Elgin et le siège de l'Acropole en 1826-1827 achevèrent l'œuvre du temps et des barbares.
Jusqu'aux fouilles terminées seulement en 1842, rien n'était plus inexplicable que les ruines de cet édifice dont le plan , déjà bizarre dès l'origine, avait encore été modifié par les Byzantins, par les Turcs, et rendu impossible à relever sous les monceaux de décombres ^. Aussi les systèmes les plus opposés avaient-ils été mis en avant, aussi les différentes parties de l'édifice avaient-elles été confondues au point que Stuart et après lui Legrand prirent le sanctuaire de Minerve Poliade pour l'Erechthéion dont ils firent un temple consacré à Érechthée ou à Neptune, le Pandrosion pour le temple de Minerve, et la tribune des Caryatides pour le Pandrosion. Enfin, un architecte pensionnaire de l'Ecole de France à Rome, M. Tétaz, consacra un séjour de deux années qu'il fit à Athènes h l'étude de cette grande énigme de marbre dont, grâce
1. Leroy avait cependant reconnu la différence de niveau des deux temples, tout en se trompant sur lears dénominations respectives.
f-RECHTHÉlON.
aux travaux de déblayement, la solution était devenue possible; en 1850, il envoya à l'Institut un travail de restauration, exécuté avec autant de talent que d'intelligence, et un mémoire explicatif qui a été publié par la Revue archéologique, l'année suivante.
Aujourd'hui la lumière est faite, nous n'avons plus qu'à suivre le plan de M. Tétaz, Pausanias à la main, et nous comprendrons facilement cet édifice sans modèle, comme sans copie, dans l'antiquité.
L'Érechthéion, à l'ensemble duquel on avait conservé le nom de son premier fondateur, était composé de deux temples distincts*, consacrés l'un à Minerve Poliade 2, l'autre à Pandrosc"^, qu'en récompense de sa
1. « Cet édifice est double, otxrj{xa SitiXoûv. » Paus\nias. Att. C. XX VI. Souvent, dans l'antiquité, un même temple était consacré à plusieurs divinités qui prenaient le
nom de aOwaioi ou avivoixerai, qui ont un temple commun, vctôt;, une demeure commune^ olxo^.
Strabox. L. vu. — Plltarqle. Sympos. L. IV.
2. IloXtàç, protectrice de la ville. Aristophane et Pindare l'appellent aussi IIo>,ïtiç et IIoXioûxo;.
3. « Au temple de Minerve est contigu celui de Pandrose, la seule des trois filles de Cécrops qui eût respecté le dépôt confié par la déesse. » Pausanias. AU. C. XXVII.
Ce dépôt était une corbeille contenant le jeune Érichthonius ou Érechthée *, qui venait de naître de Vulcain seul ou de Vulcain et de la Terre, et que, par compassion, la déesse voulait faire élever en secret dans son sanctuaire.
« La fille de Jupiter avait enfermé dans une corbeille Érichthonius, fils de la Terre, et mis près
de lui deux serpents pour le défendre en le confiant à la garde des filles d'Agraule **. »
Euripide, [on. se. 1".
* Nam lempore quodani
Pallas Erichthonium, prolem sine matre creatam,
Clauserat Aelœo texta de vimine cista;
Virginibusque tribus, gemino de Cecrope natis,
Hanc legem dederat, sua ne sécréta vidèrent.
Commissa duœ sine fraude tuentur
Pandrosos atquc If erse; timidas vocal una sorores
Aglauros, nodosque manu diducit; at intiis
Infantemque vident mlporrectumque draeonem.
Ovide. Métam. L. II , v. 552,
« Jadis, Pdllas avait renfermé, dans une corbeille tissue avec l'osier de l'Attique, Érichthon, cet enfant né sans mère, et l'avait confié aux trois filles du double Cécrops***, en leur défendant de chercher à pénétrer ce mystère... Deux d'entre elles respectent le dépôt confié à leurs soins , ce sont Pandrose et Hersé ; mais Aglaure raille la timide obéissance de ses sœurs, et sa main détache les nœuds de la corbeille. Elle l'ouvre, et leur fait voir un enfant et un serpent couché près de lui. »
Nous avons vu que, suivant Pausanias, Hersé partagea la curiosité de sa sœur, et en eflet elle n'eut point part au culte rendu à Pandrose; Pausanias ajoute (L. XVIIIJ qu' Aglaure et Hersé, devenues furieuses, se précipitèrent du haut de l'Acropole ; mais ce n'est pas non plus la version d'Ovide, qui raconte qu'Aglaure fut changée en rocher par Mercure pour s'être opposée à ses entrevues avec Hersé. [Métam. L. II, v. 819.)
* Erichthonius se trouve en effet dans les auteurs désigné aussi sous le nom d'Érechthée ; mais il ne faut pas pour cela le confondre avec un autre Érechthée qui vécut beaucoup plus tard. Le premier fut le quatrième roi d'Athènes, succéda à Amphictyon l'an 1573 avant J.-C, et régna jusqu'en 1556; le second, successeur de Pandion !«••, occupa le trône de 1525 à 1460 avant J.-C.
** La femme de Cécrops s'appelait Agraule ou Aglaure, comme l'une de ses filles.
"** On donnait cette épithète à Cécrops, soit parce qu'il parlait deux langues, soit parce qu'il commandait à deux peuples, les Égyptiens et les Grecs, soit parce qu'il institua le mariage, etc. Aucune de ces explications des mots ^louîjî, gemiuin et hifrom, qui se trouvent, dans les auteurs, appliqués à Cécrops, n'est du reste bien satisfaisante.
ATllENliS.
ÉRECHTHÉION.
discrétion Minerve fit la première prêtresse de son culte, voulant qu'après sa mort on l'associât aux honneurs qui lui étaient décernés à elle-même. Abstraction faite dés deux portiques faisant saillie au midi et au nord, rÉrechthéion forme un rectangle long de SO^jSO, large de il", 21. Grâce à l'inégalité du rocher sur lequel il était construit, ses deux parties, bien que couronnées d'un entablement commun, avaient leurs bases à deux niveaux bien différents. A l'est et au sud, les trois gradins hauts de 0™,24 et profonds de 0'",32, qui lui servaient de soubassement, reposaient sur l'esplanade ou se dressait aussi le Parthénon. Au nord et à Touest, au contraire, le sol se trouvait en contre-bas de 2"', 60, et nous verrons qu'on était obligé de descendre h ce plan inférieur, qui formait l'enceinte de Minerve Poliade*, par un escalier dont les traces sont encore reconnaissables au nord du soubassement du portique oriental.
Plan de rErechthéion.
Selon l'usage, le temple dédié à la divinité principale, à Minerve Poliade, avait sa façade A A tournée vers l'orient. A quelque distance en avant devait être un autel a qui a entièrement disparu. Cet autel était consacré à Jupiter Hypatus ^ ; on n'y sacrifiait rien qui eût eu vie ; on y