‹ Athlètes canadiens-françaisChapitre 12 sur 44 · JOSEPH MONTFERRAND · texte numérisé non relu

JOSEPH MONTFERRAND

JOS. ^lOXTFERRAXD.

Dans les premières années qui suivent la prise de Québec, ne sachant ce que l'avenir leur réserve, nos ancêtres se replient d'abord sur eux-mêmes et vivent confinés au milieu de leurs rustiques domaines. Mais les Anglais en s'établissant au pays ne font pas que s'emparer des fonctions publiques; ils développent les industries déjà existantes, ils en implantent plusieurs qui nous manquent, enfin ils donnent au commerce une impulsion vigoureuse.

Comme le Canada abondait en animaux sauvages de toutes sortes, beaucoup d'énergies et de capitaux se tournèrent aussitôt vers la traite des fourrures qui, sous le régime français, avait toujours été plus ou moins l'objet de monopoles. Des compagnies se formèrent et poussèrent ce négoce avec une activité que nous n'aurions pu imaginer.

Les salaires attribués aux trappeurs étaient attrayants pour l'époque; en plus, la Compagnie du Xord-Ouest et d'autres de moindre importance accordaient une part de bénéfice à leurs employés. Tous ceux donc qui avaient soif d'aventures, qui enviaient la vie libre des Indiens ou qui voulaient se créer un petit capital dans l'intention de s'acquérir un foyer ne purent résister à la tentation d'aller voyager dans les pays d'en haut (1). Puis, lorsque 1<^ traite déclina, commença le racolage des bûcherons, car c'est à peu près vers la fin de la première décade du XIXe siècle que l'on se mit à l'exploitation de nos forêts.

Il n'est pas un Canadien qui ne sache que pour être coureur de bois, trappeur ou bûcheron, il faille une trempe de caractère plus qu'ordinaire jointe à une constitution brisée à la fatigue et se moquant des intempéries. Nul n'oublie, non plus, que dans toute agglomération d'hommes habitués aux exploits de force et d'audace, il s'élève souvent des discussions, ou il se déchaîne des fureurs auxquelles on ne peut mettre un terme que par le combat. Ce fait existe même dans les armées, mais il est constaté encore plus fréquemment dans les réunions d'individus

1) An témoignage de l'abbé G. Dugas, le nombre de ces trappeurs s'éleva jusqu'à deux mille. V. L'Owe.si Canadien

non soumis à une discipline sévère. Là, le muscle csL roi.

Autrefois (souvent même aujourd"hui), en Italie, en France, en Espagne, ces querelles se vidaient au poignard ou à Pépée; sous l'influence anglo-saxonne, nos ancêtres décidèrent leurs différends à la boxe. Si paradoxal que cela puisse paraître à quelques-uns, en agissant ainsi, ils se montraient moins cruels que Itfe peuples latins, car s'il doit y avoir combat, ne vaut-il pas mieux, suivant l'opinion de Maurice Maetcrlink, choisir '^ le poing, l'arme humaine par excellence, la seule qui soit organiquement adaptée à la sensibilité, à la résistance, à la structure offensive et défensive de notre corps?" (1) Cela semble évident.

Les Canadiens-Français étaient bien préparés pour briller dans ce sport; ils avaient acquis Tesprit de combativité en luttant pendant deux siècles contre le Iroquois et les Saxons; ils s'étaient formés des muscles superbes en se livrant aux plus durs travaux; ils ignoraient le danger et méprisaient la douleur ; enfin ils étaient aiguillonnés par cette envie de se distinguer ou de ne céder à personne qui germe dans toute âme gauloise.

Des postes de traite, des huttes de chantiers et des villes de garnison où la boxe régnait en souveraine, le nohle art pénétra dans les campagnes les plus paisibles et, d'un bout à l'autre du Canada, tout homme AÏrildut pouvoir se défendre ou se faire respecter (2).

(1) De rintelligence des fleurs, p. 184.

(2) Conf. P. A. de Gaspé, Mémoires, p. 150.

Cette vogue extraordinaire de combats singuliers et de prouesses herculéennes dura près de cent cinquante ans, et le nombre de nos compatriotes valeureux qui, dans cette période, surgissent au premier rang est difficile à énumérer. Mais, entre tous, il est un homme qui domine ses émules par son énergie, son intelligence, son agilité, sa puissance musculaire et son prestige incontesté. Cet homme auquel l'antiquité aurait élevé une statue, c'est notre athlète national par excellence, Jose])li Montferrand.

Lorsque Joseph Montferrand naquit à Montréal, le 26 octobre 1802, du mariage de Joseph Montferrand et de Marie-Louise Couvrette, la future métropole du Canada n'était qu'une petite ville d'une douzaine de ]nille âmes, y compris une nombreuse garnison de soldats anglais. Ses anciennes fortifications qui l'avaient enserrée enjti*e le fleuve, la rue McGill, la ruelle des Fortifications, la rue Saint- Louis et le Square Dalhousie tombaient en ruines et des maisons commençaient à s'élever dans les endroits qui devaient bientôt devenir les faubourgs Québec, Saint-Laurent, IJécollets et Sainte-Anne. Malgré son peu d'étendue, Montréal n'en était pas moins un centre remar(|uable d'activité, et c'est dans son sein (juc résidaient la plupart des Bourgeois du Nord-Oucsi : c'était là encore (|ue s'organisaient ces expéditions (|iii partaient aniuielleiiient vers les plaines et les bois.

LES ATHLETES CAXAniEXS

SI

Le père de notre héros avait lui-même fait la traite des fourrures pour la Compagnie du Xord-Ouest et s'était amassé une modeste fortune. Homme très robuste et très brave, on lui concédait la réputation " de n'avoir reculé devant aucune provocation et de n'avoir jamais été vaincu ".

JOSErU MONTFERRAND. TÈRE.

Son grand-père qui faisait partie de l'armée de Lévis, lors de la cession, demeura' à Montréal après le départ des troujDcs françaises et il s'établit prévôt d armes pour gagner sa vie. Plusieurs fois, il eut à soutenir l'honneur du nom français contre les conquérants, mais il le fit toujours avec nne vaillance telle que l'ennemi dut retraiter.

Enfin, la mère du fameux Joseph fut une maîtresse femme devant qui il ne faisait ])as l)on de se conduire en mécréant, car elle savait appliquer de rudes corrections à ceux qui lui luanquaient d'égards

OU maltraitaient le prochain sans raison. Par hérédité, autant que par l'influence du milieu, Joseph Montfcrrand devait donc être ce qu'il a été, un athlète accompli.

On ne se fait pas idée de tout ce qui se raconte sur ce personnage extraordinaire, car, de son adolescence à sa mort, il a rempli le Canada du bruit de ses exploits et ceux-ci son innombrables. M. Benjamin Suite a recueilli les pli\s saillants pour les réunir en une monographie curieuse, devenue avec YHistoire du Juif Errautj Jean de Calais, le Siège de la Rochelle et les Mille et Une Nuits, un de ces ouvrages populaires qu'on rencontre partout. M. A. Montpetit a aussi raconté quelques prouesses, puis des contemporains de Montfcrrand ont parfois confié aux journaux des faits qui avaient échappé aux deux auteurs cités, en sorte qu'il faudrait un volume maintenant pour toutes les colliger. Je n'entreprendrai point cette tâche; je me bornerai à extraire des œuvres de mes devanciers quelques anecdotes typiques pour faire voir notre grand athlète sous divers aspects.

La première nous montre Montfcrrand vers dixliuit ans. Elevé dans le faubourg Saint-Laurent, en plein quartier cosmopolite et batailleur, il avait appris de son père ou des habitués des nombreuses salles athlétiques de sa localité, la boxe ainsi que la savate, et il était suffisamment habile pour commencer sa carrière par un coup d'éclat. Laissons maintenant la parole au plus érudit de nos historiens :

" Deux boxeurs anglais renommés luttaient un jour, en 1818 (1), sur le Champ de Mars ^e Mont-

(1) C'est deux ans auparavant, en 1816. qu'eut lieu aux Etats-Unis le premier tombât de boxe pour un enjeu.

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l'oal, en prestance do la foule et d'une partie des troupes de la garnison. On rapporte que le vainjjueur l'ut proclamé champion du Canada, et que le meilleur homme du pays fut appelé séance temmte à lui disputer ce titre. Le sang de Montferrand ne fit qu\in tour : il ne voulait pas laisser la palme à un Anglais ! Selon la coutume du temps, il s'élança dans le cercle ei" chanta le coq: cela signifiait qu'il relevait le défi. Les gens du quartier Saint-Laurent battirent des mains — ils connaissaient l'enfant qui allait se mesurer contre le boxeur anglais. Leur espoir ne fut point trompé, Montferrand ne porta qu'un seul coup de poing, mais si parfaitement appliqué que son adversaire se déclara incapable de lui résister.

Le lendemain toute la ville prononçait le nom de Jos. Montferrand. Il avait conquis la faveur ])()pulaire: les sportsnicn lui pressaient la main et se le présentaient l'un à l'autre. La candeur avec laquelle il recevait les éloges le faisait encore plus remarquer. Sa bonne figure plaisait aux amateurs du grand jeu. Mais lui, dans son humble condition, ne cherchait qu'à gagner sa vie et à aider sa famille. Ses instincts étaient du côté du travail ".

A sa majorité, il fit son tour au N'ord-Ouest, puis quatre ans plus tard, il abandonnait la traite des fourrures pour prendre du service dans le haut de l'Ottawa, car le commerce de bois commençait à devenir important et requérait l'aide de presque tous les gars solides du pays. Très prisé pour ses diverses qualités par les capitalistes, il fut immédiatement choisi conmie chef de gciii(j et, pendant trente ans, il sera conducteur d'hommes, défenseur des siens et redresseur de torts. Il ne cherchera pas la lutte, il ne provoquera personne. Sa mère, disait-il, dans son langage, un peu gauche, lui avait, avant de mourii-.

l'ait promeitre devant l'imago de la sainte Vierge, "de n'agir que s'il voyait nne cliose mauvaise, un tort, une insulte imméritée ou le l'ort opprimant le faible '■, et sa piété réelle aussi bien (jue son respect filial Tempêchèrent de manquer à sa solennelle promesse, entin on peut lui concéder ceci, qu'il refusa toujours de se battre pour de Targent. En voici la ^meilleur exemple :

" En 1828, à Québec, Montferrand pensionnait à l'Hôtel de Québec, tenu par un nommé Beaulieu. ]jes frères McDonell, commis de Bowman et Mc- Gill (1), donnaient un bal aux voyageurs. Les officiers d'un navire anglais s'avisèrent de troubler la fête. Ils cherchaient à se mesurer contre les plus vaillants et menaçaient de tout briser dans l'hôtel. C'était la mode du temps. Les McDonell appelèrent au secours; Montferrand descendit de sa chambre. Il tenta d'abord de faire sentir sa force aux intrus, mais ceux-ci s'armèrent de garcettes — alors le véritable bal commença ! Montferrand ne manqua pas un seul officier; il les laissa tous aux mains des médecins ".

Le lendemain plusieurs personnes vinrent lui faire visite et le capitaine d'un des navires en rade lui fît la proposition suivante:

" Nous avons, parmi nous, le champion de la marine anglaise; il est de votre force et serait lunireux d.^ voir ce que peut faii'e contre lui un Canadien.

" Le mot n'était pas lâché que Montferrand avait dit : " J'accepte ! '' Son patriotisme n'hésitait jamais, quoiqu'il aimât uu'diocronuMit la bataille pour ellenu'me.

*■ Le rendez-vous était sur le quai de la Keine. Un trait qui peint bien les mœurs du temps, c'est que, outre la po])ulation accourue en foule, il y avait

(1) Kiclips niiticliMiuls (le liois H l'tMii])loi dosquols était Montferrand.

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l)eaiieoiip de daines — et les soldats de la garnison i'orniaient la chaîne pour contenir les deux mille spectateurs de cette scène. De nombreux paris étaient engagés. Montl'errand ignorait cette circonstance. Le champion anglais était un colosse

Son apparence en imposait aux plus braves, — si bien que Montferrand se crut perdu. Une faiblesse générale s'empara de ses membres. Il ne savait comment se tourner. Tout à coup, la musique du régiment se fit entendre. Elle eut un effet magique sur notre héros. Il entra dans le cercle et se mit en garde ".

Ce match dura dix-sept secondes et se temiina par la victoire complète de notre compatriote. Aussitôt, ^•' 1(! capitaine, suivi de nombre de personnages.... donna force poignées de mains à Montferrand et déposa devant lui deux luille piastres, formant la part de bénéfice du vainqueur.

'' — Je veux bien, dit Montferrand, garder le titre de champion du monde que vous me décernez ; quant à l'argent, donnez-le au pauvre diable que j'ai brossé, il en aura plus besoin que moi pour se faire raccommoder la carcasse. Je ne me bats ni pour or ni pour arcrent ".

L'anecdote suivante, choisie entre plusieurs du même genre, montre jusqu'à quel point Montferrand jxmssait la bravoure :

' En 1829, plus de cent cinquante shiners (orangistes s'étaient mis en embuscade, du côté de Hull, à l'extrémité du pont qui est suspendu sur la décbarge de la cataracte. Montferrand, qui avait conçu deb soupçons, demanda à une femme dont l'échoppe se trouvait à la tête du pont, du côté de Bytown (Ottawa), s'il y avait du monde dans le voisinage, et sur sa réponse négative, il partit seul pour traverser.

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A peine rendu au milieu du trajet, Tennemi se précipita au devant de lui. Il voulut fuir, mais la femme avait refermé la porte du pont. Les shiners brandissaient des gourdins et proféraient des menaces en s'excitant les uns les autres. Montferrand fit quelques enjambées rapides pour se rapprocher des agresseurs; ceux-ci s'arrêtèrent un instant, mais l'un

Le Moulin du Crochet, sur la rivière des Prairies, fameux lieu de réunions des voyageurs d'autrefois.

d'eux plus exposé, tomba aux mains du Canadien, qui le saisit par les pieds et s'en fit une massue avec laquelle il coucha par terre le premier rang; puis ramassant ces malheureux comme des poupées, il les lança à droite et à gauche, dans les bouillons blancs de la rivière. Au moment de l'attaque, Montferrand avait invoqué la sainte Yierge et fait le signe de la croix. L'un des shiners culbutés se releva sur un genou et au moment où la formidable poigne du géant allait lui faire subir le sort des autres, il décrivit sur sa personne avec un air su])pliant, le signe

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de la croix. " Passe derrière ", lui dit Montferrand qui, sans tarder, bondit de nouveau en avant et recommença à abattre des hommes. La bande plia et se mit à courir, mais en même temps, Montferrand se sentit atteint derrière la tête par un coup de pierre ou de bâton. Il se retourna et rabattant son poing sur la poitrine du traître (Fhomme au signe de croix), il rétendit raide à ses pieds, puis, le saisissant par le milieu du corps, le lança dans le gouffre. La scène était horrible. Le sang coulait du parapet dans la rivière. Une foule de gens, rassemblés sur le rivage de Hull, regardaient détaler les shiners qui s'enfuyaient sur la route d'Aylmer. Montferrand venait de passer le pont comme il passait partout : en vainqueur '\

Une autre anecdote donnera une idée de sa force prodigieuse. Elle est racontée par M. Moïse Bastien (1), ancien agent de police de Montréal:

'' Un jour, dit-il. que nous descendions une cage da madriers sur la Lièvre, notre cage se trouva embarrassée dans un petit bateau à demi échoué sur le bord de la rivière. Xous nous mîmes alors en frais de le canter afin de pouvoir mieux passer la cage, m.ais ce fut en vain, personne ne put venir à bout de cette épave.

— Allons, allons, tonna tout à coup Jos. Montferrand, quand même ça serait-il rien que pour me donner la faim, je vais vous montrer, tas de paresseux, comment on cante un bateau. Et Montferrand,

(1) M. Bastien avait été au service de Joseph Montferrand, et c'est ce dernier qui le fit entrer dans la police par le ministère du chef Hayes qu'il connaissait bien. M. Bastien est né en 1827. a été policeman pendant 51 ans ; il a démissionné en 1907.

oj'donnant à ses soixante hommes d'équipe de sauter dans la barque, renversa à demi, d'un vigoureux coup d'épaule, le bateau et son équipage improvisé. Du coup, nous crûmes que Jos. s'était crevé pour la vie; mais il ne s'en porta pas plus mal pour cela. Une autre fois, continue le père Bastien, j'ai vu Jos. Montferrand à Pointe-Fortune, près de Carillon, d un coup de poing passer un Anglais à travers un carreau de fenêtre. Les amis de l'étranger qui avaient osé au commencement de la querelle prendre fait et cause pour l'adversaire de Jos., crurent, après ce fameux '^ coup de poing ", qu'il était plus prudent do déguerpir, ce qu'ils firent sans hésiter ".

A l'époque où vivait Montferrand, un genre de combat dénommé " A tout faire '^ par les Canadiens et " Eough and tumble " par les Anglais se pratiquait hors des villes.

Dans ces rencontres on faisait usage de la tête, des pieds, des poings et même des dents. Chaque adversaire y allait sans pitié et oubliait ou méconnaissait cet élément sportif et humain qu'ont introduit dans la boxe les règlements de Londres et, ensuite ceux du marquis de Queensbury.

Montferrand ne fut jamais aussi cruel i il ne dédaigna pas, cependant, lorsque son antagoniste faisait fi des règles, de combiner la boxe anghiise avec la savate (1), car il pouvait s'enlever en souplesse et frapper aisément à la poitrine ou à la tête avec son pied. En employant, à la fois, les bras et les jam-

(1) JMoiitferrand dwait tonir cotte oonnaissauoo de la savate de son p^re ou de son (riand-père, ear ce dernier était maître d'armes, et comme tons les militaires dn XVIITe siècle no pouvait ijjnoixîr l'oscrime i\ coups de pieds.

bes, Montferrand se trouvait à tirei^ on boxe française avant même qu'elle fut inventée, et il serait un deG précurseurs de cet art que l'on doit à un professeur de savate^ Charles Lecour (1).

Montferrand était un colosse de six pieds, quatre pouces, à quelques lignes près. Plus bel homme que ne l'indique son portrait, prodigieusement fort, d'une audace sereine, d'une agilité surprenante, il complétait ces qualités physiques par de la générosité, de la charité, du patriotisme et de l'amour du travail.

Si grande a été sa réputation, si admirés ont été ses exploits que le théâtre et l'histoire ont été forcés d? Taccueillir. Deux de nos meilleurs annalistes lui ont consacré des pages lues et relues, les journaux citent souvent ses exploits. M. Louis Guyon en a fait le héros d'un drame qui attire la foule chaque l'ois qu'il est à l'affiche; dans le peuple, son nom reste proverbial. Quel est le secret de cette popula- ]-ité exceptionnelle? C'est que Montferrand est venu à son heure et qu'il a été un personnage nécessaire; c'est qu'il a contribué à donner confiance aux nôtres et qu'il a relevé leur fierté à une période critique de leur existence. Le verdict populaire est juste.

NOTA. — Le grand-père de notre vaillant athlète s'api)elait réell'îment Franrois Favre et '" Montferrand " n'était qu'un surnom qu'il portait, sans doute, parce qu'il était originaire de la paroisse de Montferrand, en Flandre. Ce François Favre épousa Marie-Anne î]thier dit Hétu, à Sorel, le 20 octobre ITfiOl II paraît, ensuite, avoir séjourné A. l'Ile Dupas, pendant quatre ou cinq ans. On ignore ;\ <iuelle date il vint demeurer il ^ioutréal, mais son épouse y fut inhumée, à, l'âffe de 50 aus, le IG .iuillet 1702. Dix ans plus tard, le 7 juin 1S02, lors du mariage do son fils Joseph Favre dit Montferrand, voyageur, avec Marie-Louise Couvrette, François Favre vivait encore.

(1) Charles Lecour est né en France en 1808. C« n'est que vers 1830. " il la veille de la défaite que lui infligea un Ixjxeiir anglais, Owen Swift, qu'il eut l'idée d'allier les deux méthodes en adjoignant la l>oxe du poing il celle du pied''. M. Lecour est mort en 1894. De nos jours, les principaux maîtres de la boxe française sont les professeurs Leclerc et Charlemont.

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