Artère scapulaire postérieure avec sa veine
2. Rameau artériel fourni par l’artère scapulaire postérieure.
La connaissance des divers éléments de ce plan superficiel peut nous fournir quelques notions utiles pour la pathologie.
La peau est épaisse comme dans la région postérieure du cou, et comme elle, elle est susceptible d’être le siège d’inflammations furonculeuses, anthracoïdes et érysipélateuses qui sont graves. Le tissu cellulaire sous-cutané, dense et fibreux, se prête peu à l’extension de l’inflammation, aussi celle-ci y est-elle caractérisée par des douleurs très vives.
Les masses musculaires sous-cutanées sont larges et étendues : de là les suppurations diffuses qui envahissent quelquefois le tissu cellulaire assez dentelé qui les sépare; de là aussi la nécessité d’ouvrir ces abcès en nappe de bonne heure et de favoriser l’issue du pus par des ouvertures nombreuses. Les inflammations et les suppurations qui siègent dans la masse des muscles profonds auront de la difficulté à se frayer une voie dans la peau; elles gagneront plutôt toute l’étendue de la gaine aponévrotique qui les revêt, et ne se montreront que tard vers la partie la plus déclive de la région ou bien dans la région lombaire.
On a proposé, dans ces derniers temps, de faire la section de ces muscles dans les déviations de la colonne vertébrale, mais cette opération n’est pas encore entrée dans la pratique usuelle.
Sur la ligne médiane de la région on remarque les saillies des apophyses épineuses. La série de ces apophyses constitue ce qu’on appelle l 'épine dorsale. La disposition de ces apophyses est utile à connaître. Dans l’état normal, elle est régulière, constituant une légère courbure à convexité postérieure dont le centre est au niveau du tiers moyen de la région. Chez les droitiers, il existe aussi normalement une légère déviation à droite avec une concavité correspondante à gauche. La série des apophyses est visible sous la peau, mais il faut savoir qu’en marquant avec de l’encre ou un crayon chacun des sommets apophysaires, on remarque plus facilement les changements qui peuvent survenir dans la disposition qu’elles présentent. Ainsi, lorsqu’il y a une déviation de la colonne vertébrale, on peut, par la vue seule, mais surtout parle moyen de l'encre, juger de cette déviation qui a lieu surtout chez les enfants et les jeunes filles vers l’âge de la puberté. Cette incurvation anormale se fait à droite, de sorte que l’angle inférieur du scapulum de ce côté est légèrement soulevé. Cette courbure à convexité droite donne lieu à une convexité en sens opposé dans la région lombaire ; cette dernière déviation a reçu le nom de courbure de compensation. On y, remédie au moyen d’un appareil qui, prenant son point d’appui sur le bassin, refoule en dedans et à gauche la courbure supérieure ; tandis qu’elle porte en sens contraire la courbure de compensation ou lombaire.
Les apophyses et les lames vertébrales sont disposées en forme de carène de vaisseau, de sorte que si un corps vulncrant vient à tomber sur elles, ce corps se trouve déjelé en dehors; de là une protection plus efficace de la moelle épinière.
Dans les fractures de la colonne vertébrale occupant le corps des vertèbres ou meme seulement les apophyses épineuses, l’exploration de ces dernières proéminences peut mettre sur la voie du diagnostic.
Quand il y a usure d’un corps vertébral, les lames et les apophyses sont chassées en arrière, et alors par le rapprochement des deux vertèbres supérieure et inférieure à celle détruite, ces lames et apophyses font une proéminence très considérable sous les téguments, d’où résulte une voussure en bosse plus ou moins grande. Au début, on peut diagnosli-
quer le mal par une pression exercée sur le sommet de ces apophyses épineuses. En effet, cette pression, étant brusque, imprime à la masse de la vertèbre un ébranlement qui se traduit par de la douleur, quand elle a lieu sur une vertèbre affectée de carie. C’est là un moyen excellent de diagnostic.
Les plaies n’auront que peu de gravité, tant qu’elles ne dépasseront pas le plan superficiel. En effet, il n’y a pas de vaisseaux ni de nerfs importants à blesser; mais il faut toujours s’attendre à une inflammation diffuse et douloureuse. Quelques lipomes, quelques tumeurs fibreuses, rarement des cancers, occupent ce plan superficiel. Le spina-bifida s’y rencontre quelquefois.
Lorsqu’il existe une myélite, on a conseillé de faire passer sur la région spinale une éponge imbibée d’eau chaude pour arriver au diagnostic de cette affection. On a remarqué, en effet, qu’au niveau de l’inflammation médullaire, le malade éprouvait une douleur vive au moment du passage de l’éponge. Ce phénomène, quoique non constant, n’en mérite pas moins une sérieuse attention ; il s’explique, du reste, par la distribution des filets nerveux des branches postérieures des nerfs rachidiens, qui, fortement impressionnés, communiquent au centre nerveux une douleur spéciale.
3 J. BERAUD.. MOT CH1RURG
PLANCHE 7.Xm
l.lBTiMBl». GERMER BAILLIÈRE .
Région dorsale.
Plan profond.
TÉ gauche (3e couche).
A. Coupe de la peau limitant la région.
B. Coupe du fascia sous-cutané.