Rameau nerveux musculaire
APPLICATIONS A LA PATHOLOGIE ET A LA MÉDECINE OPÉRATOIRE
Ce plan profond nous offre à considérer les os et la moelle.
Les os sont profondément situés, et par conséquent peu exposés aux fractures. Les articulations des côtes avec la coonne vertébrale sont tellement solides, qu’il est difficile d’y concevoir des luxations. Néanmoins on cite quelques exem-
pies. A. Paré, le premier, a parlé de ces luxations, dont il admettait trois espèces : en haut, en lias et en dedans. Eultet, au xviii' siècle, n’admet que les luxations en dedans pouvant siéger seulement sur les quatre ou cinq dernières vraies côtes et les deux ou trois premières fausses côtes. Boyer rejeta toute luxation de ce genre, mais aujourd’hui on en cite six cas bien avérés. Ils sont dus à Henkel, à M. Boudet, à Alcock ; deux cas ont été communiqués à la Société royale de Dublin ; le sixième se trouve dans les Archives générales de médecine (18M, t. XI, p. 99).
Ce qui est le plus important pour la pathologie, c’est la moelle épinière; quoique protégée par les masses musculaires, par les apophyses épineuses, par les lames vertébrales et les ligaments élastiques, la moelle épinière et ses enveloppes n’en sont pas moins exposées à des blessures de toutes sortes. Ainsi les plaies, les contusions peuvent les atteindre. L’imbrication des lames vertébrales les soustraient, à la vérité, aux plaies par instruments piquants ou tranchants, mais les balles peuvent les atteindre ; il en est de même des fractures qui, par la projection de leurs fragments, amènent quelquefois des compressions dont le résultat est la paralysie des parties auxquelles vont se distribuer les nerfs qui émergent immédiatement au-dessous du point comprimé.
On peut juger de l’effet de cette compression par l’examen des nerfs qui sortent de la moelle épinière dans la région dorsale ; plus le point comprimé sera élevé, plus l’effet de la lésion sera étendu. . Ainsi la lésion de la moelle épiniére à la réunion de la région dorsale avec la région cervicale amènera, non-seulement la paralysie des membres inférieurs, mais encore celle de tous les muscles des parois abdominales et celle de tous les muscles intercostaux. 11 n’y aura que le diaphragme qui échappera à cette paralysie, parce qu’il reçoit ses nerfs moteurs de la région cervicale ; c’est ainsi qu’il faut s’expliquer la persistance d’une partie de la respiration quand la moelle épinière est lésée en haut de la région dorsale.
Ces plaies de la moelle épinière ne sont pas fatalement incurables. La paralysie partielle ou totale qui les caractérise peut guérir, ainsi que le démontrent les observations récentes de MM. Brown-Séquard et Follin. Ces auteurs ont prouvé qu’il se formait une cicatrice entre les deux bouts, et qu’après il y avait production de fibres nerveuses qui rétablissaient la communication entre les deux fragments.
La direction presque verticale des plans par lesquels se touchent les apophyses articulaires rend très difficile la production d’une luxation en avant. 11 faudrait, en effet, pour que les apophyses inférieures vinssent se placer au devant des apopihyses de la vertèbre supérieure, un écartement préalable à peu près impossible sans fractures. Les déplacements en avant sont donc nécessairement préparés par une fracture des apophyses articulaires ou des autres parties de la vertèbre. En arrière ils ne seraient pas empêchés par la direction des éminences articulaires, mais ils doivent être cxcessivementrares à cause des liens nombreux qui unissent les divers éléments des vertèbres. A la suite de violents ébranlements, on voit quelquefois des troubles nerveux se manifester dans les organes qui reçoivent leurs nerfs de la moelle épinière dorsale ; on dit alors qu’il y a commotion de la moelle : nous croyons que cette commotion n’est guère possible, en raison de la structure de la moelle et de la facilité avec laquelle les mouvements sont décomposés par la multiplicité des pièces du rachis. Nous expliquons tous ces troubles par des tiraillements subis par les nerfs qui émergent de la moelle. En effet, au moment de l’accident, la moelle tend à se déplacer en masse dans le liquide qui l’environne ; retenue par les attaches du ligament dentelé et des nerfs, elle ne peut ni éprouver une forte secousse, ni se rapprocher assez de son enveloppe osseuse pour être contusionnée, mais en se déplaçant elle tire sur les nerfs. Or le tiraillement peut se faire sentir : 1° dans le point d’implantation des racines antérieures et postérieures, où les fibres sont très délicates ; 2° dans le point où les nerfs correspondent aux trous de conjugaison.
Les seules opérations qui aient été faites sur le rachis sont l’extraction des corps étrangers et la trépanation. Les corps étrangers que l’on a eu l’occasion d’extraire sont des fragments d’instruments piquants, tranchants ou contondants. Les faits de M. Velpeau et de M. Hard sont trop connus pour les rapporter ici. 11 en est de même de ceux rapportés par Cuvillers et Louis. La trépanation du rachis a été faite d’abord par Cline, puis par Tyrrel, en 1822, et par M. Laugier, en France, en 18Ù0. Le quatrième cas est dû à M. Potier; mais cette opération n’est pas encore entrée dans la pratique générale. Elle pourrait être indiquée dans les fractures du rachis avec enfoncement des fragments, ou bien dans les épanchements sanguins occupant la cavité rachidienne. M. Brown-Séquard a publié un mémoire pour démontrer l'utilité de cette opération.
B J. BERAUD.- ANAT. CRI RU RG
T-lftltAIfllF. r.KHMK.U hmï.lip.hf,
Région costale.
A. Coupe delà peau limitant la région.
B. Faseia sous-cutané.