Plexus aortique du grand sympathique
APPLICATIONS A LA PATHOLOGIE ET A LA MÉDECINE OPÉRATOIRE
Si les plaies du médiaslio antérieur sont graves, celles qui atteignent le môdiastin postérieur le sont encore plus. Ces dernières peuvent non-seulement intéresser des vaisseaux, mais encore des nerfs, ainsi que la trachée-artère et l’œsophage. Heureusement que tous ces organes sont profondément situés, et échappent ainsi à l’action des instruments vnlnérants. Il est presque inutile de faire remarquer que les plaies de l’œsophage sont graves par l’épanchement des matières alimentaires qui se fait consécutivement dans le tissu cellulaire du médiastin, et par l’inflammation inévitable qui l’accompagne. Les blessures de l’aorte descendante donneront lieu à une hémorrhagie qui sera promptement mortelle. Ces blessures seront plus fréquentes en haut de la région que dans sa partie inférieure, parce que dans ce dernier point un instrument vulnérant aurait à traverser d’avant en arrière toute la masse Charnue du cœur et les divers feuillets du péricarde.
Les abcès du médiastin postérieur comme ceux du médiastin antérieur sont idiopathiques ou symptomatiques. Les premiers naissent dans le tissu cellulaire abondant qui environne la trachée, l’œsophage ou l’aorte. Les abcès symptomatiques peuvent être dus à l’altération d’un organe situé dans cette région ou venir de loin. Ainsi les ganglions lymphatiques si nombreux, suppurant sous l’influence de la diathèse scrofuleuse ou tuberculeuse, les épanchements purulents des plèvres, les ostéites, les caries ou les nécroses du corps des vertèbres ou de l’extrémité postérieure des côtes, donnent lieu à des abcès du médiastin. Le pus peut encore se collectionner là après avoir pris naissance dans la région cervicale, et même à la base du crâne, en suivant la face antérieure de la colonne vertébrale. De quelque origine qu’ils soient, les abcès du médiastin postérieur peuvent fuser dans la cavité abdominale en passant par les ouvertures que le diaphragme offre aux nerfs, aux vaisseaux ou à l’œsophage. On a vu de ces abcès venir se montrer alors, soit dans l’aine, soit dans la région périnéale. Très rarement ils passent dans le médiastin antérieur pour se montrer au niveau de la région sternale.
Les anévrysmes qui siègent dans la deuxième partie de la crosse de l’aorte, et dans l’aorte descendante qui lui fait suite, se portent en arrière, affaissent la trachée, l’œsophage, détruisent les canaux, et peuvent se faire jour dans leur cavité. Ceux qui naissent spécialement de la concavité de la crosse de l’aorte portent la compression sur la racine du poumon gauche, tandis que ceux qui procèdent de la convexité se développent du côté de la région cervicale et font bientôt saillie au-dessus de la fourchette du sternum. Aussi Allan Burns avait raison de faire remarquer que l’on pouvait confondre ces derniers anévrysmes avec les anévrysmes des carotides ou du tronc brachio-eéphalique et des branches qui en partent. Celui qui donnerait aujourd’hui un bon signe pour établir ce diagnostic rendrait un service réel à la science. Peut-être qu’au moyen de la compression des carotides on pourra y arriver.
On constate sur la planche le rapport intime du nerf récurrent avec la crosse de l’aorte et le commencement de l’aorte descendante, rapport qui explique pourquoi ce nerf est comprimé très tôt par les anévrysmes qui siègent sur ces vaisseaux. Cette circonstance rend compte de l’aphonie qui existe dès le début de ces anévrysmes. Le nerf récurrent du côté gauche est évidemment plus exposé à la compression que celui du côté droit, parce que les anévrysmes de l’aorte sont plus fréquents que ceux du tronc brachio-céphalique artériel, qui sert de poulie de réflexion au récurrent droit. Les anévrysmes de l’aorte descendante compriment l’œsophage d’abord, mais retenus par la colonne vertébrale ils refoulent ensuite le cœur en avant, au point de faire croire à une affection de cet organe. Dans ce cas l’erreur est d’autant plus facile que des battements doubles sont ressentis par le malade plus fortement et plus superficiellement que de coutume. Les anévrysmes de l’aorte thoracique attaquent et détruisent les corps des vertèbres, surtout à gauche, et ici, comme dans tous les autres points du corps les os, cèdent plus promptement que les tissus fibro-carlilagineux. Blandin cite l’exemple d’un individu qui portait un anévrysme tellement volumineux de l’aorte descendante, que cette tumeur, après avoir occupé la cavité pulmonaire gauche, refoulé le poumon correspondant et détruit l’extrémitc postérieure des côtes, s’était portée dans la région dorsale, où l’on pouvait la reconnaître à ses battements.
Très nombreux et complexes, les organes du médiastin postérieur sont sujets à des tumeurs de toute nature, tuberculeuses, fibreuses, lipomatcuses, cancéreuses, et l’on comprend que toutes ces tumeurs amèneront promptement des désordres dans leur voisinage. Aussi la compression de la trachée, de l’œsophage, de la veine azygos, dn canal thoracique sera presque inévitable. Néanmoins la mobilité dont jouissent tous ces organes leur permet d’échapper jusqu’à un certain point à ces fâcheux effets. Le grand sympathique lui-même n’échappe pas à cette compression. Dès que la poche anévrysmale commence à se développer, dit M. Bichet, elle tend à comprimer ce tronc nerveux, et l’existence de cette tumeur n’est révélée, vu la profondeur à laquelle elle est située, que par des troubles dans les organes qui reçoivent leurs filels de cette portion du grand sympathique. Or, ces troubles sont de nature si singulière, qu’il est réellement impossible, si l’on n’est prévenu, de les rattacher à la présence de cette affection. M. Richet cite un cas fort remarquable, observé par lui avec MM. Bouillaud et Trousseau, où ces troubles ont mis sur la voie du diagnostic. Quand une plèvre est remplie de liquide, le médiastin est refoulé du côté opposé à la collection, et c’est ainsi que le cœur a pu être transporté jusqu’à la partie supérieure de la cavité thoracique droite. Quand l’évacuation a lieu, le cœur revient peu à peu à sa place, ainsi que tous les autres organes qui l’avaient sui\i dans son déplacement.
PLAKCHE XI ,V
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Région thoracique.
Cavité droite de la poitrine,
A. Coupe de la peau.
D. Coupe du fascia superficialis.