Coupe du grand sympathique
droit.
APPLICATIONS A LA FATHOLOGIE ET A LA MÉDECINE OPÉRATOIRE
Sur cette coupe on peut voir les rapports réciproques des médiastins antérieur et postérieur avec les cavités pleurales ainsi qu’avec le péricarde. On peut juger aussi de l’épaisseur relative des parois thoraciques dans les diverses régions. Cette coupe offre en quelque sorte le résumé de toutes les planches qui précèdent, et l'on pourrait, à propos d’elle, donner toutes les considérations chirurgicales et opératoires qui ont été déjà présentées.
Néanmoins nous ajouterons maintenant quelques faits qui méritent plus spécialement de fixer l’attention.
En ce qui concerne la plèvre, nous ferons remarquer son trajet sur les parois thoraciques et sur le poumon. Par sa
lace externe au niveau des parois, dans les espaces intercostaux comme au niveau des côies, cette membrane séreuse n'adhère pas aux organes sous-jacents d’une manière intime, de sorte qu’on la sépare facilement de ces organes. Lorsque celte membrane s’enflamme, elle s’épaissit, et en outre se sépare encore plus facilement. Cette circonstance permet d’admettre que lorsqu’on veut faire sa ponction dans la thoracocentèse, on peut la refouler vers le poumon, sans l’ouvrir, de sorte que le liquide pleural ne s’écoulera pas, puisque la pointe du trocart n’est pas dans la cavité de l’épanchement. Pour éviter ce contre-temps, il importe de pousser le trocart avec vigueur et promptement, comme lorsqu’on veut percer, par exemple, une membrane tendue. Le coup doit être sec et rapide. La plèvre ne se prête pas à la distension comme le péritoine, et c’est ce qui explique pourquoi les hernies de poumon n’ont pas de sac séreux comme les hernies de l’abdomen.
Le cul- de-sac supérieur de la plèvre remonte quelquefois assez haut au-dessus même de la clavicule. Dans les toux opiniâtres, longues et fortes, chez les hommes qui font des efforts considérables, dans l’emphysème pulmonaire suite de bronchite chronique, le poumon, sans cesse sollicité à la hernie, se développe davantage en haut, où il trouve moins de résistance; delà un cul-de-sac qui remonte plus ou moins haut. La présence de la plèvre à la partie inférieure du cou doit être connue du chirurgien, qui évitera de l’ouvrir dans les opérations qu’il pratiquera dans la région sus-claviculaire. Quelques vaisseaux lymphatiques de la partie supérieure de la plèvre et du poumon se rendent dans les ganglions cervicaux, d’où la possibilité des adénites et des suppurations profondes du cou accompagnant les inflammations de la plèvre et du poumon. Les tubercules peuvent avoir le même retentissement; il en sera de même pour le cancer et pour d’autres tumeurs susceptibles de se développer dans le poumon ou la plèvre.
On sait que le poumon est souple, vasculaire, et qu’en même temps il est toujours en contact avec la face interne des côtes, dont il est séparé seulement par les deux feuillets de la plèvre. Or nous avons déjà vu que les fragments d’une côte fracturée peuvent léser cet organe, de là de l’emphysème et des crachats sanguinolents qui caractérisent cet accident. 0 faut savoir que ces phénomènes morbides peuvent se présenter encore môme lorsque la fracture n’a pas lieu. Cela s’explique par l’élasticité des côtes et des cartilages costaux. Supposons, en effet, qu’un coup violent soit porté sur le côté delà poitrine, les parois thoraciques seront fortement déprimées, et si, dans ces conditions, le poumon ne s’affaisepas promptement comme dans l’expiration, ou bien s’il est en voie de dilatation, il offrira une certaine résistance à cette dépression, et si celle-ci est trop puissante, il en résultera une déchirure du tissu pulmonaire. M. Gosselin a insisté depuis longtemps sur les contusions et déchirures du poumon survenues suivant ce mécanisme.
Comment se fait la guérison des plaies du poumon? Cette question n’a pas été résolue par les auteurs d’une manière identique. Ainsi, les uns ont supposé que le poumon s’affaisait sur lui-même, se rétractait et oblitérait ainsi les vaisseaux et les canaux ouverts. Cette interprétation peut être juste dans quelques cas, lorsqu’il y a, par exemple, un pneumothorax, mais il ne saurait en être ainsi lorsque le poumon ne se rétracte point. Dans ce dernier cas, voici ce qui a lieu : autour du point blessé, il se produit une congestion vasculaire et du gonflement, qui suffisent pour agglutiner les lèvres de la plaie ; bientôt ces lèvres contractent des adhérences et la cicatrisation s’opère /Tune manière définitive. La lymphe plastique qui est fournie par la plèvre contribue puissamment à cette guérison.
Côté gauche (lre couche).
A. Coupe de la peau limitant la région.
B. Coupe du fascia sous-cutané.