Nerf anal (petite branche) allant
au sphincter et à la peau de la marge de l’anus.
APPLICATIONS A LA PATHOLOGIE ET A LA MÉDECINE OPÉRATOIRE
La région lombaire offre une cambrure, ou, si l’on veut, une concavité qui est plus ou moins prononcée suivant les individus et suivant les races, mais qui l’est toujours plus chez la femme que chez l’homme ; chez les femmes de la halle qui portent des paniers sur le ventre, comme chez la femme enceinte, qui est obligée de se renverser pour maintenir son équilibre, la concavité lombaire augmente. Dans quelques maladies, cette concavité peut être modifiée en plus ou en moins. Ainsi, dans la coxalgie, elle s’accentue davantage. Dans les déviations de la colonne vertébrale, s’il se forme une courbure à droite, on trouve, dans la région lombaire, une concavité à gauche ; c’est là ce qu’on appelle une courbure de compensation. Dans le mal de Pott, souvent cette région est affectée, mais alors la déviation se fait dans le sens antéro-postérieur et la convexité est en arrière.
Les plaies de la région qui n’atteignent que le plan superficiel n’offrent, en général, aucune gravité, quelle que soit d’ailleurs la cause qui les a produites. Elles ne donnent guère lieu à des inflammations, et encore moins à des hémorrhagies.
Les plaies contuses sont quelquefois graves quand elles atteigent les masses musculaires ou les os ; ceux-ci cependant sont puissamment protégés par les masses musculaires et par les feuillets aponévrotiques qui les recouvrent. L’aponévrose si forte et si large qui sert à la fois de gaine et de moyen d’insertion aux muscles sacro-lombaire, long dorsal et transversaire épineux, protégera souvent, d’une manière très-efficace, les organes plus profonds.Ainsi, une balle qui arriverait obliquement sur celte membrane fibreuse pourrait très-bien glisser sur elle, être réfléchie et sortir promptement, ou du moins rester dans les tissus sous-cutanés.
Dans les efforts pour soulever un fardeau ou pour se relever quand on est courbé, on voit quelquefois se manifester subitement une douleur très-vive dans la région des lombes, et dont l’apparition est quelquefois accompagnée d'un petit bruit qui rappelle le coup de fouet; on désigne cet accident sous le nom de tour de rein. On a cherché longtemps l’explication de ce phénomène : on a dit, par exemple, qu’il y avait une sorte de hernie des fibres musculaires à travers les fibres aponévrotiques, et que les fibres musculaires pressées à travers une fente, étranglées en quelque sorte, devenaient le siège d’une douleur très-vive. Nous ne croyons pas à la justesse de cette interprétation. Nous pensons plutôt qu’il y a là une déchirure de quelques faisceaux musculaires, et que dès que la contraction veut les faire entrer en action, il y a douleur. On voit aussi survenir, du reste, une douleur semblable dans les affections aiguës du rein et dans le rhumatisme, qui est alors désigné sous le nom de lumbago. Au début de la variole, il y a souvent une douleur très-vive de la région lombaire dès le début.
Dans la région sacrée, la peau est, pour ainsi dire, directement appliquée sur les os et sur les membranes fibreuses qui les unissent, à peine un peu de tissu cellulo-adipeux*sépare les deux ordres d’organes. Quand, par suite d’une maladie ou d’une blessure, un individu est obligé de rester longtemps dans le décubitus dorsal, la résultante de toutes les forces passe par le sacrum, et la peau se trouve dès lors pressée sans cesse entre la surface du lit et le poids du corps. La peau finit par ne plus se nourrir; elle s’amincit, elle rougit, et elle finit par s’enflammer, s’ulcérer et quelquefois par se mortifier, comme cela s’observe dans la fièvre typhoïde ; de là des eschares au sacrum qui compliquent des fièvres graves par elles-mêmes. Il faut chercher à éviter cette complication en faisant changer de position fréquemment et en faisant des lotions astringentes et toniques. Cela est d’autant plus important que ces eschares, en se détachant, laissent quelquefois le sacrum à nu et ouvrent le canal rachidien par où l’inflammation pénètre et se propage aux méninges ou à la moelle épinière elle-même. Cet accident, qui avait été signalé par Blandin, a été vu depuis par plusieurs observateurs; et M. Broca, entre autres, communiquait tout récemment à la Société de chirurgie un exemple propre à démontrer que Blandin ne s'était pas trompé dans ses observations.
Le sacrum est uni à la colonne vertébrale et à l’os iliaque par des ligaments très puissants qui ne permettent que des mouvements très-bornés à cet os. Néanmoins, dans des traumatismes très-violents, on a vu le sacrum avec le coccyx subir un déplacement en bas, à l’instar d’un coin qui disjoindrait les deux os iliaques. Pendant mon internat à l’hôpital de la Charité, en 1850, dans le service de M. Velpeau, j’ai observé un malade qui présentait une luxation du sacrum en bas et en avant. Est-il besoin d’ajouter que cette luxation est très-rare et presque au-dessus des ressources de l'art, et que la mort suivra cette lésion, non-seulement par suite des dérangements qu’elle amène directement, mais encore par les lésions viscérales qui l’accompagneront nécessairement, soit dans le bassin ou le ventre, soit dans les autres cavités viscérales.
La carie du sacrum n’est point rare. Cet os est, en effet, très-vasculaire et très-sujet à des contusions qui l’exposent à cette affection. Certaines fistules anales ont quelquefois leur point de départ dans cette maladie du sacrum.
L’articulation du sacrum avec le coccyx est aussi susceptible de luxation: ainsi, dans les chutes sur les fesses, on voit quelquefois le coccyx se porter en dedans du bassin, et par son extrémité terminale cet os comprime, irrite le rectum ; de là des douleurs excessivement vives auxquelles il faut remédier en réduisant promptement.
J’ai vu une dame qui, à la suite d’une chute, présentait une douleur extrêmement vive, à forme névralgique, qui était certainement sous l’influence de la déviation du coccyx.
Pendant l’accouchement, l’articulation sacro-coccygienne, par sa mobilité, se prêle à l’agrandissement du diamètre antéro-postérieur du détroit inférieur, et facilite ainsi l’issue de la tête fœtale. Lorsque cette articulation est ossifiée, comme cela arrive naturellement chez une femme vers quarante ans, cette extension ne pouvant plus se faire, il se présente des difficultés pour le passage du fœtus, et l’on est quelquefois obligé d’appliquer le forceps pour remédier à cct obstacle.
■légion lonibo-sncrcc.
Plan profond.
Côté gauche (ire couche ).
A. Coupe de la peau limitant la région.
B. Coupe du fascia superficialis.