Terminaison des nerfs sacrés pos
térieurs.
APPLICATIONS A LA PATHOLOGIE ET A LA MÉDECINE OPÉRATOIRE
Les plaies de la région lombaire faites par un instrument pointu peuvent être compliquées de pénétration dans le canal rachidien et blesser les nerfs de la queue-de-cheval, d’où paralysie des membres inférieurs plus ou moins étendue suivant le nombre de filets nerveux atteints; celte pénétration s’explique facilement par l’écartement considérable qui existe entre les lames des vertèbres lombaires. Dans la région sacrée, cette pénétration est plus difficile, parce que le canal ne communique avec tes parties molles que par des trous obliques et assez petits.
Les abcès et les fistules ne sont point rares dans la région lombo-sacrée. On y trouve des abcès phlegmoneux et des abcès ossifluents et symptomatiques. Les premiers peuvent siéger dans tous les interstices celluleux, sous la peau, dans la gaine des muscles de la masse commune, dans celle du carré des lombes ou bien autour des reins. Les abcès ossillucnts peuvent être dus à une altération des lames, des épines ou des corps des vertèbres. Les abcès symptomatiques viennent du rein, du péritoine, de l’ovaire, de la fosse iliaque ; dans la région sacrée les abcès sont souvent dus à une sacro-coxalgie. L’aponévrose du muscle transverse qui s’insère sur les apophyses transverses établit souvent une séparation entre ces abcès. Le pus qui vient, par exemple, de la partie antérieure du corps des vertèbres, des organes intra-abdominaux ou inlra-pelviens, retenu par cette aponévrose, se présente aux orifices antérieurs de l’abdomen ; tandis que celui qui vient des côtes, des lames ou des apophyses épineuses, passant en arrière fait saillie dans la région lombo-sacrée. Mais il faut savoir que les abcès profonds franchissent souvent celte limite, et rien n’est plus fréquent que de voir l’ouverture des abcès de la fosse iliaque dans la région lombaire. Ces dernières années, j’ai eu à traiter trois abcès de la fosse iliaque, dont deux ont été ouverts par moi dans la région lombaire, où ils faisaient une saillie très-prononcée ; dont l’autre s’y était ouvert spontanément. J’ai obtenu la guérison de tous les trois. La pâte de Canquoin introduite dans l’ouverture m’a toujours été très-utile.
Quoique les corps des vertèbres de la région lombaire soient épais et très-larges, il n’est pas rare de voir des fractures de toutes sortes les atteindre. Dans les chutes d'un lieu élevé ou bien dans les mouvements exagérés du tronc en arrière, ces corps se fracturent même plus souvent que ceux des régions dorsale ou cervicale. Cela lient d’abord à ce que les corps vertébraux des lombes sont très-spongieux, et ensuite à ce que les vertèbres lombaires n’ont pas d’articulations latérales qui puisse leur fournir un appui et partager le choc reçu. La position superficielle des apophyses épineuses des lombes explique aussi leurs fractures isolées, de même que les fractures par contre-coup des lames de ces mêmes vertèbres.
Des tumeurs diverses peuvent se montrer dans la région lombo-sacrée; parmi elles nous signalerons plus spécialement le spina-bifida, les inclusions scrotales et les hernies.
Le lieu de prédilection du spina-bifida est certainement cette région; le développement de la colonne vertébrale explique bien cette fréquence. On a remarqué dans ces derniers temps que plusieurs tumeurs congénitales du sacrum renfermaient des débris de fœtus, et n’étaient, par conséquent, que des monstruosités par inclusion. M. Giraldès en a présenté un très-bel exemple à la Société de chirurgie. On a pu, dans quelques cas, faire avec succès l’ablation de ces tumeurs.
J. L. Petit avait désigné sous le nom de hernie lombaire une hernie qui avait paru entre les fausses côtes et la partie postérieure de la crête iliaque. Blandin et J. Cloquet ont pu observer celte hernie. Ces observations nous paraissent s’expliquer par la disposition des plans musculaires qui offrent un peu moins de résistance en arrière, mais ils sont encore assez forts pour ne permettre que très-rarement l’issue des viscères par ce point.
Trois opérations spéciales ont été faites sur la région lombaire, ce sont la néphrotomie, la ligature de l’aorte et l’anus contre nature.
II existe plusieurs observations de calculs qui, arrêtés dans le rein ou le bassinet, y ont pris un développement considérable; de là l’idée de la néphrotomie, opération qui consiste à atteindre la face postérieure du rein par la région lombaire, en passant entre la masse sacro-lombaire et le bord postérieur des muscles obliques. « Cette opération, dit M. Velpeau, ne peut réellement être proposée que dans le petit nombre de cas où le flanc, devenu le siège d’une fluctuation évidente après de nombreux signes d'affections calculcuses dans le rein, permettrait d’arriver facilement et avec certitude dans le foyer morbide ; ou bien encore pour ceux dans lesquels un ulcère fistuleux aurait permis de loucher immédiatement la pierre avec un instrument explorateur; ou bien enfin lorsque le calcul lui-même proémine à l'extérieur et peut être reconnu à'travers les téguments.» Les recherches de M. Bayer sur l’affection calculeuse du rein ont jeté une nouvelle lumière sur celle question, et il est permis d’espérer que désormais on pratiquera cette opération jusqu’ici demeurée à l’état de projet. M. Velpeau l’a faite déjà deux fois, en se contentant d’ouvrir le vaste abcès qui accompagnait les calculs.
C’est dans celte région qu’Astl. Cooper a fait son incision pour porter une ligature sur l’aorte, dans le but de guérir un anévrysme très-élevé de l’artère iliaque externe. M. Fano a tenté de remettre celte opération en honneur dans ces dernières années. La disposition du péritoine permet bien à la rigueur, sur le cadavre, de lier l’aorte sans ouvrir cette membrane séreuse; il suffit, en effet, de faire aux lombes, en dehors du muscle de la masse commune, une incision parallèle et de décoller le péritoine sur les côtés de la colonne vertébrale jusqu’à ce vaisseau, mais cette méthode n’est guère applicable sur l’homme vivant. Pratiquée trois fois sur l’homme, cette ligature a été toujours suivie de mort.
Dans les imperforations anales, rectales ou intestinales inférieures, Callisen a proposé de pénétrer dans l’abdomen au niveau de la région lombaire gauche. De ce côté, en effet, le côlon descendant n’est pas, en général, revêtu du péritoine dans tout son pourtour, de sorte qu’il est possible d’ouvrir l’intestin sans léser cette membrane, dont l’inflammation est si redoutable. Dans cette opération on traverse successivement la peau, le tissu sous-cutané graisseux, le grand dorsal, le grand oblique, le petit oblique et le transverse, l’aponévrose du transverse et le tissu cellulaire sous-intestinal. Au lieu de l’incision verticale de Callisen, Amussat pratiquait une incision transversale à deux travers de doigt au-dessus de la crête iliaque, en commençant au bord externe de la niasse commune et poursuivant en dehors suivant une étendue de 7 à 8 centimètres, et divisait les muscles par une incision eu T, afin de découvrir plus facilement l’intestin. La méthode de Callisen est difficile, les résultats qu’elle a donnés sont peu encourageants ; sur cinq opérations, il n’y a eu que deux succès constatés, et c’est ce qui explique pourquoi, dans les diverses discussions qui ont clé soulevées dans ces dernières années et particulièrement pendant l’année 1862, dans le sein de la Société de chirurgie, aucun membre n’a défendu cettu méthode. Le débat porte désormais uniquement sur la méthode de Littré ou la méthode périnéale.
Y. Bum ciel
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LIBRAIRIE GERMER BAll.IJKRE
Régiou «ntcro-latéralc de l'nbdouien.
Plan superficiel.
Côté droit (lrc couche ).
A. Coupe de la peau limitant la ré-
gion.
B. Coupe du fascia superficialis.