Plexus aortique du grand sympa
thique.
Le rein est situé sur les parties latérales de la colonne lombo-dorsale, en dehors des insertions supérieures du muscle psoas et au-devant du muscle carré des lombes. II est fixé dans cette position par des liens peu puissants ; le rein gauche est un peu plus élevé que le rein droit. Ces deux organes sont susceptibles de se déplacer à cause de la faiblesse de leurs atlaches, et chez les femmes qui font usage du corset, on les voit quelquefois se placer dans la fosse iliaque; cette disposition explique aussi pourquoi on peut le trouver dans les hernies. Il est important de connaître ces déplacements,
parce que la consistance assez grande, ainsi que la forme globuleuse que ces organes possèdent, pourrait les faire prendre pour une tumeur fibreuse ou cancéreuse.
Il y a deux reins, mais le nombre n’est pas invariable, quelquefois il n’y en a qu’un qui est alors placé en travers audevant du rachis. Sur des fœtus, à la Maternité, j’ai constaté fréquemment cette disposition ; dans ce cas, les deux reins se réunissent ordinairement par leur extrémité inférieure constituant une sorte d’arc à concavité supérieure et couché sur la colonne vertébrale. Ils forment ainsi une saillie plus ou moins considérable située au-devant delà colonne vertébrale et de l’aorte qui, à chaque battement, les repousse en avant; si l’on examinait un sujet offrant cette disposition, on pourrait croire à l’existence d’une tumeur anévrysmale et commettre ainsi une erreur.
Les plaies des reins sont très -rares, et cela s’explique par la profondeur de leur situation, cependant on peut concevoir que les instruments vulnérants peuvent l’atteindre par la région lombaire sans que le péritoine soit ouvert, parce que celui-ci ne tapisse que sa face antérieure. Si la blessure n’est que superficielle, les suites n’auront aucune gravité spéciale ; mais si la plaie est profonde, étendue, il en résultera une ouverture assez considérable des canaux qui renferment ou sécrètent l’urine, et ce liquide venant à s’épancher, il y aura des suites fâcheuses inhérentes à l’infiltration urineuse.
Si les causes externes ont peu d’action sur les reins, il n’en est pas de même des causes internes. Celles-ci agissent de diverses manières : tantôt par suite des rapports qu’ils contractent avec les parties voisines, tantôt par suite de sa dépendance de l’appareil génito-urinaire et de ses connexions avec le reste de l’économie par le sang et le système nerveux
Les parties en rapport avec le rein sont : le péritoine, le foie, le pancréas, le duodénum et le côlon. On comprend que dans l’état de maladie, ces parties altérées, transformées, déplacées de mille manières, puissent gêner ce viscère, le comprimer et y produire des désordres plus ou moins graves. Quant à la propagation par contiguïié de tissu de quelquesunes des affections de ces parties au rein lui-même, elle ne se fait que très-rarement, empêchée qu’elle est par le chaton adipeux qui enveloppe et protège ce dernier.
Les maladies de l’appareil génito-urinaire ont une grande influence sur les reins, tantôt elles se propagent jusqu’à eux par continuité de tissu, tantôt elles les atteignent par la rétention d’urine qu’elles amènent. C’est ainsi que diverses maladies de l’urèthre et de la vessie dans les deux sexes, de la prostate, des testicules, des vésicules séminales et de l'urèthre chez l’homme, sont manifestement le point de départ d’accidents du côté des reins. A toutes ces causes, il convient d’ajouter celles qui viennent du côté du système nerveux et de l’altération du sang.
Le rein présente diverses altérations qui ont été fort bien étudiées dans ces dernières années, ce sont la maladie de Bright et la dégénérescence séreuse que l’on a attribuées à la syphilis ; contentons-nous de signaler ces affections qui appartiennent au domaine de la pathologie interne.
Les kystes du rein ne sont pas rares. Très-souvent nous en avons observé sur des cadavres, alors que rien n’avait pu faire croire à leur existence. Ces kystes doivent être divisés en petits et grands. Les petits kytes sont situés à la surface de l’organe et sont très-fréquents ; les grands kystes peuvent acquérir des proportions considérables ; ils paraissent avoir leur point de départ dans un canalicule urinaire et quelquefois dans les calices. Ces tumeurs contiennent un liquide transparent comme de l’eau, c’est alors l’hydronéphrose ; quelquefois elles renferment des graviers ou du pus ; elles sont aussi parfois constituées par des hydatides, et M. Bauehet a rapporté à la Société de biologie un bel exemple dans lequel la tumeur s’est frayé une voie d’élimination par les bronches.
Les calculs rénaux sont très -fréquents et succèdent à la néphrite calculeuse ; les calculs se logent dans les calices ou le bassinet, et augmentant progressivement de volume, ils distendent en même temps ces organes ; ils peuvent acquérir un volume considérable sans déceler leur présence par aucun trouble, et puis tout d’un coup, à la suite d’un déplacement qu’ils subissent, ou bien sous l’influence d’une autre cause inconnue, ils donnent lieu à des douleurs très-violentes dites coliques néphrétiques. Quand ces calculs sont encore petits, ils peuvent être chassés jusque dans la vessie; s’ils sont plus gros, ils ne pourront parcourir l’uretère sans provoquer des douleurs qui se traduiront sur le trajet de la grande et et de la petite branche abdominale du plexus lombaire, et plus bas sur le trajet des branches inguinales externe et interne, de sorte que d’après la branche qui souffre, le chirurgien pourra distinguer le siège du calcul. Quoi qu’il en soit, lorsque le calcul est trop gros, il reste dans le rein ou le bassinet, où il provoque d’abord de l’inflammation, puis des hématuries, puis de la suppuration. C’est dans ces cas extrêmes que la néphrotomie peut recevoir une application utile. Nous avons déjà dit qu’il ne fallait intervenir qu’après que la tumeur purulente faisait saillie à la région lombaire.
La rate est, comme le rein, profondément cachée et à l’abri des violences ; néanmoins elle est plus fréquemment blessée que le rein, cela s’explique par la friabilité de son tissu, et par son volume plus considérable, et par son voisinage avec les côtes qui lui transmettent plus facilement les chocs extérieurs. Les blessures, les déchirures, les contusions de la rate peuvent être suivies d’une hémorrhagie interstitielle ou extérieure, qui sera promptement mortelle. Je connais l’histoire d’une femme qui, ayant fait une chute du haut d’une chaise, avait porté sur une autre chaise au niveau du flanc gauche, elle mourut quelques instants après par suite d’une hémorrhagie de la rate déchirée.
La figure de cette planche nous montre avec la plus grande exactitude les rapports du côlon descendant et de l’S iliaque. Ces rapports avec le rein expliquent pourquoi certains calculs rénaux ont pu se frayer une voie dans le côlon descendant. Dans la région lombaire le côlon descendant contracte avec le péritoine et les parois abdominales des rapports qui nous ont déjà permis de donner les règles pour l’opération de l’anus contre nature, tel que le pratiquaient Callison et Amussat. Les rapports de l’S iliaque dans la fosse iliaque gauche expliquent bien la méthode de Littré, qui doit être préférée évidemment à la méthode précédente.
L’aorte abdominale se présente ici dans le plan le plus profond de la région et par conséquent à l’abri des blessures ; néanmoins les instruments piquants, contondants ou tranchants peuvent l’atteindre, de même que les gros troncs veineux qui sont à côté d’elle, tels que la veine cave inférieure, la veine porte ou les veines rénales. Les blessures de ces vaisseaux sont promptement mortelles à cause de l’hémorrhagie foudroyante qui en est la conséquence immédiate. Si la blessure occupait une des artères iliaques primitives ou les iliaques internes ou externes si l’on était appelé à temps, il faudrait immédiatement procéder à la ligature du vaisseau ouvert et appliquer un lien au dessus et au-dessous de la blessure. C’est dans ces circonstances de blessure des troncs artériels que la compression de l’aorte abdominale au-dessus du point lésé sera tentée avec succès en attendant la ligature. Celte compression de l’aorte abdominale est aussi très-utile dans les hémorrhagies utérines, et comme ces hémorrhagies se produisent surtout après l’accouchement, il en résulte que la flaccidité des parois abdominales favorise beaucoup l’application de ce moyen. On sent alors, comme sous le doigt, l’aorte que l’on comprime sur le devant de la colonne vertébrale. Une précaution doit être prise, c’est de ne pas comprimer en même temps la veine cave inférieure qui est à sa droite, parce qu’alors on empêcherait le retour du sang au cœur, ce qui aurait un double inconvénient, de prolonger la syncope si elle existait, et de faire séjourner le sang dans les sinus utérins qui le laissent échapper. L’aorte abdominale est sujette aux anévrysmes qui pourront comprimer la voine cave et donner lieu à l’infiltration des membres inférieurs. La ligature de l’aorte a été proposée pour ccs affections et pour les plaies de l’organe , mais nous avons déjà dit combien cette opération était dangereuse et incertaine dans ses résultats.
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Région «le la fosse iliaque interne.
A. Coupe de la peau.
B. Coupe du fascia sous cutané.
B'. Coupe du tissu cellulo-graisseux de la région lombaire.