Ganglion lymphatique moyen recevant les vaisseaux
lymphatiques de la paroi abdominale.
H. Ganglion lymphatique très-allongé recevant les vaisseaux lymphatiques externes.
15. Ganglion lymphatique interne et profond recevant les vaisseaux lymphatiques de la partie interne de la cuisse et du scrotum, et fournissant des vaisseaux émergents qui vont dans l’abdomen en passant sous l’arcade fémorale.
APPLICATIONS A LA PATHOLOGIE ET A LA MÉDECINE OPÉRATOIRE
Les lésions du plan superficiel de la région inguino-crurale sont assez fréquentes et variées, non-seulement par leur gravité, mais encore par le siège qu’elles occupent. Il suffit de jeter un coup d’œil sur celte planche pour voir que leur siège peut être dans la peau, dans les deux feuillets du fascia superficialis, ou bien encore dans les vaisseaux ou ganglions
de la région.
La peau de la région est très-mince et peu adhérente; elle n’est pas pourvue de poils en dehors, mais seulement de duvet; elle renferme des glandes sébacées susceptibles de s’Iiypertrophier et atteignant souvent le volume d’un pois. J’ai constaté que certaines femmes, par le fait de la grossesse, ont une hypertrophie de ces glandes. Les frottements incessants de la région exposent ces glandes à l’inllammation, et M. Huguier, qui a décrit cette inflammation, a vu des cas où ces tumeurs ont été prises pour des excroissances syphilitiques. La peau, étant peu adhérente, est facilement soulevée, et c’est pour ce motif que dans la herniotomie il est bon de la soulever en forme de pli que l’on incise sans crainte de blesser les organes sous jacents. Sa minceur explique pourquoi elle s’altère facilement, s’irrite et s’enflamme à sa surface comme une véritable membrane muqueuse, ainsi que cela se voit chez les enfants qui sont très-gras.
Comme dans toutes les régions qui jouissent d’une grande mobilité, le tissu sous-cutané renferme peu de graisse, d’où la rareté ries lipomes; mais, d’un autre côté, le tissu cellulaire y est lâche et susceptible de s’enflammer, d’où des phlegmons inguinaux, soit primitivement, soit secondairement développés. Dans la herniotomie, cette couche est ordinairement incisée en même temps que la peau, de sorte qu’on arrive directement sur le fascia. Ce fascia superficialis est ordinairement plus fibreux chez les sujets maigres ou chez les vieillards; aussi quand on opère chez ces derniers, le sac herniaire est très-mince et très-résistant. Cela explique parfaitement pourquoi on découvre alors promptement le sac et pourquoi la tumeur herniaire n’offre pas un volume très-considérable dans la région crurale.
La région présente l’artère et la veine légumenteuse abdominale ainsi que des branches superficielles des artères et des veines honteuses externes. Il importe de savoir que ces vaisseaux rampent d’abord au-dessous du fascia superficialis, et plus loin de leur origine, entre les deux couches de ce fascia. Quand on pratique l’opération de la hernie crurale, on trouve ces vaisseaux au-devant de la tumeur herniaire. Avant d’arriver sur le sac, il faut les couper et les lier. Chez les sujets gras, ils peuvent servir d’excellents points de repère. Dans un cas de hernie crurale que j’ai opéré tout récemment avec
mon confrère M. Aubrun, les vaisseaux légumenteux étaient situés au milieu de la tumeur qu’ils bridaient et partageaient en deux lobes ; quant aux vaisseaux honteux, ils étaient en dedans de la tumeur et subdivisaient le lobe interne en deux lobes plus petits.
Les veines de cette région sont quelquefois le siège de varices, et leur dilatation donne alors, à la paroi abdominale, un aspect étrange qui lui a valu le nom de tête de Méduse. Du reste, les varices se produisent d’autant plus facilement que le courant de la tégumenteuse est presque complètement en opposition avec celui de la veine saphène, qui, par son volume et sa forme, l’emporte sur celui-là.
Les ganglions lymphatiques forment ici trois groupes. Leur nombre n’est pas bien déterminé; du reste, ce nombre est susceptible de varier suivant l’âge, les états pathologiques et même les sexes. Il resterait à établir les conditions qui font varier et ce nombre et leur volume. Je puis affirmer, pour l’avoir constaté souvent, que ces ganglions augmentent de nombre et de volume pendant la grossesse; j'ai môme posé déjà quelques lois qui pourront servir au diagnostic de la grossesse et aux caractères qui permettront de distinguer les ganglions de la grossesse des ganglions malades.
Les vaisseaux lymphatiques qui arrivent à ces ganglions viennent : 1° du membre inférieur ; 2° des régions fessières et lombaires ; 3° de la paroi abdominale antérieure ; 4° du scrotum, de la verge, du périnée, en contournant la cuisse ; 5° des parties profondes de la cuisse. Il résulte de là, que toutes les inflammations qui occupent ces diverses régions peuvent avoir leur retentissement dans le pli de l’aine; cela est tellement constant, que l’on peut, d’après le ganglion affecté, diagnostiquer quel est le point d’où est venu le mal. Ainsi, dans les inflammations du membre inférieur, ce sera le ganglion qui est le plus inférieur qui sera affecté; dans les maladies des organes génitaux, le groupe interne sera malade; les maladies de l’abdomen, de la fesse et de la région lombaire et quelquefois de la région anale atteindront les ganglions supérieurs et externes.
Les nerfs n’offrent aucune importance chirurgicale.
D’après toutes ces considérations, il ressort cet enseignement, que les blessures et les inflammations qui occupent le premier plan n’ont, en général, aucune gravité ; les vaisseaux ne sont pas, en effet, assez gros pour donner lieu à une hémorrhagie. Néanmoins, quand on fait l’opération de la hernie crurale pour éviter que le sang ne vienne gêner la marche du bistouri, il convient de porter une ligature sur le bout qui fournit du sang et qui est ici inférieur.
Les abcès qui occupent ce plan superficiel peuvent siéger : 1° sous la peau ; 2° entre les couches du fascia superficialis ; 3° sous le fascia superficialis, et 4° enfin, dans la gaine des ganglions lymphatiques. Ces derniers sont presque toujours le résultat d’une adénite suppurée. En les ouvrant, on risque beaucoup de couper les branches superficielles de l’artèie et de la veine légumenteuses abdominales.
On pratique sur cette région plusieurs opérations importantes telles que : le taxis, la herniotomie et la ligature de l’artère fémorale ; nous aurons à revenir sur les deux opérations ; nous dirons seulement ici que les bandages qui sont destinés à maintenir les hernies doivent avoir des pelotes à surfaces douces, afin que la peau qui est si fine et si mince, ne soit pas altérée par un contact trop rugueux. Parlons actuellement de la ligature de l’artère fémorale dans le tiers supérieur de la cuisse, ou, si l’on veut, dans le triangle inguinal. L’artère fémorale est ici comprise dans un triangle qui a sa base à l’arcade crurale, et son sommet, 10 centimètres plus bas, à la rencontre du muscle couturier et du premier adducteur. Dans toute cette étendue, elle n’est recouverte que par le fascia cribriformis et l’entonnoir fémorali-vasculaire et plus superficiellement par la peau et le fascia superficialis ; aussi sur le vivant on peut la sentir facilement par ses battements. Si cette ressource manquait, on pourrait avoir sa direction en tirant une ligne du milieu de l’arcade fémorale au sommet du triangle; elle se trouve à 7 ou 8 millimètres en dedans de cette ligne. On fait, dans cette direction, une incision de 7 à 8 centimètres, en prenant garde d’incliner trop en dedans, de peur de blesser la veine saphène. Si l’on rencontre des ganglions volumineux, on les enlève; l’aponévrose étant mise à nu, on l’ouvre sur la sonde cannelée et l’on découvre l’artère.
B J.3ÉRAUD AN AT CttlRURG
LIBRAIRIE GERMER BAILLIÈRE
Région lnguino-crurale.
Plan moyen.
EXPLICATION
A. Coupe de la peau limitant la région.
B. Coupe du premier feuillet du fascia superlicialis.