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Second nerf superficiel du périnée venant du petit nerf

sciatique.

APPLICATIONS A LA PATHOLOGIE ET A LA MÉDECINE OPÉRATOIRE

Au point de vue de la pathologie, le premier plan du périnée de l’homme donne lieu à quelques considérations importantes. La peau qui se continue avec celle des parties voisines offre, sur la ligne médiane, une sorte de raphé que les maladies ne respectent pas toujours ; elle est en outre pourvue de poils et de follicules dont la sécrétion humecte la région et lui donne en quelque sorte un aspect luisant. Quelquefois ces follicules s’enflamment et donnent lieu à des furoncles qui sont très-douloureux, qui sont, du reste, assez fréquents, à cause des frottements auxquels cette région est exposée pendant la marche. Le tissu cellulaire sous-cutané est assez abondant et se continue comme la peau dans les régions voisines ; il est néanmoins un peu plus serré que dans ces régions. Comme partout, il est susceptible de s’enflammer, de s indurer, ou bien de s’infiltrer de pus. de sang, d’urine, ou bien de matières stercorales et de toute autre matière liquide, solide ou gazeuse. Les abcès superficiels du périnée ne présentent rien de spécial quand ils sont nés dans ce tissu cellulaire; ils se traitent là comme dans toutes les régions; ils se manifestent surtout à la suite des inflammations des glandes et des follicules pileux qui transmettent leur inflammation à ce même tissu qui les environne. Des abcès symptomatiques se montrent quelquefois dans le périnée, mais ils sont dus alors à une altération des os, ou des conduits urinaires, ou bien encore à celle des voies digestives. L’induration de ce tissu cellulaire se voit souvent lorsqu’une inflammation ancienne ou des fistules urinaires ou stercorales se sont établies dans la région. Cette induration, qui est d abord un effet, devient ensuite une cause de la maladie, qu’elle entretient en empêchant les tissus de s’affronter et de se reunir. A la suite des contusions on voit se manifester au périnée des ecchymoses et des bosses sanguines. Ces épanchements sanguins siègent ordinairement dans le tissu cellulaire sous-cutané ; mais il n’est point rare de les voir plus profondément situés, soit entre les deux feuillets du fascia superficialis, soit entre le fascia profond et l’aponévrose superficielle. Quand ils sont sous-cutanés, ils restent souvent confinés, soit à droite, soit à gauche, ne peuvent franchir le raphé périnéal à cause de l’adhérence de la peau avec le tissu cellulaire à ce niveau. Quand, au contraire, ils siègent plus profondément, soit entre les deux feuillets du fascia, soit immédiatement au devant de l’aponévrose superficielle, ils font souvent saillie sur la ligne médiane, passent d’un côté à l’autre avec d’autant plus de facilité qu’il n’existe aucune cloison entre ce coté et le côté gauche de la région. Ce que nous disons pour les épanchements sanguins s’applique également aux collections de pus, de sérosité, d’urine ou de gaz.

Des ulcérations de toule nature s’observent au périnée ; celles qui s’y voient le plus souvent sont de nature syphilitique. Les chancres mous, ou indurés, les plaques muqueuses, les syphilides pustulo-crustacées ou serpigineuses, y sont fréquentes a cause du voisinage des organes génitaux ; ces diverses affections se comportent ici comme partout, à l’exception pourtant des chancres indurés, qui y deviennent très-saillants, probablement à cause des fibres musculaires nombreuses et de l’épaisseur considérable de la peau.

Les affections organiques, telles que le cancer, s’y développent secondairement, débutant plutôt par le scrotum ou par 1 anus. Des tumeurs diverses siègent au périnée : signalons les tannes, les plaques muqueuses, les chancres indurés,

1 élephantiasis, les kystes et les diverses collections liquides ou gazeuses dont nous avons parlé.

Au point de vue de la médecine opératoire, ce premier plan nous présente un intérêt non moins grand. Comme la peau est recouverte de poils, il devient nécessaire de raser ces poils toutes les fois qu’on pratique une opération sur la région. A cette manière de faire nous reconnaissons plusieurs avantages: l’instrument tranchant ne rencontrera pas leur résistance, la forme de la région sera mieux appréciée, les points de repère et le raphé seront mieux reconnus, et enfin les poils ne viendront point s’interposer entre les lèvres de la plaie et s’opposer à leur réunion. Remarquons que la peau présente, dans toute son élendue, sur la ligne médiane, une sorte de crête constituant ce qu’on appelle le raphe périnéal. Cette crête sert de guide dans diverses opérations de taille : ainsi, dans la taille médiane, l’incision porte sur elle ; dans la taille latéralisée l’incision lui devient parallèle, tandis que dans la taille latérale, telle qu’on la pratique le plus souvent,

1 incision part de ce raphé à 3 centimètres au-devant de la marge de l’anus pour se porter obliquement en dehors et en arriéré vers la tubérosité sciatique; quelquefois enfin l’incision devient transversale, c’est-à dire perpendiculaire à ce meme raphé, t/e sorte que l’incision a été faite à peu près dans tous les sens. Toutes ces incisions n’offrent, du reste, aucun danger dans le plan qui nous occupe, parce que dans les couches qui séparent la peau de l’aponévrose superficielle, il n existe pas de vaisseaux assez volumineux pour donner naissance à une hémorrhagie, ou d’organes assez importants dont

la blessure compromette la vie. Mais nous pensons que plus profondément il n'en est point ainsi, et que sous ce rapport il y aura à signaler les dangers qui peuvent caractériser chacune de ces incisions.

Eu égard à cés incisions et aux plaies qui intéressent seulement les couches superficielles, nous devons faire remarquer qu’elles sont peu dangereuses. Ainsi que nous l’avons dit, cela tient à ce que l’instrument vulnéraut ne rencontre là aucun vaisseau volumineux ni aucun organe important. Les vaisseaux superficiels sont trop petits pour donner lieu à une hémorrhagie. Néanmoins, comme les nerfs y sont nombreux, on conçoit que la douleur sera vive toutes les fois que les couches superficielles seront intéressées. La peau est la couche la plus superficielle, d’une plasticité et d’une rétractilité très-grande; les tissus sous-jacents possèdent ces propriétés à moindre degré; aussi les plaies du périnée prennent facilement la forme conique à sommet profond et à base du côté de la peau. Celte disposition est éminemment propre à la cicatrisation. Il faut savoir aussi que la peau étant très-élastique et mobile sur les couches sous-jacentes, surtout aux limites antérieure et postérieure de la région, elle se laisse quelquefois déprimer, de sorte que l’incision présente à ces mêmes limites une sorte de cul-de-sac constituée entre les parties sous-jacentes et sa face profonde. On doit éviter avec le plus grand soin ces sortes de culs-de-sac ; la peau, en un mot, doit être incisée dans la même étendue que les tissus sous-jacents, si l’on lient à ne pas avoir des liquides qui séjournent dans ces sortes de nids de pigeon, qui sont si souvent le point de départ des infiltrations les plus redoutables, surtout lorsqu’on a pratiqué la taille.

Au reste, comme la région périnéale ne se développe que lorsque les cuisses sont écartées, ce n’est que dans ces conditions que les plaies restent béantes; il suffit de rapprocher les cuisses pour réduire la légion en une sorte de gouttière, de sorte que les lèvres de la plaie s’affrontent. On pourra tirer parti de cette disposition, et quand il s’agira d’une plaie superficielle, par exemple, on rapprochera les cuisses: ce seul rapprochement dispensera de la suture sèche ou sanglante; si, au contraire, il s’agit d’une plaie profonde, telle que celle, par exemple, qui est faite pour les diverses espèces de taille ou pour l’évacuation d’un liquide épanché, il sera contre-indiqué de faire ce rapprochement des cuisses, car dans ces conditions on s’opposerait évidemment à l’issue d’un liquide qu’on se propose de faire sortir. Néanmoins, comme il serait quelquefois très-pénible, insupportable même au malade de garder cette position, on obtient le même résultat en plaçant une mèche évaçuatrice dans la plaie , tout en conservant un certain écartement des cuisses.

B. J. BÉRAUD- -AN AT CfflRURG

LIBRAIRIE GERMER BAILLIERE .

Lebrun sc.

Région périnéale cbcz l'homme -

Deuxième plan.

CÔTÉ DROIT

A. Coupe de la peau limitant la ré-

gion.

B. Coupe du premier feuillet du fas-

cia superficialis.

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