Coupe du nerf superficiel du péri
née fournissant des filets r u muscle bulbo-caverneux et au bulbe de l’urèthre.
APPLICATIONS A LA PATHOLOGIE ET A LA MÉDECINE OPÉRATOIRE
Au point de vue de la pathologie, cette planche nous fournit quelques renseignements utiles. C’est ainsi que les rapports de l’urèthre avec la symphyse pubienne expliquent parfaitement comment dans les chutes sur la région périnéale l’urèthre peut être déchiré, et donner lieu, soit à une hémorrhagie uréthrale, soit à une infiltration d’urine. Or, par l’inspection seule de cette figure, on voit que la déchirure aura lieu au-devant du bulbe, et que dès lors l’urine, s’infiltrant entre l’aponévrose superficielle et l’aponévrose moyenne du périnée dans la gaine même du muscle bulbo-caverneux, s’avancera sur le corps caverneux de la verge, sous la peau de laquelle elle viendra se montrer en dépouillant d’arrière en avant les corps caverneux de la verge et de l’urèthre. J’ai observé un cas semblable, il y a quelques années, dans un service que je faisais à l’hôpital Saint-Antoine, et j’ai été assez heureux pour voir la peau se réunir aux corps caverneux. La grande vascularité des corps caverneux de la verge et de l’urèthre, celle du bulbe, les artères et les veines qui s’y rendent, ou qui en partent, expliquent suffisamment pourquoi les contusions et les plaies de la verge sont suivies d’épanchements sanguins quelquefois considérables, ou d’hémorrhagie, soit par la plaie, soit par l’urèthre, quand la blessure atteint le corps spongieux de l’urèthre. Les infiltrations sanguines, comme les infiltrations urinaires ou purulentes, seront soumises à des lois identiques avec celles que nous avons déjà exposées, c’est-à-dire qu’elles seront limitées par les plans aponévrotiques, et il suffit de jeter un coup d’œil sur ces plans pour en tirer facilement des déductions tellement simples, qu’il n’est pas utile de les reproduire ici.
Quant à la médecine opératoire, nous avons à exposer ce qui a trait à la boutonnière et à la taille, et à l’amputation de la verge.
Très-souvent pour un calcul volumineux engagé dans l’urèthre, ou bien pour un rétrécissement infianchissable ou indilatable, on est obligé d’ouvrir l’urèthre par une incision périnéale. Cette incision porte le nom de boutonnière. Si l’on voulait arriver sur l’urèthre directement , on ne le pourrait qu’après avoir surmonté beaucoup de difficultés, parce que cet organe, mou, souple, s’affaissant sur lui-même, se cache pour ainsi dire aux investigations. Mais le chirurgien tourne cette difficulté en plaçant préalablement dans le canal un cathéter cannelé qui, par sa présence, indique nettement la situation et la direction du canal, tout en guidant le bistouri au moyen de la cannelure, Lorsqu’il y a un calcul
volumineux engagé dans l’urèthre, ce calcul décèle sa présence par une tuméfaction assez prononcée dans la région périnéale, et peut servir de guide au bistouri avec autant de précision que le cathéter. J’ai ainsi procédé dans une extraction que j'ai faite d’un calcul volumineux retenu dans la portion spongieuse de l’urèthre, en avant du bulbe. J’ai pu extraire le calcul par la région périnéale, et remédier à tous les accidents d’infiltration urineuse auxquels il avait donné lieu.
On voit sur cette planche la situation précise du bulbe de l’urèthre, au-devant de l’aponévrose périnéale moyenne. Or c’est là l’organe qu’il faut avant tout éviter dans les opérations de taille; sa blessure est, en effet, doublement dangereuse, et par l'hémorrhagie et par la phlébite. Dans la taille médiane, on le blesse fatalement ; donc cette taille est mauvaise à cet égard, et c’est en vain que l’on invoquerait en sa faveur cette considération que l’incision porte seulement sur la ligne médiane du bulbe et du corps spongieux, point où la vascularité est moins grande. Dans la taille latérale il y a encore beaucoup de dangers de couper cet organe, ou du moins les vaisseaux volumineux qui lui arrivent latéralement ; il faut donc rejeter cette méthode, à cause de ce grave inconvénient. I,a taille latéralisée oblique, unilatérale ou bilatérale, place le chirurgien dans de bonnes conditions pour éviter la lésion du bulbe ; mais il est des circonstances qui doivent faire redouter cette complication. C’est ainsi, par exemple, que chez les vieillards, ou même chez les personnes qui souffrent depuis quelque temps des voies génito-urinaires, le bulbe devient turgescent, plus volumineux, se rapproche beaucoup du rectum, de sorte que la distance de 3 centimètres qui existe normalement entre l’anus et le bulbe diminue au point d’être réduite à 2 centimètres, et même à moins que cela. Il est évident que si l’on ne se préoccupe pas de ce changement, le bulbe sera blessé. La taille latéralisée offre donc encore un inconvénient assez grave. La taille périnéale est ici, comme dans les autres couches, celle qui met le mieux à l’abri de cette complication. En effet, en incisant transversalement la région à 1 centimètre au-devant de l’anus, et en suivant la paroi antérieure du rectum que l’on soulève avec un doigt introduit dans le canal, et que l’on reconnaît, du reste, à la direction de ses fibres circulaires inférieures, on s’écarte le plus possible du bulbe, et l’on évite aussi sûremeirt que possible la lésion de cet organe.
Quant à l’amputation de la verge, on voit, par la région, qu’elle sera d’autant plus grave qu’elle se fera plus près de l’aponévrose périnéale moyenne, et cette gravité sera causée non-seulement par la possibilité plus grande de l’infiltration urineuse, mais encore par la facilité de l’hémorrhagie.
B J BERAUD ANAT CHIRÜRG. PLANCHE LXHI.
F Dion âel Ji/rr*
UBRAlRIE GERMER. BAILLIÈRE
Région périnéale chez l' homme.
Quatrième plan.
CÔTÉ DROIT
A. Coupe de la peau limitant la ré-
gion.
B. Coupe du premier feuillet du fascia
superlicialis se continuant avec le fascia de la cuisse.