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Coupe du nerf superficiel du périnée

10. Rameau fourni à l’anus par le nerf superficiel du périnée.

APPLICATIONS A LA PATHOLOGIE ET A LA MÉDECINE OPÉRATOIRE

On voit sur cette figure tous les organes profonds de l’étage moyen du périnée de l’homme ; on constate en meme temps que l’aponcvrose moyenne du périnée forme le fond ou le plancher supérieur de cet étage; cette aponévrose établit une séparation entre les organes inlrapelviens et les organes qui sont au dehors du bassin. Par son épaisseur et par son étendue, cette aponévrose établit aussi une démarcation entre les affections intrapelviennes et celles qui sont plus superficielles. On peut constater que cette membrane fibreuse est perforée vers sa partie moyenne pour laisser passer l’urèthre ; en arrière de cette ouverture, se trouve le bulbe de l’urèlhre, qui est intimement uni à l’aponévrose moyenne, au-devant de laquelle il est appliqué et maintenu au moyen de fibres aponévrotiques et musculaires qui viennent comme autant de rayons do la branche ischio-pubienne, et qu’on peut désigner sous le nom de faisceaux musculaires ischio bulbaires. D’autres fibres, venues du sphincter de l’anus, se rendent au bulbe, et doivent être désignées sous le nom de fibres anobulbaires. On distingue très-bien sur les deux côtés de la région les loges des muscles ischio-caverneux, bulbo-caverneux et transverses du périnée.

Nous appelons surtout l’attention du chirurgien sur les vaisseaux qui occupent ce plan moyen de la région. On voit d’abord les vaisseaux superficiels du périnée naître en arrière de l’artère honteuse interne, et être protégés à leur origine par le muscle transverse du périnée. Celte situation les met donc à l’abri d’une blessure dans leur point d’émergence. Dans la taille latéralisée, on ne peut pas les atteindre à ce point d’émergence; il en est de même dans la taille latérale, et à plus forte raison dans la taille prérectale,

L'n peu plus haut et vers la partie moyenne de la région, on voit arriver dans l’étage moyen une artère volumineuse passant entre deux faisceaux musculaires ischio-bulbaires. Cette artère fournit à la fois au bulbe de l’urèthre et au corps caverneux de la verge. Son volume est assez considérable à son origine pour que sa blessure soit suivie d’une perte de sang assez abondante. Mais heureusement elle échappe à toute plaie par sa situation profonde et par la protection efficace qu’elle reçoit à la fois des muscles, des aponévroses et des corps caverneux qui sont au-devant d’elle. Son tronc ne peut être blessé dans aucune sorte de taille périnéale. Cependant son rameau qui va au bulbe est susceptible d’être coupé dans la taille latérale, et ici son volume est assez grand pour que l’hémorrhagie ne fût point sans danger. Aussi trouvons-nous encore dans cette considération un motif de plus pour rejeter complètement la taille latérale.

11 faut remarquer que la veine qui vient des corps caverneux ne suit point exactement l’artère que nous venons d’examiner et ne passe point comme elle dans une arcade fibreuse, entre des vaisseaux musculaires; elle semble, en effet, redouter toute compression, et c’est sans doute dans ce but qu’elle pénètre dans le bassin, au-dessus du faisceau ischiobulbaire supérieur.

Quant à l’artère honteuse interne, elle n’appartient pas encore à ce plan moyen du périnée, elle se trouve située audessous de la branche ischio-pubienne, et elle est cachée par l’aponévrose moyenne, de sorte que sa blessure est trèsrare. On a dit qu’on pouvait la couper pendant l’opération de la taille; je pense que cela est à peu près impossible dans quelque sorte de taille que ce soit. 11 n’y aurait certes que la taille latéralisée qui pourrait présenter cet inconvénient, mais le lilhotome caché ne peut l’atteindre, et, le voulût-on, qu’on ne saurait le faire. Il faut donc expliquer les hémorrhagies que l’on a observées après la taille, non pas par la blessure de l’artère honteuse interne, mais plutôt par celle d’une de ses branches, et principalement par celle du bulbe et par celle de l’artère superficielle du périnée atteinte près de son origine.

On comprend dès lors que la ligature de l’artère honteuse interne ne sera pas indiquée aussi souvent qu’on a voulu le dire. Au reste, si cette opération devenait nécessaire, on trouvera toutes les indications pour l’effectuer dans l’examen des quatre figures que nous venons de consacrer à la région périnéale de l’homme. On fera une incision parallèle à la branche ischio-pubienne dans l’étendue de 7 à 8 centimètres. On traversera successivement la peau, le tissu sous-cutané, les deux fascies, et l’on arrivera sur l’aponévrose moyenne. Là on rencontrera le muscle ischio-caverneux, que l’on détachera de ses insertions sur la branche ischio-pubienne; on l’écartera un peu des os, et l’on arrivera sur l’aponévrose moyenne, au-devant de laquelle on reconnaîtra l’artère bulbo-caverneuse. On introduira une sonde cannelée par l’orifice de sortie du vaisseau, et l’on incisera du haut en bas cette aponévrose, au-dessous de laquelle on trouvera l’artère, en se rapprochant de la tubérosité de l’ischion. Pour amener au dehors ce vaisseau, on emploiera un crochet mousse avec beaucoup d’avantage. Si l’on ne pouvait se rendre maître de l’hémorrhagie par cette opération, il resterait une ressource précieuse, ce serait le tamponnement, si toutefois on ne l’avait employé préalablement.

B. J. BERAUD ANAT. CH1RURG

Dion de]

/mp. /’ ( ft.

Debray ;

Région anale.

EXPLICATION

CÔTÉ DROIT

A. Coupe de la peau limitant la région.

B. Fascia superficialis et tissu cellulo-graisseux sous-cu-

tané.

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