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Rameau superficiel ou cutané du nerf musrulo-cutané

APPLICATIONS A LA PATHOLOGIE ET A LA MÉDECINE OPÉRATOIRE

La face externe de la région du bras est moins féconde en applications à la pathologie et à la médecine opératoire que la face interne de la même région. Les lésions de cette région y sont néanmoins fréquentes parce que dans les chutes, ou bien dans les violences reçues, c’est sur ce point plus exposé que les autres que l’action vulnérante porte ses effets. Si la plaie est superficielle, il n’y aura rien de spécial ; mais il n’en sera plus de même si la plaie est profonde et siège vers le tiers inférieur et moyen de la région, parce que là l’artère collatérale externe elle nerf radial peuvent être blessés. Les plaies de l’artère collatérale externe sont peu dangereuses, parce que l’artère, on le voit, est très-petite, et surtout parce que l’écoulement sanguin peut être facilement arrêté au moyen de la compression du vaisseau sur l’humérus.

Les lésions vitales n’offrent ici rien de particulier, de sorte que nous n’avons rien à en dire. Nous ferons seulement une simple remarque, c’est que le nerf radial, par son passage dans la gouttière à laquelle il donne son nom, par son voisinage autour de l’os qu’il contourne, par sa situation peu éloignée de la peau, et enfin, il faut le dire, par une sorte de prédisposition spéciale, est souvent affecté dans les maladies locales et dans quelques maladies générales ; de là une paralysie plus ou moins complète à la suite de violences extérieures ou d’intoxication saturnine, par exemple. Ce fâcheux privilège est pour ainsi dire racheté par la facilité que l’on a de pouvoir électriser ce nerf à sa sortie de la gouttière radiale.

Les affections organiques de la région ont presque toujours leur point de départ dans l’humérus qui peut être affecté de carie, de nécrose, de cancer, de kystes. Les kystes de l’humérus ne sont point rares ; Dupuytren avait appelé son attention sur eux. J’ai moi-même, pendant mon prosectorat à Clamart, trouvé un humérus qui renfermait un kyste séreux du volume d’un œuf de poule. Il avait tellement aminci les parois de l’os que le moindre effort fut suffisant pour produire une fracture.

La région humérale comprend dans ses limites la totalité de la diaphyse de l’humérus. Or cette diaphyse est susceptible de se fracturer dans tous les points de son étendue. Ces fractures peuvent être transversales, obliques, simples ou compliquées, avoir lieu par contre-coup lorsque les causes agissent sur les deux extrémités de l’os, ou bien, comme cela se voit ordinairement, être directes, c’est-à-dire dépendre de violences qui ont porté immédiatement sur le lieu affecté. La contraction musculaire peut à elle seule fracturer l’humérus. J’ai moi-même traité un jeune étudiant qui, s’amusant avec un de ses camarades à se détendre l’avant-bras sur une table, résista tellement que l’humérus se fractura sous l’influence de la force développée par son adversaire.

L’examen des muscles de la région est bien propre à donner la cause du déplacement des fragments de l’humérus. Ainsi quand ces fractures seront transversales et situées vers la partie moyenne du corps, au-dessous de l’insertion deltoïdienne, il n’y aura que peu de déplacement, vu que les muscles brachial antérieur et triceps, ainsi que les aponévroses inlermusculaires interne et externe maintiennent les fragments en rapport.

Lorsque ces fractures siègent au-dessus du V deltoïdien, le fragment inférieur tiré en haut et en dehors par le deltoïde vient chevaucher au côté externe du fragment supérieur qui est tiré en bas et en dedans par les muscles grand dorsal et grand pectoral. Si elles ont lieu vers la partie inférieure de l’os, les fragments n’éprouvent qu’un léger déplacement à cause des muscles triceps et brachial antérieur qui maintiennent les fragments dans un contact parfait.

Quand la fracture est oblique, et, il faut le dire, c’est le cas le plus fréquent, le déplacement sera un peu plus prononcé. Dans ce cas, le fragment inférieur est toujours porté en haut par l’action des muscles, et suivant leur puissance le chevauchement est plus ou'moins prononcé.

Il est peu d’os qui soit plus sujet au défaut de consolidation que l’humérus. La cause de ce fâcheux privilège tient sans doute à ce que cet os est très-mobile et possède en même temps un périoste peu épais.

FIGURE 2. — Coupe (lu liras vers la partie moyenne.

EXPLICATION

A. Coupe de la peau.

B. Coupe du fascia superficialiset du tissu cellulo-graisseux

sous-cutané.

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