Nerf cubital
APPLICATIONS A LA PATHOLOGIE ET A LA MÉDECINE OPÉRATOIRE
Les saillies osseuses qui se montrent de chaque côté de l’articulation du coude expliquent bien la fréquence des fractures qui atteignent l’extrémité inférieure de l’humérus. Ces fractures sont tantôt superficielles, tantôt profondes. Dans le premier cas, elles n’ont pas de gravité et consistent pour ainsi dire eu une sorte de décollement de l’épiphyse (condyle ou trochlée), ou bien en une sorte d’arrachement des surfaces osseuses sur lesquelles s’insèrent des masses musculaires considérables. Dans ce cas le déplacement est peu considérable parce que les muscles et les aponévroses maintiennent les surfaces fracturées en un contact presque immédiat. Mais il est des exceptions dans lesquelles il y a eu un déplacement considérable. Nous avons nous-mème observé un cas de fracture de l’épitrochlée suivie d’un déplacement tel, que le fragment est venu perforer la peau du pli du coude vers sa partie moyenne. Chose étonnante, après avoir parcouru le long trajet dans lequel il avait déchiré la veine médiane basilique, le fragment s’était rapproché de la portion interne du coude. On pourrait objecter que c’est la peau qui, s’étant déplacée, était venue se déchirer sur cette éminence osseuse. Je ne le crois pas, parce que la partie interne du coude ayant porté pendant la chute, on ne comprendrait pas comment la peau du pli du coude aurait pu venir par glissement recouvrir l’épitrochlée de l’humérus. Quand la fracture est plus profonde, elle ouvre nécessairement l’articulation du coude et de là résulte une gravité très-grande, eu égard surtout au retour des mouvements de l’articulation du coude. Dans cette circonstance, tantôt la fracture occupe le côté externe, tantôt la cavité interne de l’articulation ; quelquefois il y a en même temps une fracture transversale. Ce qui rend ces fractures dangereuses, c’est que le fragment est entraîné soit en haut, soit en bas, qu’il reste mobile et que le cal irrégulier qui les suit envahit nécessairement les surfaces articulaires. De là des ankylosés qu’il faut combattre autant que possible par des mouvements imprimés de bonne heure.
De l’étude des rapports des trois saillies osseuses du coude, épicondyle, épitrochlée, olécrâne, on peut tirer un excellent élément de diagnostic dans les fractures de l’extrémité inférieure de l’humérus et la luxation en arrière des deux os de l’avant-bras. Quand il y a luxation, l’olécrâne se porte en arrière de l’humérus et se porte plus ou moins haut, et alors les trois saillies osseuses citées plus haut qui sont sur la même ligne horizontale dans l’état normal pendant leurs rapports, et les deux tubérosités humérales se trouvent alors au-dessous du plan qui passerait au niveau del’olécrâne. Qu’il y ait fracture de l’humérus à son extrémité inférieure, les rapports des trois saillies ne seront pas changés.
Eu égard aux fractures de l’olôcrâne, nous n’avons qu’à faire remarquer que cette éminence osseuse fait une saillie plus grande dans la flexion de l’avant-bras sur le bras et qu’alors sa fracture est plus facile. Nous ajouterons que cette apophyse offre un bec, plus bas un col, et plus bas encore une base, de là la division naturelle de ces fractures en trois variétés.
La multiplicité des surfaces articulaires rend bien compte des variétés nombreuses admises dans les luxations du coude par tous les auteurs qui en ont fait une étude spéciale.
Les affections chroniques de l’articulation du coude exigent souvent la résection de toute l’articulation ou de l’une de ses parties. Il faut attaquer l’articulation par sa face postérieure. De tous les procédés qui ont été inventés et préconisés, celui de M. Nélaton est celui qui rend la manœuvre plus sûre et plus facile. En effet, en faisant une incision sur le côté externe de l’articulation, on découvre tout de suite l’articulation, le radius est promptement réséqué ainsi que le cubitus. La section de l’humérus exige quelques précautions pour le nerf cubital qui est sorti de sa gaine, porté en dedans par un aide au moyen d’un crochet mousse. Fendant toute la manœuvre on ne risque pas de couper l’artère humérale, parce que celle-ci se trouve protégée par le muscle brachial antérieur.
Région untibracbiale interne ou région cubltulo.
EXPLICATION
A. Coupe de la peau limitant la région.
B. Coupe du fascia superficialis et du tissu cellulo-graisseux
sous-cutané.
C. Aponévrose de l’avant-bras au niveau de la région cubitale. C'. Coupe de l’aponévrose antibrachiale donnant insertion
aux muscles de l’avant-bras.
D. Muscle cubital antérieur satellite de l’artère cubitale.
D'. Tendon du muscle cubital antérieur.
E. Muscle fléchisseur profond des doigts.
EL Tendons du muscle fléchisseur profond des doigts.
F. Muscle fléchisseur superficiel des doigts.
F'. Tendons du muscle fléchisseur superficiel des doigts.
G. Tendon du muscle grand palmaire ou radial antérieur.