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Nerf radial

T A LA MÉDECINE OPÉRATOIRE

Pour suivre le trajet de l’artère radiale, il convient de tirer une ligne, qui, partant du milieu du pli du coude, descende en dehors jusqu’au milieu de l’espace qui sépare l’apophyse styloïde radiale du tendon du grand palmaire. On peut lier cette artère dans deux points de la région qui nous occupe. Sa ligature au niveau de son origine exige les mêmes notions et les mêmes préceptes que pour la ligature de l’artère humérale, nous n’avons donc pas à nous en occuper actuellement.

En haut de la région ou vers la partie moyenne de l’artère, voici comment il faut étudier les rapports anatomiques. On peut voir que l’artère marche dans un espace intermusculaire limité en dehors par le muscle long supinateur et en dedans par le muscle rond pronateur, en haut et plus bas par le muscle grand palmaire. Elle est recouverte par le bord interne du muscle long supinateur qui devient son satellite. Le nerf radial est situé plus en dehors de l’axe du membre. Voici quels sont les organes que l’on rencontrera quand on ira sur cette arlère. Après la peau, le tissu cellulaire sous-cutané, on risque d’avoir la veine médiane sous le bistouri, dans cette circonstance on aura soin de porter ce vaisseau vers un des côtés de l’incision afin d’éviter sa blessure. Dans, une seconde incision on divise l’aponévrose et l’on met à nu le bord interne du muscle long supinateur. On relève alors le bord interne de ce muscle et l’on tombe ainsi sur l’aponévrose profonde qui bride les vaisseaux. On coupe celle-ci en dédolant. et l’on charge l’artère à droite ou à gauche indistinctement parce que le nerf radial est assez éloigné de l’artère.

Au tiers inférieur de la région, l’artère radiale est devenue tellement superficielle qu’elle est sensible au toucher et que là elle sert habituellement à constater l’état du pouls. Elle n’est plus recouverte, en effet, que par la peau et l’aponévrose superficielle de la région. Elle est côtoyée par deux veines, comme on peut lavoir, et le nerf radial se trouve éloigné d’elle beaucoup plus en dehors. Pour pratiquer sa ligature, on fera sur le trajet de la ligne que nous avons tracée, une incision de 5 centimètres partant de 3 centimètres au-dessus du pli du poignet, ou mieux de la limite de la région que nous avons représentée sur notre planche. Après avoir traversé la peau A et le tissu cellulo-graisseux D, on arrivera sur l’aponévrose superficielle au-dessous de laquelle se trouve le paquet vasculaire et dont la transparence est quelquefois tellement grande qu’elle permet de voir l’artère avant qu’on ait pratiqué sa section. C’est alors qu’en dédolant on fend cette aponévrose dans toute l’étendue de la plaie et que l’on arrive sur l’artère qui sera chargée de dehors en dedans ou en sens inverse, suivant la volonté du chirurgien.

Dans nos considérations, nous avons abordé directement le sujet le plus important inhérent à celte planche ; mais il nous reste à dire quelque chose sur les applications chirurgicales qui se rapportent aux lésions physiques ou vitales de cette région.

Eu égard aux lésions physiques, nous ferons remarquer que sous la peau de cette région se trouvent des veines et des vaisseaux lymphatiques nombreux. Ici les veines sont très-nombreuses et très-volumineuses, elles offrent des anastomoses larges, soit avec les veines superficielles, soit avec les veines profondes. Leur volume permettrait certainement la saignée, dans le cas où la phlébotomie ne pourrait se faire au pli du bras. En tous cas, si elles sont coupées, elles pourront donner lieu à un écoulement sanguin assez abondant. Elles constituent les veines radiales superficielles, et après avoir reçu une branche de la veine médiane, elles forment la veine céphalique qui elle aussi peut être saignée. Il est inutile de dire que dans une plaie d'une ou de plusieurs de ces veines, il faudrait enlever les vêtements du membre parce que la compression qu’ils exercent sur la racine du membre est suffisante quelquefois pour entretenir l’hémorrhagie.

Les vaisseaux lymphatiques de la région sont nombreux et leur inflammation est une complication des plaies de la main ou de la région, aussi fréquente que la phlébite, l’érysipèle et le phlegmon.

D’autres organes peuvent être atteints dans les blessures de l’avant-bras, ce sont les muscles et les neifs. Les muscles que nous trouvons ici sont les muscles long supinateur, radicaux externes, rond pronaleur, grand palmaire ; l’absence des mouvements auxquels ils président serait suffisante pour indiquer qu’ils sont compris dans une plaie, mais leur blessure est loin d’offrir la même garantie que la lésion du nerf radial. En effet, quand celui-ci est atteint, la sensibilité et la molilitê sont détruites ou abolies dans loutes les ramifications nerveuses qui sont situées au-dessous de la blessure. Aussi nous ne sauiions trop recommander d’explorer la sensibilité et la motilité à la suite des plaies de l’avant-bras, et toutes les régions en général, afin de pouvoir porter un pronostic certain. Bien ne sera plus facile à exécuter que celte opération, si l’on a bien présentes à la mémoire les distributions topographiques de ces nerfs auxquels nous faisons a'iusion.

C’est le moment de perler des fractures de l’avant-bras et d’en expliquer les caractères avec les notions que nous

fournit non-seulement cette planche, mais encore avec celles qui nous sont données, soit par la planche qui précède celle-ci, soit par la planche qui suit. On peut voir, en effet, que les deux os de l’avant-bras sont séparés par un espace comblé par un feuillet fibreux appelé ligament inlerosseux. Ce ligament empêche un écartement des deux os de l’avantbras, mais il n’empêche point un rapprochement de ces deux os vers l'axe de l’avant-bras. Aussi que ces os qui sont maintenus à distance par leurs articulations supérieure et inférieure viennent à éprouver une solution de continuité vers la partie mojenne, par exemple, les quatre fragments vont converger vers l’axe de l’avant-bras et combler l’espace interosseux. Laissant les os se consolider dans cette position, ce serait laisser se produire un cal qui les confondrait en un seul os, et ce serait par conséquent se condamner à la perte des mouvements de pronation et de supination qui ne sont possibles qu’à la condition qu’il y ait indépendance entre les axes des deux os de l’avant-bras. 11 faut donc, dans les fractures, remplir une indication capitale, à savoir : éloigner ces fragments du centre du bras pour que les deux os se consolident séparés. Comment obtiendra-t-on ce résultat? En refoulant les chairs, les muscles, surtout dans l’espace interosseux, au moyen de compresses graduées placées sur la face antérieure et la face postérieure de l’avant-bras. Mais ici nous devons signaler un danger, commun, du reste, à tous les appareils appliqués sur l’avant-bras ; nous voulons parler de la gangrène qui est consécutive à l’application de ces appareils. Cet accident, qui se manifeste sur les doigts par des plaques noirâtres accompagnées de phlyctènes, est dû à ce que les artères radiale et cubitale refoulées sur les os, le radius et le cubitus, se trouvent oblitérées par cette compression. Pour éviter cet accident, il faut que la compression soit modérée et que la circulation artérielle ne soit pas arrêtée. On s’en assure en palpant le pouls sur l’artère radiale.

UBHA1BIK CEKMF1K BA1L1.IKRK

Flf.URE 1. — Région Hn<il>i-nohii»lo.

Face postérieure.

EXPLICATION

A. Coupe de la peau limitant la région.

B. Fascia superficialis et tissu cellulaire sous-cutané.

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