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Nerf collatéral interne du pouce

APPLICATIONS A LA PATHOLOGIE ET A LA MÉDECINE OPÉRATOIRE

La couche superficielle de la paume de la main comprend la peau, le tissu cellulaire sous-cutané et l’aponévrose palmaire, c’est sur ces divers tissus que nous allons faire porter nos réflexions.

Les plaies, les déchirures de la peau de la main sont très-fréquentes, mais en somme elles guérissent très bien et souvent par première intention, parce que l’écartement des lèvres de la plaie est peu considérable. L’adhérence qui existe entre la peau et l’aponévrose palmaire dan - divers points empêche, en elfet, et le décollement de la peau et l’écartement des deux lèvres. C’est certainement le défaut d’extensibilité de la peau ajouté à sa richesse eu nerfs qui explique pourquoi les inflammations sont ici très-doulour, uscs. Lorsque les plaies sont plus profondes cl intéressent l’aponévrose clle-mcme, elles n’oflrent pas de danger plus grand, parce que celle-ci n’est ni vasculaire, ni douloureuse, et n’empêche nullement la réunion de la peau. Dans le cas eepe idant où une plaie longitudinale aurait coupé les fibres transversales de celte aponévrose dans toute leur étendue, la plaie offrirait un écartement assez considérable et pourrait exiger la suture.

Les contusions superficielles de la paume de la main auront pour siège, (auldl la partie la plus extérieure du derme, tantôt le derme lui-même, tantôt enfin le tissu sous-dermique, et elles se comporteront différemment suivant les points où elles auront lieu. Ainsi celles qui occuperont les éminences thénar et hypothénar n’auront pas de caractères spéciaux. Celles, au contraire, qui occuperont les autres régions de la paume de la main auront trois sièges ; ainsi, dans la contusion la plus légère, on verra se produire sous l’épiderme une petite ecchymose, dans un dcgié plus avancé, il y aura un soulèvement de l’épiderme par un liquide séro-sanguinolent La douleur sera très-vive et la vésicule persistera plus ou moins longtemps, soit qu’elle s’ouvre et laisse échapper son contenu, soit que le sérum soit absorbé et qu’elle se dessèche : si la contusion est plus profonde, les adhérences de la peau avec l’aponévrose palmaire ne permettront pas qu’il y ait épanchement entre ces deux membranes, et dès lors les signes de la contusion passeront souvent inaperçus, parce que les lésions consécutives auront lieu sous l’aponévrose palmaire.

Très-riche en vaisseaux sanguins et lymphatiques, la peau de la région palmaire est susceptible de s’enflammer, soit spontanément, soit à la suite de plaies ou de contusions. Quand l’inflammation n’envahit que les tissus qui nous occupent, on a peu à redouter le phlegmon diffus ou circonscrit, mais en revanche l’érysipèle, Tangioleucite et la phlébite sont à redouter. Il n’en est pourtant pas tout à fait ainsi pour les éminences thénar et hypothénar, parce qu’ici l’aponévrose palmaire n’est plus aussi intimement unie avec la peau et aussi épaisse pour limiter les inflammations à telle ou telle couche.

Les altérations vitales de la peau et de la couche sous-jacente ne sont point rares. Ainsi, chez les ouvriers, les frottements répétés des outils, des instruments exercés sur la paume de la main amènent à la longue un épaississement de l’épiderme, d’où des durillons, des coVosites. Ces altérations de l’épiderme finissent par modifier le derme qui s’aminci

au-dessous, disparaît même complètement et est remplacé par un tissu souple et ductile comme le tissu cellulaire, de aorte qu’il y a entre le durillon et l’aponévrose, une véritable séreuse qui s’enflamme quelquefois et donne lieu à un abcès. C’est cet accident que les ouvriers appellent dwillon fo>cé. La peau elle-même est souvent altérée et ses papilles se dé\eloppent outre mesure; elle devient le siège d’ excroissance*, de verrues, de porreaux. Sa richesse en vaisseaux sanguins la prédispose aux tumeurs érectiles. Le tissu sous -cutané peu abondant de la paume de la main, exemple celle-ci des tumeurs sous-cutanées, telles que lipomes, loupes, kystes, etc. ; cependant on cite dans la science quelques exemples de ces affections existant dans cette région.

L’aponévrose palmaire est sujette à se rétracter et à produire consécutivement la rétraction permanente des doigts. Cette dernière affection peut tenir à plusieurs causes, mais il est incontestable que l’aponévrose palmaire peut à elle seule produire ce résultat. A ceux qui voulaient le nier en disant que l’aponévrose, se terminant sur les parties latérales des doigts, ne pouvait former la bride qui se voyait sur la face palmaire et médiane du doigt rétracté, nous n’avons qu’à mettre cette planche sous leurs yeux pour leur démontrer qu’à chaque doigt des filaments nombreux de l’aponévrose vont se rendre à la face profonde de la peau.

PLANCHE LXXXii:

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Debray sc

LIBRAIRIE GERMER BAILLIERE

PLANCHE LXXXill

Région palmaire -

Deuxième couche.

EXPLICATION

A. Coupe de la peau limitant la région.

B. Coupe du tissu cellulo-graisseux sous-cutané et du

fascia superficialis.

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