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Nerf cutané du nerf médian

APPLICATIONS A LA PATHOLOGIE ET A LA MÉDECINE OPÉRATOIRE

Cette planche est bien propre à venir compléter les notions nécessaires pour comprendre toute la gravité des plaies de la paume de la main, atteignant les organes sous-aponévrotiques. Ainsi nous avons ici des détails anatomiques qui expliquent très-bien la gravité spéciale à certaines plaies du petit doigt et du pouce. En effet, on avait remarqué depuis longtemps que les plaies qui intéressaient la gaine tendineuse de ces doigts étaient souvent suivies de l’inflammation de la paume de la main et même du poignet. On a reconnu que la communication existant entre les gaines et celle du corps expliquait très- bien celle propagation. On peut voir ici la communication entre ces synoviales. Les trois doigts du milieu ont chacun une gaine tendineuse indépendante de celle du corps. Les plaies qui pénètrent dans la synoviale du corps peuvent couper les tendons des muscles fléchisseur superficiel et fléchisseur profond ou même les muscles lombricaux, quand elles existent sur la partie moyenne delà région. Sur les parties latérales, on trouve des masses charnues qui constituent les éminences lliénar et hypothénar et dont la blessure n’offre plus les memes dangers. Cependant sur le côté interne de la région on peut voir que l’éminence hypothénar est parcourue par deux branches de la cubitale, l’une superficielle et l’autre profonde, qui toutes deux pourraient être le siège d’une hémorrhagie. Plus bas, les branches artérielles qui, nées de l’arcade palmaire, vont constituer les artères collatérales, sont assez volumineuses pour que leur blessure soit suivie d’écoulement considérable de sang. La blessure du nerf médian est aussi susceptible de se produire dans les plaies que nous étudions.

Quant aux inflammations, on peut constater qu’elles suivront, soit les gaines musculaires et arriveront ainsi facilement jusqu’au poignet, soit les gaines vasculaires pour atteindre ainsi l’avant-bras. En bas de la région, quand la gaine synoviale et quand l’inflammation occupe le tissu cellulaire sous-aponévrolique, l’inflammation, l’infiltration œdémateuse et le pus suivent deux routes différentes. L’inflammation étant bridée par l’aponévrose ne peut se développer avec facilité et alors on les voit passer sur la face dorsale de la main par les espaces interdigitaux qui renferment un tissu cellulaire assez fin et facilement inflammable; de là l’inflammation envahit le tissu cellulaire de la face dorsale, de sorte que souvent le premier indice d’une inflammation sous-aponévrotique de la paume de la main se manifeste sur la face dorsale de cet organe. D’autres fois, l’inflammation et le pus suivent une autre voie. Ils passent à travers les mailles de l’aponévrose palmaire, deviennent sous-cutanés et l’abcès se fait jour en soulevant l’épiderme de la face palmaire de la main. Si cet épiderme est dur, épais, calleux, il ne se soulève pas assez facilement, il résiste et alors le pus le décolle dans une assez grande étendue; on a a’ors deux poches, l’une sous-épidermique, l’autre sous-aponévrotique, communiquant entre elles par une maille de l’aponévrose palmaire ; c’est ce que M. Velpeau a justement appelé un abcès en bouton de chemise.

Lorsque la membrane synoviale est enflammée, les tendons qui en sont tapissés ne peuvent plus glisser avec la même facilité, et tant qu’il n’y a point hydropisie, c’est-à-dire exhalation d’une quantité considérable de liquide, ces tendons sont le siège d’un bruit de crépitation caractéristique analogue à celui que nous avons dit exister sur le trajet des tendons long extenseur et abducteur du pouce.

B. J. BÉRAUD ANAT CHIRURG

F. Bion del

Debray ac

LIBRAIRIE GERMER. BAILLIERE

Région palmnirc.

Quatrième couche.

À. Coupe de la peau limitant la région.

B. Coupe du fascia supcrficialis et du tissu cellulo-graisseux

sous-cutané.

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