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Nerf dorsal interne, ou nerf pédieux

23, 24, 25, 26, 27, 28, 29. Branches terminales du nerf

musculo-cutané fournissant les nerfs collatéraux dorsaux des orteils.

30. Nerf tibial postérieur allant constituer le nerf plantaire.

APPLICATIONS A LA PATHOLOGIE ET A LA MÉDECINE OPÉRATOIRE

Sur la face dorsale du pied et en nous plaçant au point de vue des lésions physiques, nous devons établir deux parties bien nettement séparées. L’une, qui est en arrière, est en rapport avec la jambe et par conséquent sert de soutien à tout le corps. L’autre est une sorte d’appendice libre aplati de haut en bas et constituant ce qu’on peut appeler à bon droit l’avant-pied. Chacune de ces parties olîre des lésions physiques. Toute la partie postérieure, qui est représentée surtout par la face supérieure de l’astragale, se trouve naturellement pressée de haut en bas par le poids du corps dans la station debout. La force représentée alors par le poids du corps se trouve disséminée sur une large surface et décomposée en deux autres forces secondaires qui se transmettent l’une en avant l’autre en arrière. Cette décomposition des forces est favorable pour la protection du pied dont la résistance est encore augmentée par l’axe décrit par la face plantaire. Aussi dans les chutes sur la plante du pied, d’un lieu plus ou moins élevé, les os du pied résistent. Néanmoins il est des cas dans lesquels la violence est tellement grande, que, malgré la courbe du pied, malgré la décomposition de la force, il y a brisure. Or c’est l’astragale qui le premier reçoit le choc et qui le premier ressent cette violence. Le plus souvent dans cette circonstance l’astragale se brise, s’écrase, pressé qu’il est entre la mortaise tibio -péronière et le calcanéum. Cependant il se présente un autre cas, plus rare à la vérité : l’astragale se luxe et se porte surtout en dedans, il est chassé de sa situation par le même mécanisme qui chasse au loin un nojau de cerise pressé entre les doigts. Si pendant la chute le pied appuie en plein sur le sol et si la jambe est perpendiculaire au pied, il y aura écrasement de cet os. Si au contraire le pied est un peu dévié, il se produira de préférence une luxation de l’astragale. Voyons les conséquences de cette luxation. Isolé de tout côté, cet os court offre peu de prise à l’action des mains ou des instruments, soulève la peau qui est distendue, bleuâtre, sur le point de se gangrener, si l’on exerce sur elle des pressions même légères. Il y a donc difficulté extrême de réduire cet os. Y a-t-il quelque avantage à le faire? Nous ne le croyons pas. En effet, comme cet os a subi un grand déplacement il se trouve séparé de tous les tissus qui fournissaient à sa nutrition ; de là une cause presque certaine de nécrose qui n’en aura pas moins lieu quoique l’on réduise. Il est donc plus prudent d’extraire cet os et de ramener ensuite le pied en rapport avec la jambe. Des cas nombreux de guérison ont couronné de succès de semblables tentatives. Hâtons-nous de dire que ce cas diffère totalement de celui où il y a issue de l’astragale à travers une plaie, mais cet os ayant encore des connexions profondes avec le calcanéum et avec les parties molles. Dans ce dernier cas, l’extraction de l’astragale n’est pas du tout indiquée, et la preuve c’est que dans le fait que nous avons cité, nous avons obtenu un succès complet sans réduire.

Voilà donc deux circonstances qni se produisent dans une chute, mais il en est d’autres que nous devons envisager. Supposons que l’astragale résiste ; la force est décomposée, il est vrai, en deux directions, la postérieure sera la plus forte puisqu’elle marchera presque complètement dans la direction de la force principale, et son action se fera sentir sur le calcanéum. C’est ainsi qu’il faut se rendre compte de l’écrasement et de la fracture de cet os, pris entre le sol qui résiste et la puissance qui vient d’en haut. Nous supposons ici que l’action agit de haut en bas, mais on peut faire le même raisonnement pour une force qui agirait de bas en haut. Il peut arriver de même que la force qui est transmise à l’avant-pied produise des fractures des os de la seconde rangée du tarse, mais ce cas doit être le plus rare, parce que l’avant-pied est cambré, arqué et résiste à la manière des voûtes, et surtout parce que la direction de la force qui lui arrive est presque perpendiculaire à la direction de la force qui l’engendre, condition éminemment défavorable pour la puissance de cette force.

Sur la deuxième portion du pied, celle qui constitue le véritable appendice du membre inférieur, il peut survenir des blessures dont les caractères doivent être étudiés. Ainsi, par sa position, par sa direction, la face dorsale du pied est continuellement exposée à des violences directes, telles que contusions, plaies de toutes sortes, écrasements, brûlures, épanchements sanguins, fractures, etc. Il suffit de jeter un coup d’œil sur tous les organes que nous trouvons entre la peau et l’aponévrose pour se rendre un compte exact de toutes ces lésions physiques. Comprises entre la violence extérieure et les os du carpe et du métatarse, les parties molles sont d’autant (dus facilement déchirées.

Eu égard à la médecine opératoire nous ferons une remarque générale. On peut constater que toute la peau de la région est fine, simple, très-facilement séparable d’avec les tissus sous-jacents, peu épaisse, et peu riche en vaisseaux, c’est-à-dire d’une nutrition lente et très-disposée à la gangrène. Dans les diverses amputations totales ou partielles du pied, on ne peut guère employer une peau qui possède ces qualités parce que la mortification d’abord, l'ulcération ensuite viendraient la détruire et la modifier tellement que tout le bénéfice de l’opération serait antiihilé. Aussi depuis longtemps les chirurgiens prennent leur lambeau à la face plantaire du pied où l’on trouve une peau qui a toutes les qualités pour résister à la mortification et à la pression. Le seul inconvénient que je trouve dans les amputations suivant la méthode elliptique ou de Soupart, c’est l’obligation où l’on est d’employer la peau de la face dorsale du pied, en grande partie du moins, sinon en totalité dans quelques cas.

n J BERAUD ANAT CH1RURG PLANCHE Cil.

LIBRAIRIE <;F.PMER BAILLIÈRE

Région dorsale du pied.

Couche profonde.

EXPLICATION

A. Coupe de la peau limitant la région.

B. Coupe du tissu graisseux et cellulaire sous-culané.

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