Branche cutanée fournie par l’artère plantaire externe
20, 21. Branches cutanées fournies parla plantaire externe. 22. Branche artérielle de l’arcade plantaire allant à la face
dorsale du gros orteil.
APPLICATIONS A LA PATHOLOGIE ET A LA MÉDEC'NE OPÉRATOIRE
Cette planche est destinée à montrer les fibres profondes de l’aponévrose plantaire. On peut voir encore en D D, les fibres superficielles ou cutanées qui de chaque côté de la partie moyenne de l’aponévrose allaient s’insérer à la face profonde de la peau en formant des étuis fibreux pour recevoir et protéger les vaisseaux et les nerfs qui se distribuent au derme. (Voy. FF de la planche CIII).
Sur la planche que nous avons sous les yeux actuellement, on trouve au côté interne du pied des coupes nombreuses de vaisseaux veineux qui de la plante du pied se rendent dans les veines de la face dorsale de cet appendice. Or ces troncs veineux suivent leur trajet à la planle du pied par l’effet delà protection que leur fournissent les fibres transversales superficielles de l’aponévrose planlaire. On peut s’assurer encore sur cette planche que vers la partie moyenne du pied, là où la protection devait être le plus efficace, l’aponévrose constitue une membrane épaisse, d’un tissu très-serré composé surtout de fibres longitudinales renforcées par les fibres transversales qui allaient à la peau. Sur les parties latérales, l’aponévrose, quoique plus rnince, est encore très-forte, et va prendre ses insertions sur les éminences osseuses qui bordent le pied. Cette aponévrose forme ainsi des gaines aux muscles qui vont au gros et au petit orteil. Pour le passage des branches nerveuses et vasculaires qui se rendent à la peau et aux tissus sous-jacents, l’aponévrose présente des ouvertures en forme d’arcades du pourtour desquelles partent des fibres aponévrotiques qui accompagnent et protègent en même temps ces organes importants. Est-il nécessaire de faire ressortir l’utilité d’une semblable disposition pour assurer la circulation et la nutrition de la région pendant la marche.
Du reste, au point de vue des lésions physiques des plaies par instruments tranchants, ces vaisseaux artériels qui deviennent superficiels ne peuvent guère fournir un écoulement sanguin inquiétant. En effet, en arrière de la région on ne remarque que des ramuscules. Vers la partie moyenne nous rencontrons des troncs plus gros (17 et 21) qui pourraient donner lieu à une hémorrhagie; mais situés entre deux plans résistants, ces vaisseaux seraient facilement comprimés. Des nerfs assez nombreux se rencontrent entre l’aponévrose et la peau, et il serait bien difficile de comprendre qu’une plaie même avec étendue comme une plaie faite par un instrument piquant, n'attoigne pas un de ces nerfs. Aussi voit-on que ces plaies sont quelquefois suivies de tétanos. On m’a assuré que dans les pays chauds les plaies même les plus petites sont presque fatalement suivies de ce terrible accident.
Nous avons dit précédemment qne l’aponévrose plantaire se rétractait comme l’aponévrose palmaire. Cependant il faut avouer que cette rétraction est rare, puisque Philippe Boyer a pu dire il y a à peine quinze ans qu’il n’en connaissait qu’un exemple cité par Astley Cooper. J’ai souvent vu, dit Philippe Boyer, des orteils repliés sur leur face inférieure, et cette disposition gênait beaucoup la marche, mais il n’y avait pas sur la peau de la planle du pied les plis transversaux qui indiquent, comme on l’observe à la main, que l’aponévrose plantaire est rétractée. Voici le fait invoqué par Astley Cooper. Mon neveu, M. Bransby Cooper, dit-il, a pratiqué cette opération (la section de la bride) sur le pied, chez un fermier qui, par suite d’une rétraction semblable (à celle des doigts), ne pouvait plusse livrer à ses occupations ordinaires. Ce langage prouve d’une manière évidente que cette rétraction n’est pas commune, et qu’il sérail bon de porter l’attention des chirurgiens sur ce point de pathologie.
A. Coupe de la peau limilant la région.
B. Tissu cellulo-graissettx sous-cutané traversé par les fibres
latérales de l’aponévrose plantaire.