Soie de sanglier introduite dans
l’orifice qui fait communiquer le sinus ethmoïlal avec les fosses nasales.
APPLICATIONS A LA PATHOLOGIE ET A LA MÉDECINE OPÉRATOIRE
Les saillies des cornets, les excavations des méats de la paroi externe expliquent pourquoi des corps étrangers séjournent dans les fosses nasales, et pourquoi, lorsqu’on introduit des instruments dans les fosses nasales, il faut avoir soin de s’éloigner autant que possible de cette paroi. Les divers replis offerts par la muqueuse nasale passant d’une saillie sur une autre, la prédisposent à l’infiltration, à l’épaississement, à l’hypertrophie, et de là sans doute la fréquence plus grande des polypes sur la paroi externe que sur la paroi interne.
Les ouvertures de nombreuses cavités se rencontrent sur cette paroi, sur laquelle se déversent les sinus frontaux, ethmoïdaux, sphénoïdaux et maxillaires; on y trouve aussi l’orifice inférieur du canal nasal. Toutes ces dispositions expliquent la propagation des maladies des fosses nasales à ces diverses cavités, et réciproquement celle de ces cavités aux fosses nasales.
Plusieurs opérations se pratiquent sur la paroi externe des fosses nasales. Ces opérations se rapportent au traitement des polypes et au cathétérisme des voies lacrymales, du sinus maxillaire et de la trompe d’Eustache.
Les polypes peuvent être attaqués par des opérations simples ou par des opérations composées. Les premières comprennent la dessiccation , la compression, le broiement, l’excision, la cautérisation, Y arrachement et la ligature. S’il s’agit de polypes muqueux, il faudra recourir au broiement et à l’arrachement, en ayant soin de faire des injections astringentes dans les fosses nasales après cette opération. S’il s’agit d’un polype fibreux ou cancéreux, il faut avoir recours à des opérations complexes ou composées qui seules peuvent amener une cure radicale. Ce sont : les incisions du nez ou de la lèvre supérieure, les dissections des joues, les trépanations des sinus maxillaire et frontal, l’incision du voile du palais, la résection de la voûte palatine (Nélaton), les résections totales ou partielles du maxillaire supérieur. Chacune de ces opérations peut avoir son indication suivant les cas ; mais la méthode de M. Nélaton, toutes choses égales d’ailleurs, nous paraîtra toujours préférable à l’ablation du maxillaire supérieur, parce qu’elle a l’avantage de laisser après elle moins de difformité. L’opération de M. Nélaton offre en outre l’avantage que la voûte palatine se reconstitue quand on a conservé le périoste.
Quant au cathétérisme du canal nasal par son ouverture inférieure, suivant la méthode de Laforest, d’après le procédé que nous avons décrit, il nous paraît aujourd’hui trop abandonné. Avec les perfectionnements que nous avons apportés dans celle opération, nous pensons que son usage se généralisera de plus en plus (1).
Le cathétérisme du sinus maxillaire peut être fait avantageusement, soit pour diagnostiquer les abcès de cette cavité, soit pour y injecter des liquides médicamenteux.
Le cathétérisme de la trompe d’Eustache pratiqué par la fosse nasale correspondante s’explique très bien par les rapports de cet orifice. En effet, on peut voir ici que cet orifice est situé au niveau de l’extrémité postérieure du cornet inférieur et au-dessus du point où le voile du palais se recourbe dans le pharynx, de sorte que le préceplë de relever le bec de la sonde au moment où l’on ne sent plus la résistance du plancher nasal est très fondé, parce que l’on se trouve alors au niveau même de cet orifice.
(t) Voyez B. -J. Béraud, Essaisur le cathétérisme du canal nasal suivant la méthode de laforest ( procédé nouveau), thèse inaugurale, 1851, 30 décembre, et Archives d’ophthalinologie, mars et avril 1855.