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Filets terminaux du nerf sous-orbitaire

allant à la peau et à la muqueuse de la lèvre supérieure (5e paire).

12, 13, IA. Filets terminaux du nerf mentonnier allant à la peau et à la muqueuse de la lèvre inférieure (5e paire).

APPLICATIONS A LA PATHOLOGIE ET A LA MÉDECINE OPÉRATOIRE

Les grains glanduleux qui occupent le plan profond de la région sont susceptibles de s’hypertrophier, et de donner ainsi naissance à des tumeurs qui s’énucléent facilement. Ces tumeurs font saillie du côté de la muqueuse, à cause du siège des glandules qui sont plus voisines de celte membrane que de la peau. Mais il ne faut pas ignorer que ces tumeurs hypertrophiques peuvent apparaître du côté de la peau. Nous en avons observé un cas fort remarquable dans le service de M. Michon, et cela s’explique par l’existence de granulations glanduleuses qui occupent quelquefois les interstices musculaires et arrivent même jusque sous la peau, ainsi que nous l’avons constaté dans nos dissections.

Il y a peu d’organes plus disposés aux vices de conformation que les lèvres. Ces vices de conformation sont : l’imperforation de l’orifice buccal, le rétrécissement de ces cavités, le bec-de-lièvre, la tuméfaction, le boursouflement des lèvres et la perforation verticale de la lèvre inférieure.

Pour remédier à l’imperforalion, il faut pratiquer une incision sur le sillon qui marque le plan de l’ouverture buccale, recouvrir les lèvres d’un linge fin enduit de cérat, et les maintenir écartées et renversées afin d’en prévenir l’agglutination. On procédera de même s’il s’agit de combattre le rétrécissement de l’orifice buccal.

Le bec-de-lièvre est le plus souvent congénital et occupe la lèvre supérieure; il peut être unique ou double, simple ou

Compliqué. Pour corriger ce vice de conformation, il faut aviver les bords de la solution de continuité et les réunir par une suture; mais, comme à la suite de cette réunion il existait presque toujours une petite dépression sur le bord libre de la lèvre, MM. Malgaigne et Clémot (de Rochefort) ont inventé un procédé qui consiste à tailler deux petits lambeaux que l’ou renverse au lieu de les retrancher, et qui servent à combler le vide que l’on remarquait à la lèvre, au niveau de la cicatrice. M. Mirault ne forme qu’un seul lambeau qu’il emprunte à la portion de la lèvre qui supporte le tubercule médian, avive la lèvre opposée et opère la réunion. Ce lambeau vient se placer horizontalement au niveau du bord libre de la lèvre et comble la dépression qui tend à se produire. M. Nélaton, à son tour, a proposé une modification très heureuse. Au lieu de former deux lambeaux, il prolongea les incisions jusqu’au delà de l’angle de la division de la lèvre, ou elles se réunirent, de sorte que les parties détachées de la lèvre représentaient la lettre V retournée ; ce lambeau étant renversé, il forma au-dessous de la division la même lettre V, mais dans sa position droite. Ce lambeau constitue ainsi une sorte de suture naturelle.

Quant à la perforation verticale de la lèvre inférieure que nous avons décrite après M. Demarquay, elle a été observée depuis par M. Richet, M. Depaul et par M. Murray (de Brighlon).

Le boursouflement de la lèvre inférieure peut être congénital ou accidentel. Lorsqu’il est congénital, il peut former une sorte de bourrelet muqueux plus ou moins difforme que l'on doit exciser dans quelques cas ; quelquefois ce vice de conformation est dû à une hypertrophie des glandes salivaires. J’en ai observé un cas dans le service de M. Nélaton; l’excision en a amené la guérison.

Très vasculaires, très souvent irritées par le contact de corps extérieurs à des degrés très variables de température, les lèvres sont très sujettes aux dégénérescences, parmi lesquelles il faut mentionner le cancer et toutes ses variétés. Les tumeurs érectiles n’y sont point rares. J’en ai observé une avec M. Robert, qui a été cautérisée par ce chirurgien avec le fer rouge. Les lèvres sont souvent le siège d’opérations qui ont pour but de détruire le cancer qui les envahit. Comme elles sont mobiles, souples, revêtues d’un double tégument, elles se prêtent facilement à la restauration qui a reçu ici le nom de chiloplastic. Lorsque la perte de substance n’est pas considérable, après avoir enlevé la tumeur par excision ea forme de croissant, on peut combler la perte de substance au moyen de la muqueuse, dont on se sert pour border la lèvre : ce procédé, que M. Richet a désigné du nom de bordage, a été mis en usage par nous avec beaucoup de succès dans un cas de cancroïde labial. Du reste, la continuité de la lèvre inférieure avec les régions voisines, et même avec la région sous-hyoïdienne, exp ique pourquoi on peut avec la méthode française combler des pertes de substance très grandes. C’est sur celte disposition que sont basés les procédés de Chopart, de M. Roux (de Saint- Maximin), de Lisfranc et Morgan, de Serre et de M Malgaigne ; elle réunit tous les avantages de la méthode française et ceux de la méthode de Celse.

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Figure 1. — Région mentonnière*

Coté droit (plan superficiel ).

A. Coupe de la peau limitant la région.

B. Coupe du fascia graisseux sous-

cutané.

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