Deuxième nerf cervical ou nerf sous-occi
pital.
APPLICATIONS A LA PATHOLOGIE ET A LA MÉDECINE OPÉRATOIRE
Celte figure est destinée à montrer la région amygdalienne ; mais elle fait voir aussi les rapports exacts de tous les organes du cou et de la face, de sorte que la médecine opératoire y pourra trouver de nombreuses applications.
Les abcès de la région amygdalienne ont leur siège : 1° sous la muqueuse, 2° dans les granulations glandulaires, 3° dans le tissu cellulaire sous-amygdalien. Ordinairement, ces derniers font saillie un peu au-dessous de l’angle de la mâchoire, où l'on trouve la peau, le peaucier et une lame fibreuse qui double ce muscle, un plexus veineux formé par les veines faciale, linguale, pharyngienne, laryngienne, thyroïdienne supérieure, occipitale, et un rameau de communication entre la jugulaire interne et la jugulaire externe. Si l’on doit agir promptement pour ouvrir ces abcès et les empêcher de fuser suivant le trajet des vaisseaux carotidiens , il faut attendre cependant qu’ils soient proéminents sous la peau, car, sans cela, le bistouri aurait à traverser tout ce plexus vasculaire.
Les amygdales sont fréquemment le siège d’un gonflement chronique de nature inflammatoire ou hypertrophique, qui gène considérablement la déglutition, la respiration et la phonation, et exige leur ablation. Cette opération se pratique facilement avec l’instrument de Fahnestock, plus ou moins modifié, ou bien par le bistouri et l’érigne. Ordinairement celte opération n’est suivie d’aucun accident, mais quelquefois on a vu se manifester des hémorrhagies graves que l’on a combatlucs, soit par la compression directe, soit par la glace, soit par l’application du perchlorure de fer, et quand ces moyens échouent, par la compression des carotides. Dans un cas ce moyen nous a réussi alors que tous les autres avaient échoué. On redoutait autrefois la blessure de la carotide interne dans l’amygdalotomie ; mais il suffit de voir les figures 1 et 2 de la planche XXIX. pour se convaincre que c’est là un danger imaginaire : quand il y a hémorrhagie, le sang vient du plexus veineux sous-amygdalien ou d'une petite branche fournie par l'artère pharyngienne inférieure.
Les rapports de l’amygdale et de l’ouverture de la trompe d’Euslache dans le pharynx sont bien éloignés pour admettre, avec Dupuytren, que même chez les enfants le gonflement de l’amygdale soit assez considérable pour aller oblitérer cet orifice et amener la surdité.
L’amygdale est susceptible de devenir le siège de cancers ou de kystes dont l’ablation ne sera pas toujours possible, à cause de la profondeur de l'organe.
Il n’est point rare de rencontrer à la surface des amygdales des concrétions blanchâtres qui font croire, au premier abord, à l'existence de fausses membranes, et qui ne sont que le produit des granulations amygdaliennes. Cependant il existe là de véritables concrétions calcaires, et les Mémoires de l’Académie de chirurgie en donnent une idée 1res précise.
La luette, ordinairement située sur la ligne médiane, est quelquefois déviée naturellement un peu à droite ou à gauche ; sa situation fait qu’elle répond immédiatement au-dessus de l’épiglotte qu’elle vient irriter incessamment quand elle s'allonge par infiltration aiguë ou chronique. Cette irritation est alors accompagnée de toux tellement persistante, qu’il faut en venir à l’excision de la luette. Celte opération se fait de la manière suivante. Le malade est assis en face du jour, la bouche largement ouverte ; on abaisse la langue, on saisit l’extrémité de la luette avec une pince à disséquer ou mieux avec une pince à griffes. On l’attire alors en avant avec la plus grande facilité, et on l’excise d’un seul coup avec des ciseaux à pointes mousses et courbes sur le plat : si, chose rare, l’hémorrhagie suivait cette excision, il suffirait de saisir le bout de la luette avec des pinces à torsion et de presser un certain temps.
Les rapports de l’isthme du gosier avec les voies aériennes et digestives sont ici parfaitement exprimés, et nous montrent les conditions physiques et mécaniques qui président au passage de l’air et des aliments dans le pharynx. En effet, si l’on examine la face antérieure déjà colonne vertébrale au niveau des fosses nasales et au niveau de l’isthme du gosier on est frappé de ce fait capital, qu’il y a là une courbure et une concavité. La courbure est supérieure ou nasale ; elle est formée par l’arc antérieur de l’atlas, et elle est tellement disposée, que si l’on fait passer une tangente par son point le plus culminant, l’extrémité inférieure de celte tangente arrive au centre des voies aériennes. 11 résulte de là que l'air passant par les fosses nasales est naturellement conduit en avant dans le bas du pharynx, et pénètre ainsi directement dans le larynx. Un corps étranger solide qui tomberait des fosses nasales dans le pharynx serait projeté dans le larynx par la présence de cette courbure.
Au bas de cette courbure se trouve une concavité qui correspond précisément à l’isthme du gosier, et constitue l’entonnoir ou l’infundibulum pharyngien de l’œsophage. 11 résulte de là que les aliments passent rapidement de l’isthme du gosier dans cette partie du pharynx qui est au niveau des troisième et quatrième vertèbres cervicales. C’est ainsi que par une simple disposition de courbure la nature accomplit des actes très complexes.
JB. BÉRAUD
ANAT. CHIRURG.
F Bion dcl
LIBRAIRIE GERMER BAILLIÈRE
Figure 1. — Régiou buccale*
Paroi supérieure de la bouche et face inférieure du voile du palais.
CÔTÉ DROIT
A. Coupc de la peau.
B. Coupe du fa sc i a sous-cutané.