‹ Atlas d'anatomie descriptive du corps humainChapitre 15 sur 65 · ARTÈRES DES DEIVIS ET DES GENCIVES · texte numérisé non relu

ARTÈRES DES DEIVIS ET DES GENCIVES

Ki". 1. Artères des gencives. — A, angles de la mâchoire ; R, symphyse ; C, apophyse coronoïde; 1), plancher de l’orhile.

Les artères des gencives proviennent d’arcades artérielles non encore décrites, que nous désignerons sous le nom iVat'cades artérielles gengivales.

L'arcade gengivale inférieure eiiiùwrnie. par des branches venues de quatre vaisseaux dilférents. I. 'artère faciale,!, donne, au-devant du masséler, une branche profonde, 2, qui perce le huccinateur, et qui, parvenue sous la mu(iueuse, se divise en deux rameaux. L’un de ces rameaux, 3, se dirige en arrière et va s’anastomoser par inosculation avec l’artère buccale, derrière la branche de la mâchoire. Le second rameau, 4, se dirige en avant parallèlement à la direction des arcades dentaires. De son côté, l’artère mentonnière, 5, au sortir du trou mentonnier, donne une branche volumineuse, G, qu’on doit considérer comme sa continuation, et qui se divise bientôt en deux rameaux. L’un de ces rameaux, postérieur, s’anastomose en arcade avec la branche, 4 ; l’autre, antérieur, 7, se dirige vers la ligne médiane, en se rapprochant du bord de l’arcade alvéolaire. Parvenu au niveau de l’incisive latérale, ce rameau se recourbe brusquement pour devenir vertical, et se continue par inosculation avec une branc.he, 8, venue de l’artère sous-mentale.

Ainsi l’arcade gengivale inférieure est fournie par quatre artères, qui sont : d’arrière en avant, la buccale, la faciale, la mentonnière et la sous-mentale. La convexité de cette arcade ne donne aucun vaisseau; sa concavité, tournée vers les gencives, fournit une douzaine d’artères qui forment, en s’anastomosant, une série d’arcades secondaires. C’est de la convexité de ces dernières que partent les nombreuses artérioles destinées aux gencives. 11 existe meme en certains points de petites arcades tertiaires. Grâce à ces subdivisions, la gencive de chaque dent reçoit un très-grand nombre d’artérioles qui sont à peu près parallèles â l’axe de la dent, et qui, parvenues sur le bord libre de la geneive, se réfléchissent pour pénétrer dans la cavité alvéolaire.

L'arcade gengivale supérieure est formée par des artères venues de deux sources différentes. L’artère sous-orbitaire, 9, donne, en sortant de son canal, trois ordres de branches; les unes vont se perdre dans le périoste, les autres se distribuent aux muscles et à la peau; les dernières sont destinées aux gencives. Ces brandies gengivales sont au nombre de deux principales. La première, 10, descend en se rapprochant de la ligne médiane, et, parvenue au-dessus des gencives, se recourbe assez brusquement en dehors ; la seconde se bifurque bientôt et donne les branches 1 1 et 12. La branche 11, qui est antérieure, s’anastomose en arcade avec la branche 10; la branche 12, qui est postérieure, se recourbe audessus des gencives en décrivant une arcade à convexité inférieure. De son côté, l’artère alvéolaire postérieure fournit, au moment de pénétrer dans l’os maxillaire, une branche, 13, 13, destinée à compléter l’arcade gengivale supérieure. Cette branche, légèrement sinueuse, repose sur le périoste; elle chemine d’abord au-dessus de l’os malaire, puis elle se dirige en bas et en avant, se rapproche des gencives, et s’anastomose par inosculation avec la branche, 12, venue de la sousorbitaire.

L’arcade gengivale supérieure se compose donc de deux arcades continue.^, les arcades (10, 11) et (12, 13). La concavité de ces arcades ne fournit aucun vaisseau ; leur convexité donne pour les gencives supérieures des artérioles qui se comportent à peu près comme cela a lieu pour les gencives inférieures. Du reste, les artères gengivales supérieures sont loin de présenter la même régularité que. les inférieures. On voit, en elfet, quelques artérioles longues et grêles provenant de l’artère sous-orbitaire se porter directement dans les gencives en passant devant ou derrière l’arcade.

Voir, pour plus de détails, la description que j’ai donnée de ces vaisseaux dansles Bulletins de la Société anatomique, 240 année (1849), p. 282 et seq.

Fig. II. Artères desdents. — A, angle de la mâchoire ; B, symphyse ; C, apophyse coronoïde, coupée ; D, trou mentonnier; E, plancher de l’orbite ; F, sinus maxillaire, ouvert.

L’artère dentaire inférieure, 1, venue du tronc de la maxillaire Interne, parcourt toute la longueur du canal dentaire et se divise au niveau de la deuxième petite molaire en deux branches inégales. La plus grosse, 2, sort aussitôt ])ar le trou mentonnier, c’est l’artère mentonnière ; l’autre, 3, continue à cheminer dans l’épaisseur de l’os ; on la nomme artère incisive, quoiqu’elle fournisse à la fois les vaisseaux des incisives, celui de la canine, et celui de la première petite molaire.

L’artère Incisive se comporte entièrement comme le tronc qui l’a fournie, et dont elle doit être considérée comme la continuation. L’une et l’autre sont curvilignes et présentent ieur concavité vers la racine des dents; l’une et l’autre fournissent des rameaux diploïques et des rameaux dentaires. Les rameaux diploïques sont très-nombreux ; quelquesuns d’entre eux, plus volumineux que les autres, remontent vers le bord supérieur de l’os, dans l’épaisseur du tissu spongieux qui sépare les alvéoles, et se distribuent dansles parois alvéolaires. Les rameaux dentaires, en même nombre que les racines, pénètrent dans chacune d’elles par le trou que présente leur sommet, parcourent toute la longueur du canal intérieur, et se ramifient dans la pulpe dentaire. Les rameaux destinés aux racines de la même dent naissent en général par un tronc commun. La direction des rameaux dentaires est à peu près verticale en avant ; elle devient de plus en plus oblique en arrière. L’artère de la dent de sagesse, 4, en particulier, chemine parallèlement au tronc de la dentaire inférieure, dans une étendue de près de deux centimètres.

Les artères des dents supérieures proviennent aussi de l'artère maxillaire interne, 5. L’artère sous-orbitaire, 6, fournit, un peu avant de sortir de son canal, un rameau dentaire, 7, destiné aux incisives, à la canine et aux petites molaires. L’artère alvéolaire, 8, destinée aux grosses molaires, provient directement du tronc de la maxillaire interne.

L’artère, 7, qu’on doit nommer dentaire antéro-supérieure, descend dans l’épaisseur de la paroi antérieure du sinus maxillaire, où elle jette quelques branches. Elle se dirige en bas suivant une ligne qui aboutit à la deuxième petite molaire ; elle fournit des branches qui naissent d’autant plus haut qu’elles sont destinées à des dents plus antérieures. Parmi ces rameaux, les uns sont destinés aux dents, les autres aux alvéoles.

L’artère alvéolaire, 8, qui serait mieux nommée dentaire postéro-supérieure, donne d’abord une branche gengivale déjà décrite, 9, puis pénètre dans l’os maxillaire, le long du bord inférieur du sinus. Sa direction est à peu près horizontale; elle donne des rameaux alvéolaires et un rameau pour chacune des racines des dents molaires.

SPlMCilOlOGIE

(PI. 10 b.,.)

üEi\rs.

Conformation intérieure des dents, lig. 1 et 2.

Kig. I. Coupe de la première incisive supérieure. — L’ostéide dentaire se compose de trois substances : la première, o, extérieure ou corticale, excessivement dure, d’un blanc laiteux et demi-tran.sparente : c’est Yémail. Cette couche ne recouvre que la couronne, et se termine au niveau du collet, suivant une ligne déjà indiquée.

La deuxièuie substance de la dent, b, porte le nom à’ivoire. Elle forme toute la racine et la plus grande partie de la couronne ; elle est d’un blanc jaunâtre, opaque et moins dure que l’émail.

La troisième substance, nommée cément, forme sur les racines une couche superficielle tellement mince, qu’on n’a pu la représenter sur la ligure.

La cavité de la dent, c, est située au centre de l’ivoire ; elle se termine en cul-de-sac à un demi-centimètre du sommet de la couronne, s’élargit jusqu’au niveau du collet, et se prolonge, rétrécie, dans la racine, à l’extrémité de laquelle elle va s’ouvrir, d. Cette ouverture, qui donne passage au nerf ei aux vaisseaux de la dent, n’est pas placée exactement sur le sommet de la racine, n/ais un peu en arrière, d’où il résulte que ces vaisseaux et ce nerf ne sont pas comprimés pendant la mastication. La cavité de la dent renferme la pulpe dentaire.

Fig. 2. Coupe de la première r/rosse molaire supérieure du même sujet. — La coupe a divisé la racineinterne et l’une des racines externes. «, émail formant une couche épaisse; 6, ivoire ; c, cavité de la dent reproduisant à peu près la forme de la couronne. Cette cavité se prolonge dans chacune des racines et va en d et en e s’ouvrir à leur sommet. Les vaisseaux et nerfs de la dent sont protégés, pendant la mastication, par un mécanisme qui dillére du précédent. La pression est supportée tout entière en f, au niveau de l’écartement des racines.

Dents de la première dentilion, fig. 3 à 10. — Au moment de la naissanceles dents sont cachées dans l’épaisseur des mâchoires. L’éruption des dents de la première dentition commence vers le sixième mois et s’achève avant le quarantième. Ces dents, qu’on nomme encore c/ewfo temporaires on dents de lait, sont auiiombre de dix pour chaque mâchoire. 11 y a de chaque côté deux incisives, une canine et deux molaires. Après l’âge de six ans, les dents de lait tombent les unes après les autres, et les dents permanentes leur succèdent dans un ordre déterminé. Parmi les dents permanentes, il y a vingt dents de remplacement et douze dents nouvelles.

Fig. 3. Coupe de la première molaire inférieure d’un enfant de vingt mois. — La coupe a divisé, suivant sa longueur, l’une des racines delà dent, fl, émail; b, ivoire ne formantdans la racine qu’une couche, c, d, dont l’épaisseur diminue de haut en bas; e, e, cavité de la dent, à peu près cylindrique, très-largement ouverte à l’extrémité de la racine, et remplie par le bulbe dentaire, qui présente de nombreux lilaments longitudinaux, celluleux, nerveux ou vasculaires.

Fig. 4. Coupe de la première incisive inférieure du même enfant, montrant les rapports de la dent temporaire avec la dent permanente, a, incisive de lait ; la coupe ayant porté en dehors de la ligne médiane de la dent, la cavité dentaire ne seinble pas se prolonger jusqu’au sommet de la racine, b, cavité alvéolaire dans laquelle se développe actuellement l’incisive de remplacement. L’extrémité supérieure de celte cavité, brusquement rétrécie en c, vient s’ouvrir sous forme d’un petit canal a la surface de l’os maxillaire, derrière la dent de lait. Ce petit canal, improprement nommé iter dentis, est parcouru par le gubernaculum dentis, cordon fibreux qui s’étend de la gencive au follicule dentaire, d, cavité de la dent temporaire largement ouverte vers le fond de l’alvéole ; la dent n’a pas encore de racine; e, émail; f, ivoire ; g, cloison osseuse très-mince qui sépare la couronne de la dent nouvelle de la racine de la dent de lait ; cette cloison sera plus tard détruite par la compression, et la dent permanente, chassant la dent temporaire, fera invasion dans son alvéole.

Fig. ,5 et 6. Mâchoire d’un enfant nouveau-né. — Fig. 5, mâchoire supérieure : A, cavité orbitaire. ; B, coupe de l’os malaire; C, apophyse ptérygoide ; I), trou sous-orbitaire. Lig. G, mâchoire inférieure : A, condyle; B, apophyse coronoide ;

C, symphyse du menton ; 1), trou mentonnier.

Toutes les dents sont contenues dans l’épaisseur des mâchoires. 1 et 2, incisives ; 3, canines; 4, 5, molaires de lait • G, piemière grosse inolaiie. Qu(>ique formée au moment de la naissance, cettedent n^appartient point à la première dentition, elle ne sortira que vers I âge de sept ans, et sera permanente. Le bord libre de la mâchoire est creusé en gouttière; la membrane gengiyale, 7, ferme cette gouttière et recouvre les follicules des dents ; la couche superücielle de cette rnembiane, dense, epais.se, de consistance cartilagineuse, mais de structure fibreuse, a improprement reçu le nom de cartilage dentaire. La gouttière alvéolaire est divisée par des cloisons osseuses plus ou moins complètes, 8, 9, 10,

en autant de loges ou alvéolés qu il v a do fntliMjJps! : .... /■,. ' d

alvéolodentaire. qui, d’une part, s 11, 12, dans le fond de l’alvéole,

deux derriières dents de la mâchoire inférieure ; ce qui permet de voir, 14, le pédicule vasculaire et nerveux du bulbe dentaire. La bulbe dentaire, ou pulpe de la dent, a alors la forme d’un mammelon que recouvre comme une calotte la partie. dure de la dent. La couronne n’est qu’ébauchée, et il n’y a pas encore de racines.

^■^dchoire d'un enfant de cinq ans. — Fig. 7, mâchoire supérieure ; A, apophyse montante; B, trou sous-or bi aiie. Lig. 8, mâchoire inferieure : A, apophyse coronoide ; B, angle ; C, symphyse ; î), trou mentonnier.

L éruption des dents de lait est terminée; celle des dents permanentes n’est pas commencée.

1 a 5, dents de lait. Les molaires de lait, pourvues de plusieurs cuspides et de plusieurs racines, sont les analogues des grosses molaire.s permanentes. 6 à 1 1, dents permanentes, encore contenues dans l’épaisseur des mâchoire^ derrière la racine de la dent qu’elles reinp aceront. 6, 7, incisiNes ; 8, canines ; 9, 10, petites molaires; 11, pS es groS molaires. La deuxième grosse molaire commence à se former. On aperçoit. 12. une surface cenv^ Ji : -1®? ^ compacte qui limite le fond de son alvéole.

aperçoit, 12, une, surface convexe ; c’est la lame '■’îoVmleV' il permanentes est commencée , elles sont tontes

êislïc permanente'’; 2. deilxième’ t2!™*de'"lan,”li!)n; & 'radne esUélà’ usée "4°6''Mnlne"ef’'''*i' P';™.'*.™'"-

première grosse molaire permanente ; 7 à 11, dents permanentes encore inchiJps ’ i' f®

9, 10, petites molaires ; 11, deuxième grosse molaire. incluses; 7, deuxieme incisive; 8, canine;

: G, symphyse ; D, trou mentonnier. 1, 2, incisives per e grosse molaire permanente; 7 à io ■

10, deuxième grosse molaire.

Fig. 10. Mâchoire inférieure. — A, apophyse coronoide ; B, angle

de lait ; ' '

nentes encore incluses; 7, canine; 8 et 9

maoen.es ; 3, caom. de lalt ; , 5,

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APPAREIL DIGESTIF

ŒSÜPIIAÜE.

(i, angle de la mâchoire inférieure, recouvert par le muscle masséter. b, glande sous-maxillaire. c, muscle digastrique, d, os hyoïde, e, cartilage thyroïde, f, corps thyroïde, g, muscle grand complexus. â, muscle angulaire de l’omoplate. ï, muscle scalène postérieur, muscle scalène antérieur, k, muscle long du cou. /, première côte, m-ti, les côtes du côté gauche, sciées au niveau de leur courbure, o-p, sternum, divisé sur la ligne médiane, g-q, diaphragme.

1, crosse de l’aorte. 2, aorte thoracique. 3, trachée-artère. 4, bronche gauche. 5, bronche droite. 6, 8, œsophage. L’œsophage est un conduit musculo-membraneux qui fait suite

au pharynx, mesure toute la hauteur de la région thoracique, et traverse le diaphragme pour aller s’ouvrir dans l’estomac. Situé d’abord sur la ligne médiane, il s’incline bientôt à gauche dans la partie Inférieure de la région cervicale. En entrant dans la poitrine, il se porte un peu à droite, se place de nouveau sur la ligne médiane, puis s’incline à gauche pour traverser le diaphragme. Le calibre de l’œsophage n’est pas le môme dans toute son étendue; la portion la plus étroite est au niveau de la région cervicale. Bans sa portion cervicale, l’œsophage répond : en avant, au larynx, à la portion membraneuse de la trachée qui déborde un peu ù gauche, au lobe gauche du corps thyroïde, aux vaisseaux thyroïdiens gauches inférieurs, et au muscle sterno-thyroïdien ; en arrière, il répond au ligament vertébral commun antérieur, et au muscle long du cou du côté gauche. Sur les côtés, il répond aux artères carotides primitives, aux veines jugulaires internes, à la trachéeartère, et aux nerfs récurrents. Bans sa portion thoracique, l’œsophage contenu dans le médiaslin postérieur répond, en avant, à la trachée-artère, à la bronche gauche, dont il croise la direction, à la base et à la face postérieure du cœur; en arrière, il répond à la colonne vertébrale, à la courbure de la veine azygos, au canal thoracique, et tout à fait inférieurement à l’aorte. Sur les côtés, il répond aux poumons, dont il est séparé par les lames du médiastin postérieur; à gauche, il répond dans toute sa longueur à l’aorte thoracique; il est longé de chaque côté par les nerfs pneumo-gaslriques. 9,10, artères œsophagiennes. 11, grosse tubérosité de l’estomac. 12, nerf pneumo-gastriques. 13-13, nerf récurrent gauche. 14, foie, dont le lobe gauche a été enlevé. 15, veine cave inférieure. 16, veine cave supérieure. 17, veine innominée gauche. 18, veines thyroïdiennes inférieures. 19, artère sous-clavière. 20, artère vertébrale. 21, plexus brachial. 22, nerf phrénique. 23, artère carotide externe. 24, veine jugulaire interne.

SPL4PiCHlL0GlE.

APPAREIL DIGESTIF

ESTOMAC ET llVTËSTIlXS.

«, cavilé thoracique, h, diaphragme, c-d, les côtes, e, paroi abdominale, f, dpine iliaque antérieure et supérieure.

t, aorle. 2, œsophage. 3-A, face inférieure du foie, soulevée en avant. S, sillon de la veine ombilicale, fi, sillon ’ transverse. 7, artère hépatique. 8, conduit hépatique. 9, conduit cyslique. 10, lobe de Spigel. Il, vésicule biliaire. 12, estomac (face antérieure). L’estomac est un réservoir musculo-membraneux, se continuant d’un côté avec l’œsophage, d’un autre côté avec le duodénum; il occupe l’épigastre et l’hypochondre gauche. Situé au-dessous dudiaphragme, entre le foie et la rate, ce viscère se dirige obliquement de haut en bas, de gauche à droite, et d’arrière'^ en avant ; il présente, au reste, un grand nombre de variétés dans sa forme, son volume et sa direction. La face antérieure de l’estomac, devient tout à fait supérieure par l’insufflation; cette face répond au lol)e gauche du foie, au.v dernières côtes dont elle est séparée par le diaphragme, et k la paroi antérieure de l’abdomen, dans une étendue qui varie suivant le degré de distension de l’estomac. La face postérieure, beaucoup moins conve.ve que la face antérieure, forme la paroi antérieure de l’arrièrecavité des épiploons; elle est en rapport avec le mésocolon Iransverse, le duodénum et le pancréas. 13, (jrande cuurbure de l’estoin'ic; cette espèce de bord s’étend de l’un des orifices à l’autre. La grande courbure de l’estomac répond au mésocolon transverse et à l’axe du côlon. Au niveau de ce bord, les deux lames du grand épiploon se séparent, et laissent entre elles un espace triangulaire qui renferme les vaisseaux gastroépiploïques. A gauche et au-dessous de l’extrémité œsophagienne, la grande courbure présente une saillie considérable, 14, qui porte le nom de grosse tubérosité, de grand cul-de-sac de Vestomac. La grosse tubérosité, d’un volume plus ou moins considérable suivant les sujets, remplit l’hypochondre gauebe, et répond à la moitié gauche du diaphragme qui la sépare des poumons et des fausses côtes : elle est intimement unie à la rate, 14’, par les vaisseaux courts et par l’épiploon gastro-splénique. A droite, et près de l’extrémité pylorique, la grande courbure forme un coude très-prononcé, to, lequel correspond cà une excavation intérieure appelée petite tubérosité ou petit cul-de-sac de l'estomac. petite courbure de l'estomac; elle est concave, et mesure la distance qui sépare les deux orifices de l’estomac; elle donne insertion, 17, à l’épiploon gastro-hépatique, et correspond au sillon transverse et au lobule du foie. 18, extrémité œsophagienne on cardia. L’œsophage s’ouvre dans l’estomac, sous un angle variable, à l’extrémité gauchede la petite courbure et à droite de la grosse tubérosité; l’extrémité œsophagienne répond à une portion du lobe gauche et au lobule du , extrémité py torique on ;?(/ tore. L’extrémité pylorique occupe l’extrémité droite de l’estomac ; elle présente un rétrécissement circulaire qui établit une ligne de démarcation bien tranchée entre ce viscère et le duodénum. Le pylore regarde à droite, en arrière et en haut ; il répond, en haut, au foie et à l’épiploon gastro-hépatique ; en bas, au grand épiploon; en arrière, au pancréas et au col de la vésicule biliaire. 20, première portion du duodénum, qui s’unit sous un angle droit, 21, à la deuxième portion. 22, 23, 24, intestin grêle; l’intestin grêle forme la portion la plus longue du tul)e digestif; par son extrémité supérieure, il se continue sans ligne de démarcation avec le duodénum; par son extrémité inférieure, 25, il vient s’ouvrir dans le gros intestin. Fixé d’une manière très-lâche à la colonne vertébrale par un grand repli du péritoine nommé mésentère, l’intestin grêle se replie sur lui-même un grand nombre de fois en décrivant des contours nombreux nommés circomolutions, qui jouissent d’une extrême mobilité, se moulent les uns sur les autres sans jamais se mêler, et forment une masse considérable qui remplit la plus grande partie de l’abdomen. Cette masse considérable que recouvre le grand épiploon est limitée supérieurement par le côlon transverse ; mais, en bas et sur les côtés, l’intestin grêle s’enfonce dans le bassin, et s’étend de chaque côté dans les fosses iliaques et dans les régions lombaires, au-devant des côlons ascendants et descendants. La longueur de l’intestin grêle est de 18 à 22 pieds, ün appelle jéjunum les deux cinquièmes supérieurs de l’intestiu grêle, et iléum les trois cinquièmes inférieurs. Le calibre de l’intestin grêle est plus considérable au commencement qu’à la fin. 26, 27, 28, 29, 30, gros intestin; le gros intestin, beaucoup plus volumineux que l’intestin grêle, présente un grand nombre de bosselures; on le divise en cœcmn, côlon o\. rectum. 20, cæcum; le cæcum est situé dans la fosse iliaque droite, contre laquelle il est appliqué par le péritoine qui passe au-devant de lui; il est obliquement dirigé de bas en haut, et de gauche à droite. Le cæcum répond en avant aux parois de l’abdomen, en arrière au muscle psoas-iliaque, en dedans à l’intestin grêle, dont il reçoit l’extrémité inférieure; en bas, près de son extrémité libre, il donne naissance à l’appendice vermiforme. 27, côlon ascendant on lombaire droit. 28-28’, côlon tranverse ou arc du côlon. 29, côlon descendant on lombaire gauche. 30, S iliaque du côlon. 31, péritoine. 32, vessie.

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DIJODÉINIJM ET CŒCIM.

Fig. 1. Le duodénumvu en arrière. — 1, l’estomac relevé ainsi que la première partie du duodénum ; 2, 3, deuxième portion du duodénum ; 4, troisième et dernière portion du duodénum ; 5, vésicule biliaire : 5’, canal cystique allant rejoindre obliquement le conduit hépatique, 6, pour former, 7, le canal cholédoque. Ce canal, placé en arrière du pancréas, le long du bord concave du duodénum, se rapproche de plus en plus delà paroi intestinale, dans laquelle il pénètre obliquement pour venir s'ouvrir dans la deuxième portion du duodénum. Son ouverture est marquée sur la muqueuse duodénale par un mamelon au sommet duquel existe un petit orifice. (Voy. fig. 1 (a), 7.)

Au moment de pénétrer dans l’épaisseur de la paroi duodénale, le canal cholédoque reçoit, 8, le conduit panci'éatique ; 9, tète du pancréas embrassée par la concavité du duodénum ; 10, corps du pancréas ; 11, artère spléiiique longeant de gauche à droite le bord supérieur du pancréas; 12, artère duodénale fournie par l’artère splénique; quelques-unes des branches que fournit cette artère contournent le bord convexe du duodénum cl vont s’anastomoser sur la face opposée avec l’artère pancréatico-duodénale, branche de la gastro-épiploïque droite; 13, artère mésentérique supérieure coupée près de son origine. Au moment de passer en avant de la troisième portion du duodénum, pour gagner le mésentère, cette artère fournit, 14, une branche qui remonte derrière le pancréas, qui s’anastomose plus tard avec l’artère pancréatico-duodénale, et qui remplace l’artère hépatique lorsque cette artère n’est pas fournie par le tronc cœliaque; — 13, tronc de la veine porte formé par la réunion de la veine splénique, 16, avec la veine mésentérique inférieure, 17, et la veine mésentérique supérieure, 18. — La disposition représentée sur celte figure n’est pas constante; souvent la veine mésentérique inférieure va se jeter dans la veine splénique, h 1 ou 2 centimètres du point où celte dernière s’unit à la mésentérique supérieure.

Fig. 1. Ouverture pylorique de l'estomac. — La pièce a été prise sur un estomac desséché après insufflation ; l’estomac a été coupé circulairement à 1 centimètre du pylore. — 1, 2, repli circulaire formant la m/tm/e /ly/on^ite et interceptant une ouverture étroite.

Fig 3. Le cæcum vu en arrière. — 1, fin de l’intestin grêle ; 2, commencement du côlon ; 3, 4, cæcum ; 3, 6, bandelette postérieure et externe des fibres musculaires longitudinales; 7, appendice vermiculaire.

Fig. 4. Sur face interne du cæcum. — Le cæcum a été insuftlé et desséché ;puis la moitié externe de cet organe a été excisée pour montrer la valvule iléo-cæcale. 1, commencement du côlon ; 2, lèvre supérieure ; 3, lèvre inférieure de la valvule iléo-cæcale ; foules deux font saillie du côté du cæcum ; 4, ouverture de l’intestin grêle. Celte ouverture représente une espèce de fente antéro-postérieure. De ses deux commissures partent deux replis nommés freins de la valvule; l’un, antérieur, se perd sur la paroi antérieure du cæcum ; l’autre, postérieur, se dirige vers l’orifice de l’appendice ; 3, cul-de-sac inférieur du cæcum ; 6, appendice vermiculaire ouverte suivant sa longueur; 7, repli valvulaire qui existe à l’orifice de l’appendice. Sur une pièce fraîche, cette valvule se présente dans la forme d’un pli oblique de la muqueuse, et s’oppose souvent d’une manière complète au reflux des matières dans l’appendice.

(PUi.

TLIMOIE MESCllEllSE DE L’ESTOMAC.

Les fibres musculaires de l’estomac forment plusieurs plans irrégulièrement superposés; près du cardia et près du pylore on ne trouve que deux couches ; il y en a trois à la partie moyenne de l’estomac ; enfin, sur le sommet du grand cul-de-sac, il n’en existe qu’une seule. La plus profonde de ces couches est susceplible d’étre complètement isolée des autres par la dissection; elle est représentée sur la fig. 2; les autres ne sont séparables que par places; mais on peut très-bien les étudier après avoir simplement enlevé la tunique séreuse comme sur la fig. I .

Fig. 1 . Fibres des couches superficielles. — A, œsophage; B, cardia ; C, G, grand cul-de-sac ou grosse tubérosité de l’estomac ; D, sommet de ce grand cul de-sac ; E, petite courbure ; F, grande courbure; G, duodénum ; 11, pylore; I, petite tubérosité de l’estomac ou antre du pylore; K, face antéro-supérieure de l’estomac.

Les fibres longitudinales de l’œsophage, I, formant une couche assez épaisse, parviennent au cardia et se divisent en deux nattes qui se répandent sur l’estomac. La natte qui est située à droite longe la petite courbure, gagne le pylore, et se continue avec les fibres longitudinales du duodénum; elle constitue sur le bord concave de l’estomac un faisceau assez fort, 2, qui a reçu le nom de cravate de Suisse. Ce sont là les seules fibres qu’on puisse suivre sans interruption depuis l’œsophage jusqu’au duodénum. — l.a natte qui est située,à gauche est exclusivement destinée au grand cul-de-sac sur lequel elle s’irradie en formant sous la séreuse une couche très-msnifeste. Toutes les fibres de cette natte ne se comportent pas de la même manière : les unes, 3, descendent directement sur la face antérieure et la face postérieure de la grosse tubérosité, se trouvent ainsi perpendiculaires au grand axe de l’estomac, et ressemblent beaucoup à des fibres circulaires; puis elles s’inlléchissent un peu à gauche, gagnent l’extrémité gauche de la grande courbure qu’elles contournent, et se continuent sur la face opposée avec leurs homologues; elles interceptent ainsi des anses dont la concavité, dirigée en haut et à droite, embrasse obliquement la grosse tubérosité de l’estomac. Les autres, 4, longent le bord supérieur du grand cul-de-sac, diminuent d’épaisseur en s’éloignant du cardia, et disparaissent avant d’atteindre le sommet de la grosse tubérosité.

D’un autre côté, les fibres longitudinales du duodénum, 5, parviennent au pylore et s’épanouissent uniformément sur la partie voisine de l’estomac. Celles qui occupent le bord concave. G, se continuent directement avec la cravate de Suisse. — Celles qui occupent le bord convexe, 7, 7, forment le long de ce bord une couche assez mince, mais complète, qui atteint la grosse tubérosité; parvenues là, les fibres diminuent d’épaisseur, et disparaissent pour la pdupart; quelques-unes, 8, se prolongent sur le bord du grand culde-sac, en passant au-devant des fibres à anses précédemment décrites, et meurent avant d’atteindre le sommet de la grosse tubérosité. — Enfin, celles des fibres longitudinales du duodénum qui se répandent sur les deux faces de l’estomac, disparaissent les unes après les autres à mesure qu’elles s’éloignent du pylore ; les plus longues, 9, n’arrivent pas jusqu’à la grosse tubérosité. Ces fibres ne forment qu’une couche incomplète; elles laissent très-bien voir les fibres subjacentes. — La couche des fibres circulaires du duodénum se continue sur la partie pylorique et sur la partie moyenne de l’estomac. Elle est formée par une série d'anneaux perpendiculaires au grand axe de l’estomac. Cachée par les fibres longitudinales au niveau du pylore et des deux courbures, cette couche, 10, est visible sur les deux faces de l’estomac, et devient même tout à fait superficielle en approchant de la grosse tubérosité. Bientôt elle se perd sous les fibres à anses et ne peut être suivie plus loin ; il est certain qu’elle ne se continue pas avec la couche des fibres circulaires de l’œsophage.

Fig. 2. Couche musculaire profonde. — Pour étudier cette couche, il faut enlever les fibres précédentes. Elle occupe toute la grosse tubérosité et la plus grande partie du reste de l’estomac. Elle est la continuation de la couche des fibres circulaires de l’œsophage.

I, t, 1, Couche des fibres superficielles; 2, fibres circulaires, constituant la couche musculaire profonde de l’œsophage. Au niveau du cardia, ces fibres, obligées de se prêter à la forme de l’organe, décrivent non plus des cercles, mais des ellipses, 3, qui embrassent obliquement le commencement de la petite courbure. Un peu plus loin, les fibres de cette couche n’embrassent plus la petite couibure à laquelle elles sont devenues parallèles, et se portent obliquement, 4, vers la grande courbure qu’elles atteignent non loin du pylore; puis elles contournent cette courbure et se continuent avec leurs homologues, sur la face opposée de l’estomac. Il résulte de là que ces dernières fibres ne forment ni des anses, ni des paraboles, mais des ellipses très-allongées ; car elles reviennent à leur point de départ. — C’est donc à tort (ju’on les désigne sous le nom de fibres à anses paraboliques. — Quelques faisceaux de fibres, 5, 5, provenant de la couche de fibres circulaires du côté opposé, passent sous la cravate de Suisse, et, s’infléchissant de gauche à droite, viennent se juxtaposer aux fibres précédentes. Malgré ce renfort, la couche profonde n’arrive pas jusqu’au petit cul-de-sac de l’estomac. A mesure qu’on les considère plus à gauche, les fibres que nous venons de décrire forment des ellipses moins allongées. Enfin, en approchant du sommet du "raïul cùl-de-sac, elles ne décrivent plus que des cercles concentriques, G. Là, ces fibres sont placées immédiatement au-dessous de la séreuse ; aussi les aperçoit-on sur la figure précédente. C’est parce que les autres fibres ne se prolongent pas jusque-là. Il n’existe donc qu’une seule couche musculaire sur le sommet de la grosse tubérosité.

Au-dessous de la couche musculaire précédente il n’y a pasd’autres fibres musculaires; elle repose iminé diateinent sur la tunique fibreuse de l’estomac, 7.

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