Explication des figures microscopiques
Une tunique cellulo-fibreuse, mince et assez résistante (VI, A), revêt exactement la couche corticale, pénètre dans les sillons vasculaires de la surface externe de la glande, et fournit par sa face profonde une multitude de pndongements (ibreux qui constituent pour ainsi dire le squelette de la substance corticale. Celle-ci leur doit sa solidité. Ils forment dans son épaisseur un stroma très-régulier, creusé de canalicules cylindriques, étroitement serrés les uns contre les autres, parfaitement parallèles entre eux, perpendiculaires à la surface de la glande, et s’étendant sans interruption et sansanastomoses depuis la tunique externe Jusqu’à la substance médullaire, où ils ne pénètrent pas (IV, C, C). Ils occupent ainsi, ni plus moins, toute l’épaisseur de la coui he corticale, qui leur doit son apparence striée, déjà visible à l’œil nu (111, A) ou au moins à la loupe, et bien plus manifeste encore sous un grossissement de 15 diamètres (V, A). Ces canalicules corticaux ont de 5 à G centièmes de millimètre de diamètre intérieur, ou environ 0““, 12, en y comprenant l’épaisseur de leurs parois. Entre les canalicules rampent les vaisseaux très-fins et très-nombreux , et les nerfs plus nombreux encore, de la substance corticale ; toutefois les canalicules sont assez intimement unis les uns avec les autres pour qu’il soit impossible de les isoler. Chaque canalicule, fermé à son extrémité externe, est ouvert à son extrémité interne, où il s’arrête brusquement au contact de la substance médullaire ; et, comme celle-ci est transparente sous le microscope, tandis que les canalicules sont opaques, il en résulte que sur les tranches parallèles à la direction des canalicules (fig. Vljonaperçoit, à l’union desdeux substances, une zone EE, dont l’aspect rappellecelui de la moelle de jonc. Cet aspect est dù à la terminaison des canalicules corticaux de la partie profonde de la préparation, canalicules masqués dans leur longueur par l’opacité des canalicules superficiels.
Les canalicules doivent leur (qiacité à leur contenu, et non à leur paroi ; ce contenu remplit exactement toute l’étendue des canalicules et peut en être expulsé par de furies pressions. En faisant agir le compresseur pendant que la préparation est placée sous un grossissement de 80 diamètres, on voit sortir des boyaux cylindriques qui se frayent un passage en déchirant la substance médullaire, dont ils se distinguent par leurmoindre transparence et parla nature de leurs éléments. L’expulsion de ces boyaux réussit surtout sur les glandes surrénales des nouveau-nés, lorsqu'on a eu soin de séparer préalablement la couche corticale delà couche médullaire-, on voit alors les boyaux sortir en grand nombre des extrémités internes des canalicules, se recourber aussitôt comme des serpents, et ceux qui viennent d’une seule pièce ont une longueur égale à l’épaisseur de la couche corticale. Chez l’adulte, les boyaux se brisent le plus souvent en plusieurs pièces, et l’on a pu croire que cette séparation était naturelle, ou qu’elle indiquait l’absence de membrane enveloppante; mais l’expérience faite sur les nouveau-nés montre que chaque boyau constitue un organe cylindrique, continu dans toute la longueur du canalicule correspondant, et comme il conserve exactement sa forme lorsqu’on le fait flotter dans l’eau, ou lorsqu’on le comprime, il est permis d’en conclure qu’il est revêtu d’une mince membrane.
Cette membrane devient d’ailleurs apparente sous des grossissements plus forts, quoiqu’elle ne soit jamais bien distincte. Sur la ligure VII, on voit en a un boyau d’une certaine largeur qui est sur le point de se diviser en deux fragments.
B en représente un autre contourné sur lui-même ; C, C, sont des fragments d’un troisième boyaîi. En plusieurs points, leurs contours paraissent limités par une paroi ; leur largeur est de 05 à 0'“">,0G ; ils sont formés par la réunion d’un grand nombre de cellules arrondies, étroitement pressées les unes contre les autres, larges de 0'"'“,0I2 à 0‘"“,0l5 et renfermant un contenu granuleux, assez opaque, qui ne permet pas de distinguer si elles possèdent un noyau. On aperçoit souvent dans les cellules, sous des grossissementsde 500 ùGOO diamètres, des granulations graisseuses et même des gouttes huileuses qui leur donnent, sauf la forme, quelque analogie avec les cellules du foie. Les cellules qui présentent cette altération sont ordinairement plus grandes que les autres, et peuvent atteindre jusqu’à 0'"">, 03 et même 0">“,ü4 de diamètre. On les rencontre dans les points où la couche coriicale présente, dans son épaisseur, de petites masses dures, jaunes, grosses comme des grains de mil, lésion singulière, très-commune et très-peu connue.
L’aspect des boyaux précédemment décrits rappelle d’une manière si frappante celui des culs-de-sac glandulaires qu’on eslauloriséà les considérer commeautantde petites glandes cylindriques logéesdans les canalicules de la couche corticale.
La structure de la substance médullaire est beaucoup plus simple. Sous les faibles grossissements, elle se montre sous la forme d’un champ finement grenu, sansaucune apparence de stries ni de libres (V, B, VI, D) ; sous les grossissements plus forts, on voit apparaître de petits globules (VII, U) qui enfin, à 300 diamètres, piésenlent tous les caractères des noyaux ^VIVJ, A). Ces noyaux, isolés sur la ligure IX, ont environ 0""“>,0()5 à 0“>“',00G ; ils sont munis de nucléoles. Autour d’eux existe une matière très-linenient granulée qui les cimente, et à laquelle la substance médullaire doit toute sa solidité, car c’est à peine si, de loin en hdn, on aperçoit de très-légères trainées d’un tissu cellulaire extrêmement fin qui accompagne vraisemblablement les vaisseaux. La matière anhiste qui unit les globules de la substance méilullaire se dissocie rapidement après la mort, et la substance médullaire se résout alors en un liquide visqueux où l’on trouve au microscope (fig. XI, 500 diamètres) ; les globules précédents, devenus libres ; A, des gouttelettes grais.seuses en quantité variable; B, des granulations moléculaires très-nombreuses, et enfin des globules de .sang qu’on a jugé inutile de représenter sur la figure, et qui proviennent de la ruptures des vaisseaux. Les alcalis, et plus spécialement l’ammoniaque, ont la propriété d’empêcher cette dissociation et de conserver très-longtemps la solidité de la substance médullaire. Il n’y a probablement aucun antre élément dans cette substance, qui rappelle jusiu'à un certain point la substance médullaire des glandes lymphatiques. J’ai cru apercevoir plusieurs fois, sur des piè.es qui avaietit macéré dans l’ammoniaque, quelques groupes de noyaux qui paraissaient renfermés dans de grandes cellules. J’ai représenté cette apparence sur la ligure X (500 diamètres) ; mais, u’ayanlrien vu de pareil sur des pièces fraîches, j’hésite à considérer ces amas de noyaux comme naturels.
La substance corticale reçoit une énorme quantité de filets nerveux que je n’ai pu suivre dans la substance médullaire.
Ces nerfs appartiennent iiu système du grand sympathique, et provientient principalement des ganglions semi-lunaires.
sru\cii\oiof.iE.
APPAREIL SURRÉNAL.
Fig.
LES GLANDES SERUÉNALES.
1 ET II. — Les surrénales en position avec leurs Talsseaux.
9 née de l’aorte au-dessous de l’orisi ne de la rénale; 10, artère rénale fournissant, 11, V artère suri'énale inferieure ;\\ a quelquefois plusieurs, et il n’est même pas rare de voir une artère émerger de la substance du rem pour se rendre au Inle de la glande surrénale ( voy. lig. IV. 5) ; t?, veine cave inférieure; 13. 13. veine renale coupee pour laisser voir 1 origine d’une artère surrénale aortique; 14, la grande veine surrénale, émergeant du bord interne de la glande, en allant se rendre dans le tronc de la veine rénale gauche. Cette grande veine surrénale est le seul vaisseau surrénal dont 1 existence et la situation soient tout à fait constantes. File est remarquable par son énorme volume, cinq ou six fois plus considérable que celui de toutes les artères surrénales réunies. D’autres veines beaucoup plus petites et très-variables dans leur situation, vont quelquefois se jeter soit dans la veine diaphragmatique inférieure, soit dans la branche de bifurcation supérieure de la veine rénale, près de son entrée dans le rein. . I I- .In
Fig. II. La surrénale droite. - A, face antérieure du rein droit ; D, face antérieure de la surrénale; C, excavation de sa
face inférieure ; D, son extrémité caudale. , .. . i ■
1, artère diaphragmatique inférieure, parvenue sur le côté droit du diaphragme, où elle fournit 2, 2, une ou plusieurs artères surrénales supérieures; artère surrénale moyenne provenant de l’aorte: elle peut manquer ou elre multiple;
4 artère rénale fournissant, 5,5,5, artères surrénales inférieures; G, veine cave inferieure; 7, grande veine sur-
rénale, émergeant du bord interne de la glande, et se jetant immédiatement dans la veine cave, a peu près comme le
fait la grande veine sus-hépatique à sa SOI tie du foie.
Fig III Les deux substances des glandes surrénales. Coupes verticales et antéro-postérieures pratiquées sur les deux surrénales d’un homme mort d’une fracture du crâne douze heures après l'accident. -- A, B, coupes pratiquées en deux points dilférents sur la surrénale droite; C, D, coupes pratiquées en deux points différents sur la surrénale gauche-,
K E E,E, coupe de l’excavation en forme de gouttière qui occupe la face inférieure des surrénales et qui reçoit 1 extreinilé supérieure du rein. La lèvre antérieure de la gouttière descend plus bas que la postérieure; la différence de niveau est ordinairement beaucoup plus grande sur la surrénale gauche que sur la droite.
substance corticale, ferme, dure et flexible, d’une teinte qui varie entre le jaune brun et le brun jaunâtre, offrant partout une épaisseur assez uniforme qui varie, suivant les divers sujets, de 1/2 à 2 millimèties. L épaisseur paraît quelquefois plus considérable, parce que les coupes sont plus ou moins obliques. A la loupe et quelquelois même à 1 œil nu (A), on aperçoit sur la coupe de la substance corticale des stries parallèles entre elles et peipendiculaires à la surface de
la glande. , , . ,
2, ’î, substance médullaire moins ferme que la précédente, d’une couleur plus foncée, d un brun légèrement rougeâtre, saris mél'aiige de jaune. Cette substance médullaire, interposée entre les deux couches de la substance corticale, envoie trois prolongements vers les bords de la glande ; elle forme moins du tiers de la masse totale de l’organe. Constituant partout une couche très-mince, elle n’acquiert quelque épaisseur qu’en un point situé dans l’axe de la glande, au-dessus de l’excavation longitudinale de la face inférieure. Là se trouve constamment le tronc de la grande veine surrénale, qui est coupée en travers sur la figure, et dont on aperçoit l’orifice béant, 3, 3. Ce tronc veineux ne possède que des parois excessivement minces ; presque réduit à sa membrane interne, il se rompt à la moindre violence, et les injections qidoii y pousse, s’extravasant presque toujours, déchirent la substance médullaire et creusent dans l’épaisseur de la glande une large cavité artificielle.
l.a substance médullaire se décompose avec la plus grande facilité, surtout chez les sujets qui ont succombé à de longues maladies. Pour en bien étudier les caractères, il est bon de choisir le cadavre d’un individu mort de mort violente et ouvert le plus tôt possible. Il suffit souvent de vingt-quatre heures pour qu’elle devienne tout à fait diffluente ; on trouve alors dans toute, l’étendue de la glande une cavité spacieuse, limitée de toutes parts par la substance corticale, et renfermant une petite quantité de liquide visqueux d’un brun plus ou moins foncé. Cette cavité, purement cadavérique, communique habituellement avec la grande veine surrénale, dont les parois se dissocient rapidementaprès la mort ; Bartholin l’a considérée comme une cavité naturelle, servant de réservoir â Vatrabile ou bile noire, humeur imaginaire qui jouait un rôle dans les théories des anciens. De là les noms de capsules atrabilaires et de capsules surrénales sous lesquels on désigne les glandes surrénales, noms absurdes qu’il est temps d’abandonner.
Fig. IV. Distribution des vaisseaux dans la surrénale gauche. — Cette pièce, la seule sur laquelle j’ai vu l’injection réussir sans rupture, a été prise sur le corps d’une jeune fille morte subitement pendant l’inhalation du chloroforme. L’injection a été faite par M. .Guyon. La surrénale gauche est vue en avant. La moitié antérieure de cet organe a été enlevée jusqu’au niveau du hile. A, bord interne de la surrénale ; B, son extrémité caudale ; C, C, les deux extrémités supérieures de la glande; D, la partie de la face inférieure qui est située en arrière du hile; E, veine rénale; F, extrémité supérieure du rein gauche.
Artères. — 1 artère surrénale supérieure, branche de la diaphragmatique inférieure. Elle fournit à peu près constamment un premier rameau, 2, qui pénètre dans l’extrémité caudale de la glande {voy. au^si fig. 11, D), puis cheminant de dehors en dedans le long du hile, elle va le plus souvent s’anastomoser en arcade avec l’artère surrénale moyenne, 3; de la convexité de cette arcade naissent plusieurs artères, 4, 4, qui pénètrent dans le hile. L’artère surrénale inférieure, branche de la rénale, s’anastomose souvent avec cette même arcade artérielle, qui n’est pas constante, mais qu’on trouve le plus ordinairement. Sur notre figure, l’artère surrénale inférieure émerge de la substance du rein, 5, et se divise en deux branches qui pénètrent isolément dans le hile. Outre ces artères du hile, on trouve fréquemment de petites artérioles émanant des mêmes sources, et pénétrant très-obliquement dans la glande après avoir cheminé dans les sillons de sa surface.
Veines. — La grande veine surrénale. G, reçoit presque tout le sang de la glande. A son point d’émergence, 7, elle est plus rapprochée de la face antérieure que de la face postérieure, et elle est même apparente en avant, au fond d’un sillon naturel, dans une étendue d’environ un cenliinetre. Dans ce trajet, elle reçoit habituellement une veine, 8, qui
T. S. V. D. ramène
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