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APPAREIL URINAIRE

sTui’cnuE Miciioscopiouii 1)1]

1“ Indicalion des figures et des grossissemetds.

l*'ig. I. Tranche parallèle à l’axe des pyramides. Mode d’imion de la substance corticale et de la substance médullaire, (’.ontinuilé dos tubes droits ou urinifères et des tubes lloxueux ou urinipares. Disiiositi< ii des capillaires (30 diamètres).

Fig. II. A et 15, deux tubes urinifères de la substance médullaire (80 diamètres).

Fig. lll. A, 15 et C, trois tubes de la même substance (230 diamètres).

Fig. IV et V. Un tube urinipare de la substance corticale: lig. IV, 80 diamètres; Ilg. V, 230 diamètres.

Fig. VI. Fragment de la paroi d’un tube de la substance corticale (.'jOO diamètres).

Fig. VU. Glomérules de Malpigbi; disposition des tubes urinipares autour de ces glomérules (80 diamètres).

Fig. VIll. Un glomérule isolé (230 diamètres).

Fig. IX. Un glomérule écrasé (300 diamètres).

2° Exposé de la structure du rein d’après les figures précédentes.

Il y a dans le rein deux éléments spéciaux, les glomérules de Mulpighi et les tubes glandulaires.

1“ Les glomérules, découverts par Malp'gbi au wii' siècle, et méconnus par tous ses successeurs jusqu’à une époque toute récente, n’existent que dans la sub>tance corticale. Ce sont de petits corps sphériques, à contours bien nets et bien réguliers, autour desquels s’enroulent à la fois les tubes glandulaires et les vaisseaux capillaires. On ne les étudie bien que sur les reins un peu anémiés et sur des tranches minces qu’on fait dégorger dans l’eau pendant une demi-heure avant de les examiner.Les vaisseaux qui entourent cl masquent les glomérules se vident, et les contours de ceux-ci deviennent parfaitement apparents. Cette précaution n’est pas indispensable, mais elle facilite beaucoup l’examen. On voit alors, avec une bonne loupe, et mieux encore sous un grossissement de 8o diamètres (lig. Vil, a) que les glomérules, beaucoup jilus transparents que les tubes glandulaires environnants, sont dessphèresà contours bien réguliers. Malpigbi les comparait à des œufs de poisson. Ils ont en général de 2 à 3 dixièmes de millimètre de diamètre. (Le glomérule rt, mesuré au micromètre, a 0"'“',21). Il en est de plus iieliis qui n’ont que ()»“", 1, d’autres peuvent s’élever jusqu’à O™'",''» et sont déjà visiblesà l’œil nu ; mais on peut se demander alors s’ils ne sont pas le siège de la dilatation pathologique qui est le prender degré de la formation des kystes multiples du rein. Il est bien démontré aujourd’hui que ces kystes, qui sont quelquefois innombrables, .sont dus à la dilatation des glomérules. Les glomérules sont limités par une membrane assez résistante, relativement très-épaisse, dont l'éiiaisseur varie de 0“’"*, OOC à 0“>“’,flt (lig. Ylll, a). Celle membrane, parfaitement transparente, est continue de toutes parts, et ne présente ni Irr us ni déchirures; on peut souvent isoler le glomérule avec la pointe d’une aiguille (fig. MH), et le faire rouler dans l’eau, eide quelque côté qu’on le tourne, on n’y aperçoit rucune trace d’un pédicule déchiré. Les glomérules ne sont donc en communication ni avec les vais-eaux ni avec les tubes glandulaires. Ce sont des boules creuses et isolées, des cavités closes comparables aux vésicules glandulaires du corps thyroïde. On les a considérés comme des dilatations ampullaires situées à l’origine des tubes, ou comme de simples lacis de vaisseaux pelotonnés ; et M. Bi vvman, en fusionnant ces deux opinions, a donné des glomérules une description que plusieurs auteurs éminents ont acceptée, mais dont je n’ai pu constater l'exactitude.

La membrane des glomérules est tapissée intérieurement d’une couche de cellules très-régulières (fig. VIII, b), dont les dimensions, assez uniformes dans chaque gh niérule, présentent des variations notables non-seulement chez les divers individus, mais encore dans les divers glomérules du même rein. Ces cellules sont en général comprises entre 0™‘",0I8 et 030. Lorsqu’un glomérule bien isolé est soumis à l’action du compresseur, sa paroi se rompt, et son contenu s’échappe en s’étalant d’une manière notable. La lig. IX présente l’aspect que prend alors le contenu du glomérule. C’est un amas de cellules qui renferment chacune plusieurs petits noyaux et dont les contours ne sont distincts que sur les bords de la préparation, où elles sont étalées en une seule couche. Plus en dedans, la superposition des cellules, et probablement aussi la ruptnre de leurs parois écrasées, ne permettent plus d’en apercevoir les contours.

Les glomérules ne sont pas disséminés au hasard dans la substance corticale. Ils sont groupés pour la plupart en séries presque régulières le long des petits vaisseaux qui traversent cette substance pour aller aboutir perpendiculairement à la surface du rein (voy. pl. 30, lig. I et lll).

2° Les tubes glandulaires, découverts également par Malpigbi, mais bien décrits pour la première fois par Ferrein (tubes de Ferrein), existent à la fois dans la substance corticale et dans la substance médullaire. C'est donc à tort que celle-ci a été dé.-<ignée spécialement sous le nom de subtances Inbuleme.

Les tubes glandulaires prennent naissance dans la substance corticale, autour des glomérules. Beaucoup d'auteurs les considèrent comme les conduits excréteurs des glomérules, unis je n’ai jamais pu constater cette communication. Au milieu des anses entrelacées que les tubes forment autour des glomérules (lig. VII, b,b\, j’ai vu souvent des extrémités en culs-de-sac, c, c, qui m’ont paru être la véritable origine des tubes. Je sais (|ii’un repli brusque peut simuler cette apparence, comme on le voit, par exemple, an point d ; néanmoins sur beaucoup de pièces l’origine en cul-de-sac m’a paru tout à fait évidente. Je pense donc que les tubes, étroitement enlacés autour des glomérules, y puisent par endosmose une partie des matériaux de l’urine; mais ils ne se bornent point sans doute à excréter ces matériaux, et les innombrables flexuosités qu’ils décrivent au sein d’un riche lacis vascubiire, avant de s’engager dans la substance médullaire, permettent de les considérer aussi comme des organes de sécrétion, et de leur conserver le nom de tubes urinipares . On les nomme encore tubes corticaux, à cause de leur siège, ou tubes flexueux, à cause de leur disposition.

Le nombre des tubes corticaux est-il égal ou supérieur à celui des glomérules? La question ne me semble pas résolue. J’ai cru voir à diverses reprises deux tubes naître autour d’un seul glomérule, et j’en ai vu d’autres qiii paraissaient naître en cul-de-sac à une distance assez notable du glomérule le plus rapproché. Mais cela pourrait déiiendre d’un accident de la préparation, et je n’ose rien affirmer à cet égard. Les tubes flexueux ne s’anastomosent point entre eux dans l’épaisseur de la substance corticale, si ce n’e.-t quelquefois au moment de [)énétrer dans la substance médullairei Parvenus à la périphérie de cette dernière substance, ils se redressent tout à coup pour se diriger presque en ligne droite, et parallèlement à leurs voisins, vers la papille de la pyramide correspondante. La lig. I, grossie Irentc fois, montre cette disposition, ün voit les tubes corticaux a, a, se redresser à peu près tous an meme niveau, b, b, et cheminer ensuite côte à côte dan.s la substance médullaire. Les vaisseaux capillaires se comportent de la même manière; contournés et entrelacés dans la couche corticale hh, ils se redressent pour pénétrer dans la pyramide de Malpigbi, où ils descendent, f, f, parallèlement aux tube.® glandulaires, en formant par leurs anastomoses des iii.ailles trè.s-alloi gep.s, g. Les tubes de la substance médullaire, ou tubes droits, portent encore le nom de tabe^; urinifères. Sans prétendre (lu’ds soient tout à fait éiranger.s à la sécrétion de l’urine, on peut dire qu’ils sont principalement destinés à excréter ce liquide, dont ils retardent d’ailleurs la marche, comme on le verra tout à l’heure, en lui opposant des voies de (jIus en plus étroites.

Près de leur origine, c’est-à-dire autour des glomérules, les tubes ont pour la plupart de 0'»m^i)7 Qmm^o8. 11 en est de plus petits, et l’on en trouve qui ont seulement 0"'m,04 ; mais c’est l’exception. Chaque tube cortical conserve son calibre dans toute l’étendue de ses flexuosités. Fn passant dans la substance médullaire, c’est-à-dire en se redressant, les tubes com-

ï. S. V. P. mencent

{Snilc lie l c.r/ilicatiun de lu planche 4ü.)

mcr.ccMl liéjii à se réliécir, et n’ont plus que de 0"'“,0o à 0“'‘'SOG de diaruèlre ; un peu plus loin ils se rétrécissent encore, et à partir du milieu de la pyramide, à côté de quelques tubes de ()n'™,05, on en trouve un grande nombre dont le calibre descend à 0“"',026 et meme à 0“™,02, la plupart ayant de O'“™,03 à Vers la base du mamelon les conduits

s’élargissent d’une manière notable, ils acquièrent ü““,0S, puis 0““>,I2 ; et enfin, au moment de s’ouvrir dans le calice, quelques-uns s’élèvent jusqu'à ce qui permet d’apercevoir à l’œil nu, ou au moins à la loupe, une partie des orifices

dont est criblée la surface de la papille. Le cabbre des tubes urinifères va donc en diminuant depuis la substance corticale jusqu’à la base du mamelon ; il s’accroît dans l’épaisseur de celui-ci, mais les voies de l’urine ne sont pas élargies pour cela, parce que le nombre des canaux urinifères est infiniment moindre dans le mamelon qu’à la base de la pyramide deMalpighi. Cette réduction du nombre des tubes est le résultat des anastomoses par convergence qui s’effectuent dans toute l’élendue de la pyramide. On voit sans cesse deux tubes voisins s’aboucher obliquement l’un dans l’autre, et produire par leur fusion un tube unique qui est quelquefois un peu plus gros que chacun d’eux (fig. I, c), mais qui plus souvent reste tout aussi petit (fig. 1, d). Il existe aussi de loin en loin des anastomoses obliques, e, faisant communiquer deux tubes, qui continuent ensuite leur marche. Le nombre des tubes va donc toujours en diminuant, et l’on a calculé qu’il y en a deux cents fois plus à la base des pyramides de Malpighi qu’à leur sommet.

La structure des tubes glandulaires est à peu près la meme dans les deux substances. Les figures II à VI en donneront une idée suffisante. Ils se compo.--ent d’une membrane anhiste revêtue intérieurement d’un épithélium principalement nucléaire. Les noyaux ne forment pas une couche cuntinue, ils sont séparés par des intervalles où l’on n’aperçoit que des granulations. Le volume de ces noyaux, variant de 0“'“,Ü0S à ü’”'",!)!, n’est nullement en rapport avec le calibre des tubes. Les tubes les plus petits ont des noyaux aussi gros que les tubes les plus volumineux. Comparez la fig. III, B, représentant un tube médullaire de 0“'“>,025 de diamètre, avec la fig. V, représentant sous le même grossissement de 230 fuis un tube cortical de 0“'“,07 de diamètre. La plupart des noyaux paraissent libres, c’est-à-dire non inclus dans des cellules. Toutefois, sous de forts grossissements, on aperçoit autour de certains noyaux un contour concentrique qui paraît con>titucr une paroi de cellule (fig. VI, «)• Ces cellules, lorsqu’elles existent, sont à peu près deux fois plus larges que leurs noyaux. La fig. VI, grossie 500 fois, représente un fragment de la paroi d’un tube cortical, étudié à l’extrémité irrégulièrement déchirée de ce tube. Pour bien étudier ces parois, il faudrait pouvoir les étaler à plat après avoir fendu le tube suivant sa largeur. Celte manœuvre est évidemment impossible, mais en déchirant au hasard avec une aiguille les tubes d’une pyramide, on en trouve ordinairement quelqu’un à l’extrémité duquel est appendu un lambeau de paroi semblable à celui qui e.st représenté sur la fig. VI.

Après avoir décrit les éléments microscopiques du tissu rénal, nous allons les étudier dans leurs rapports avec les détails déstructuré que l’on peut apercevoir à l’œil nu dans les deux substances du rein.

10 Substance corticale. — On a vu sur la fig. I de la pl. 39 que cette substance, examinée sur des coupes fraîches, présente un très-grand nombre de stries rouges qui, dans les couches superficielles, sont perpendiculaires à la surface du rein, et la fig. 111 de la même planche a montré que ces stries sont formées par des vaisseaux. Ceux-ci constituent les dernières ramifications visibles à l’œil nu -, ils ont une direction rectiligne, et les glomérules sont groupés sur leur trajet en séries assez régulières. Chacun de ces vaisseaux, artérioles ou veinules, fournit un grand nombre de capillaires qui aussitôt se replient et se contournent ; les uns s’enroulent et forment un petit peloton autour de chaque gloméruie, les autres vont former des mailles anastomotiques sur le trajet flexueux des tubes urinipares. Ainsi, chaque strie de la substance corticale est constituée par un vaisseau central, le long duquel on trouve une série de glomérules. Lorsqu’on étudie ces stries dans la portion profonde de leur trajet, on voit qu elles aboutissent à la surface des pyramides de Malpighi, et qu’elles paraissent, au moins quant à leur direction, faire suite aux stries radiées de ces pyramides.

2® Substance médullaire., ou pyramides de Malpighi, — Le nom de pyramides., consacré par l’usage, ne doit pas faire oublier que les amas de substance médullaire ont des contours arrondis, et mériteraient plus exactement le nom de cônes. La même remarque est applicable aux pyramides de Ferrein, dont nous allons parler.

L"s pyramides de Malpighi, sur les coupes qui les traversent suivant leur axe, présentent la forme d’un éventail dont les branches très-nombreuses convergent à angle très-aigu vers le mamelon (pl. 39, fig. F. La substance médullaire parait donc composée de stries légèrement radiées qui se manifestent sur la coupe sous la forme d’autant de petits triangles isocèles trèsaigus, aboutissant au mamelon par leur extrémité effilée, et à la pciiphérie de la pyramide de Malpighi par leur base, dont la largeur est d’environ un millimètre. Les petits sillons longitudinaux qui séparent ces stries sont occupés par des artérioles et des veinules visibles à l’œil nu sur les reins congestionnés ou injectés.

11 en résulte que la substance médullaire semble au premier coup d’œil composée de fibres radiées. Prises pour des fibres par les anciens, ces stries furent considérées par Bellini comme des tubes simples, et portèrent le nom de tubes de Bellini jusqu’à ce que Ferrein eût démontré que chacune d’elles est un faisceau composé d’un grand nombre de tubes microscopiques. Les prélendus tubes de Bellini ont depuis lors pris le nom de pyramides secondaires ou de Ferrein.

Les pyramides de Ferrein, dont on évalue le nombre à environ 400 pour une pyramide de Malpighi de moyen volume, sont étroitement accolées les unes contre les autres dans toute leur longueur, excepté à leur grosse extrémité, qui est large d’un millimètre environ, et qui aboutit à la substance corticale. Là elles s’écartent légèrement dans une étendue d’un demi à 2 millimètres, et chacune d’elles pénètre dans la substance corticale, séparée de ses voisines par les petits prolongements de cette substance. Dans le reste de leur trajet elles ne se laissent isoler que très-difficilement; et dans le mamelon elles sont si étroitemunt unies, qu’on ne peut plus du tout les séparer, ni même les distinguer nettement. Je n’ose affirmer que les pyramides secondaires soient, comme on l a dit, tout à fait indépendantes les unes des autres. Il m’a paru voir plusieurs fois quelques tubes urinifères se séparer obliquement du faisceau dont ils faisaient partie pour aller s’anastomoser par convergence avec les tubes d’une pyramide adjacente. Chaque pyramide de Ferrein, examinée à sa base, c’est-àdire là où elle s’isole pour pénéirer dans la substance corticale, paraît constituée par l’ensemble des tubes qui proviennent de l’un des groupes de glomérules de cette dernière substance, et nous avons déjà dit effectivement que ces glomérules sont disposés en séries à peu près linéaires le long des vaisseaux radiés qui semblent prolonger dans la couche corticale les axes des pyramides de Ferrein. En cnnsidéranl donc comme un a])pareil partiel chaque série de glomérules avec les tubes urinipares correspondants, on peut regarder chaque pyramide de Ferrein comme l’ensemble des conduits excréteurs de ce petit appareil.

Toutes les pyramides de Ferrein présentent assez exactement partout le même volume, quel que soit celui de la pyramide de Malpighi dont elles font parlie. On évalue que chacune d’elles renferme à sa base environ 200 tubes urinifères. (le nombre, comme on l’a vu, diminue continuellement de la base au sommet des pyramides de Ferrein, et il ne serait pas impossible qu’en approchant de la surface du mamelon, chacune d’elles se réduisit à un seul conduit e.xcréteur. On remarque du moins que sur les coupes trans\ersales du mamelon le nombre des trous est à peu près égal au nombre des pyramides secondaires qui y aboutissent, soit environ 400 pour une pyramide de Malpighi de moyen volume. Ainsi s’explique peut être l’erreur de Bellini, qui considérait chaque pyramide de Ferrein comme un tube unique.

Si maintenant on voulait comparer le rein aux glandes en grappe, et chercher, dans sa structure toute spéciale, la partie élémentaire qui représente un lobule glandulaire, on trouveiait que chacun de ces lobules idéaux se composerait : 1° d’un groupe de glomérules; 2® d’environ 200 tubes glandulaires nés autour de ces glomérules, d’abord très-llexueux', puis redressés, et formant alors une iiyramidc de Ferrein qui irait s’ouvrir dans le calice par l’un des orifices du mamelon!

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