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Lbcoo, l'Eau sur le Plateau Central de la France, p

peu de disUDce du lac (lacs de Montriond, de CfauUexoD, des HOpitaux d'aval, d'Aydat). Au coolraire, pour d'autres lacs (Sylaus, Hôpitaux d'amont), les deux émissaires se dirigent vers des régions très différentes. Ainsi l'émissaire superficiel du lac de Sylans se jette dans la Semine, qui est un affluent de la Valserine et fait partie du bassin du Rhône ; l'émissaire sous-lacustre va former la source de NeyroUes, qui est un affluent du lac de IVantua et fait partie du bassin de l'Ain. Le lac des Hôpitaux d'amont appartient de même au premier de ces

FiG. 48. — Lac il"Allcs(Basscs-Alpcs). et, dans le Tond, les Grandes-Tours.

(D'après uqd phoiogmphic de M. A. Salles.)

deux bassina par son émissaire superficiel, qui est tributaire du lac des Hôpitaux d'aval et du Furans, et au second par son émissaire sous-lacustre qui va rejoindre l'Albarine.

Il est intéressant de remarquer qu'il suffirait d'un très faible changement soit dans le régime de l'alimentation, soit dans celui de l'écoulement sous-lacustre, pour donner à certains lacs un déversoir aérien dont ils sont actuellement privés.

Ainsi le point le plus bas de la crête qui entoure le lac d'Issarlès est à quelques mètres seulement au-dessus du lac. Si le climat devenait légèrement plus pluvieux, si une source un peu abondante venait à être détournée dans le bassin du lac, ou bien encore si, par suite d'uneobslruclion, l'écoulement sous-lacustre devenait plus

difficile, le niveau du lac s'élèverait assez pour atteindre ce point bas, et un déversèment se produirait. Il en est de même au lac de Lovitel, où le point bas de la crête n'est qu'à 7 mètres au-dessus des plus hautes eaux*.

Toutefois, il est probable que c'est la circonstance inverse qui se produit et que certains lacs, qui à présent n'ont qu'un écoulement sous-lacustre, possédaient autrefois un déversoir aérien. Car, d'une part, vers la fin de la période glaciaire, beaucoup de lacs de montagne étaient alimentés par des glaciers en voie de fusion, qui leur envoyaient une quantité d'eau bien supérieure à celle qu'ils reçoivent aujourd'hui; les canaux souterrains devaient être souvent insuffisants pour débiter une pareille masse liquide, et le niveau du lac s'élevait jusqu'à ce qu'il pût se déverser par un point bas de la crête qui l'entourait; d'autre part, les émissaires sous-lacustres ont, en général, comme nous le verrons plus loin^ une tendance à élargir les canaux par lesquels ils s'écoulent; il en résulte que la section de ces canaux était probablement moindre autrefois qu'aujourd'hui. 11 semble bien, par exemple, que le lacd'AUos (fig. 48) ait eu dans les temps anciens un et même deux déversoirs ; car, à 35 mètres au-dessus du niveau des hautes eaux^ on trouve deux cols (col du Chemin à l'est et col de Chadoulin à l'ouest) à chacun desquels s'amorce un ravin, du côté opposé au lac. Ces deux ravins, dont le mieux conservé est celui du col de Chadoulin, sont à présent à sec, et l'on ne peut expliquer leur formation qu'en supposant qu'ils ont été creusés par un émissaire superficiel du lac, lorsque celui-ci était plus élevé qu'aujourd'hui d'environ 35 mètres.

C. — RECHERCHE DU POINT D'ÉMERGENCE DES ÉMISSAIHËS SOUS-LACUSTRES ET DES ÉMISSAIRES SUPERFICIELS QUI DEVIENNENT SOUTERRAINS

Il est intéressant de chercher le point d'émergence soit des émissaires souslacustres, soit des émissaires superficiels qui s'engouffrent après un faible trajet et qui deviennent souterrains. Cette recherche est quelquefois très facile ; lorsque, par exemple, une source jaillit ^ur le talus extérieur du barrage qui soutient le lac, et en contre-bas du niveau de celui-ci, on ne risque guère de se tromper en supposant qu'elle est alimentée par les eaux du lac. Ainsi, nous avons vu ^ que les eaux des lacs d'Issarlès, de Sylans, de Lovitel et de Chaillexon reparaissaient sous forme de sources après un court voyage souterrain. Les eaux du lac de Montriond, qui s'infiltrent à travers une digue d'éboulis, revoient le jour quelques centaines de mètres plus loin^ dans le lit de l'émissaire superficiel qui est souvent à sec. Celles du lac

1 . D'après un nivellement que M. Lafay, conducteur des ponts et chaussées au Bourg-d'Oisans, a bien voulu exécuter sur ma demande.

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