‹ Atlas des lacs françaisChapitre 129 sur 360 · LAC D · texte numérisé non relu

LAC D

BSTOM

LAC DOO

(altitude

S60 MÈTRR8).

(altitude 1 profondeur

(altitude 1500 MJtTRBS).

PROFONDEUR

PROFONDEUR

mesurée

mesurée

mesurée

"on métros.

5 septembre.

on mètres.

11 juillet.

en mètres.

24 juillet.

Degr^'K.

Degrés.

Degrés.

tt

TEMPÉRATURES DES LACS. 147

m. — Répartition des températures dans un même lac.

Dans le deuxième volume de son Léman\ M, Forel a exposé d'une façon très complète les règles générales qui président à la distribution des températures dans les lacs.

Ces règles découlent toutes de la loi fondamentale en vertu de laquelle le maximum de densité de Teau a lieu à la température de 4^*. Il résulte de cette loi que la température d'un lac suit la marche générale suivante; pendant une moitié de l'année (printemps et été), la surface du lac se réchauffe; mais, à cause de la faible conductibilité de l'eau, la chaleur ne pénètre que lentement et très peu dans les profondeurs; l'eau réchauffée, diminuant de densité, se tient à la surface, et les couches basses restent froides. Pendant la seconde moitié de l'année (automne et hiver), les eaux de surface se refroidissent et, devenues plus lourdes que les couches sous-jacentes, elles tombent dans les profondeurs. Par suite de ce refroidissement, il peut arriver que toute la masse du lac parvienne à la température de 4^. Â partir de ce moment, les eaux de surface, en continuant à se refroidir, cesseront de tomber, car elles deviendront plus légères que les eaux profondes.

Un simple coup d'oeil jeté sur les tableaux qui précèdent montre immédiatement que les températures élevées sont localisées à la surface. Ainsi, si l'on excepte la station de Chillon où, comme nous le verrons plus loin, intervient une cause particulière de réchauffement, la température du lac de Genève, à la profondeur de 100 mètres, n'a jamais été trouvée supérieure à 6*^ pendant quinze années d'observations. Au lac d'Annecy, cette température de 6^ n'a pas été rencontrée au-dessous de la couche de 30 mètres ; au lac du Bourget, où les observations sont, il est vrai, moins nombreuses qu'aux lacs d'Annecy et de Genève, elle ne parait pas atteindre la couche de 50 mètres. Quant à la température du fond du lac de Genève, prise à la profondeur de 300 à 310 mètres, elle a, pendant les quinze années d'observations, varié entre les limites 4^ et 5^,3, ce qui fait un écart de 1^,3.

On voit encore que, pendant l'été et l'automne, le passage des couches chaudes aux couches froides se fait d'une manière très brusque. La variation peut atteindre,

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2. En réalité, le maximum n'a pas lieu exactement à 4«. Il n'a pas lieu à la même température pour tous les lacs, à cause de la différence de la composition de leurs eaux. Néanmoins, comme les écarts les plus grands ne paraissent pas dépasser 2 à 3 dixièmes de degré, j'adopterai partout, pour la commodité du raisonnement, la température de 4® comme étant celle du maximum de densité dans tous les lacs d'eau douce.

3. Voir, dans l'excellent chapitre du Léman de M. Forel qui traite de la Thermique, les allures do la variation de température au fond du lac de Genève.

et même dépasser, 3^ à 4^ par mètre, comme on le voit dans les sondages du 9 août 1891 au lac de Paladru (19*^,4 à 9 mètres, 14^,8 à 10 mètres), dans ceux du 19 août 1893 au lac d'Aiguebelette (20^ à 7~,50, 16^4 à 8™,50) et dans ceux du 14 août 1894 au lac de Genève (18S35à 13 mètres, 14^9à 14 mètres)*. Cette brusque variation explique pourquoi deux sondages thermo m étriqués faits à quelques minutes d'intervalle à la limite de la région chaude et de la région froide donnent en général des résultats différents (sondages du 29 juillet 1890 au lac d'Annecy, aux profondeurs de 12 et de 15 mètres, du 26 août 1891 au lac d'Aiguebelette, à la profondeur de 10 mètres). Il est presque impossible de descendre deux fois de suite le thermomètre exactement à la même profondeur, et une légère variation dans la position de celui-ci provoque une différence de température relativement considérable.

Celte couche de passage entre les couches chaudes et les couches froides a été appelée très justement Sprungschicht ^ ou couche du saut, par les auteurs allemands. Elle a été très bien étudiée par M. Richter^ par MM. Hergesell et Langenbeck% par M. Forel*. Elle correspond à la limite à laquelle se font sentir les actions de réchauffement et de refroidissement journaliers. Elle est très nettement marquée surtout en été et en automne, et, en général, elle ne descend pas au-dessous de la profondeur de 20 mètres.

Toutes les mesures consignées dans les tableaux ci-dessus ont été, sauf au lac de Genève, prises au-dessus de la plaine centrale, c'est-à-dire dans la région où le lac est en général le plus profond. Cette remarque est importante à faire. Nous verrons en effet tout à l'heure que la température n'^est pas la même sur toute l'étendue d'une même couche horizontale; les affluents et surtout les courants peuvent produire des différences importantes soit dans les températures superficielles, soit dans les températures profondes; de plus, à la surface, les écarts entre les températures extrêmes sont, dans le même lac, d'autant plus grands que la profondeur est plus faible. Toutefois, nous pouvons dire dès à présent que, dans les petits lacs où les courants sont peu intenses, la température paraît être sensiblement la même dans une même couche horizontale, dès qu'on s'éloigne du rivage et de l'embouchure des affluents; en d'autres termes, les surfaces isothermes sont à peu près des plans horizontaux. Les deux séries suivantes mettent ce fait en évidence dans le lac d'Aiguebelette; les deux régions du lac où les mesures ont été prises sont éloignées d'environ 1500 mètres.

\ . M. Richter a constaté, le 5 septembre 1890, une variation de 6<>,7 par mètre au Wôrthersee (19^,2 à 10 mètres et 12*',o à 11 mètres.) [Richter, die Temperaturverhâltnisse der Alpenseen {VerhandL des U. Geographentages in Wien, 1891, p. 193).]

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