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TEMPÉRATURES DES LACS. 167

des variations d'autant moins grandes que cette région est plus profonde. On comprend donc très bien que, dans un même lac, la région située au-dessus de la plaine centrale soit du type tropical, tandis que les parties plus voisines des bords appartiennent au type tempéré.

Cherchons à répartir les lacs français dans les trois groupes en question.

l^ LACS DU TYPE TROPICAL

A Texception des nombreux étangs d'eau salée du littoral méditerranéen, dont le régime thermique n'a d'ailleurs guère été étudié, les lacs du type tropical paraissent être très peu nombreux en France. Je n'en connais qu'un seul au sujet duquel il ne puisse s'élever aucun doute : c'est le lac de Genève.

Au-dessus de la plaine centrale de ce dernier, entre Ëvian et Ouchy, jamais, d'après les mesures faites depuis 1879, soit par M. Forel, soit par moi-même, la température de la surface n'est descendue au-dessous de 4^. Cependant, à la fin du grand hiver 1890-91, il s'en est fallu de bien peu que cette limite ne fût atteinte. Le sondage fait par M. Forel, le 21 février 1891, montre que, ce jour-là, la température était de 4^,4 à la surface, de 4^,2 à 10 mètres et que, à partir de 20 mètres, toute la masse du lac était à 4'',1. Si la température de l'atmosphère ne c'était pas radoucie au commencement de mars, on aurait peut-être assisté à la congélation du lac entre Évian et Ouchy, phénomène sans précédent dans l'histoire.

La série des températures que j'ai prises le 2 avril 1891 montre d'ailleurs qu'à cette époque le lac ne s'était encore que très peu réchauffé ; ce jour-là la température était à la surface de 4'', 6; mais, à partir de 10 mètres jusqu'à 150 mètres, toute la masse du lac était à 4'',2.

J'ai même, dans la matinée du 2 avril, constaté au-dessus de la plaine centrale une température de 4^,1, due probablement à un rayonnement nocturne intense.

Mais, pendant cet hiver rigoureux de 1890-91, la température de la surface du Petit Lac et du Haut Lac, moins profonds que la partie comprise entre Ëvian et Ouchy, est descendue au-dessous de 4° et des congélations partielles se sont produites sous forme de radeaux de glace.

De tout ce qui précède on peut conclure que, au-dessus de la plaine centrale, la limite inférieure de la température superficielle du lac de Genève est 4** et que cette limite n'est atteinte que dans les hivers exceptionnellement froids. Le lac est donc bien du type tropical dans la région de plus grande profondeur. Quant à la limite supérieure, elle paraît être de 24*^, d'après les observations de M. Forel et les miennes.

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