BASSIN DE LA TET
Les nombreux petits lacs de Carença et de Nohèdes.
Ces lacs comprennent d'abord quelques étangs sans importance sur les côtes du Finistère et du Morbihan; puis le lac, très étendu, mais très peu profond, de Grandlieu, dans la Loire-Inférieure; ensuite la longue série des nappes d'eau du littoral landais, dans les départements de la Gironde et des Landes, dont quelques-unes, assez improprement désignées comme étangs sur les caries, sont très vastes, quoique pas très profondes. Citons les lacs d'Hourtin, de Lacanau, de Cazaux, de Parentis, d'Aureilhan, de Léon et de Soustons; enfin, dans le département des Basses-Pyrénées, trois petits lacs : ceux de Mouriscot, de Marion et de Brindos, dans la région qu'on appelle sous-pyrénéenne. Si l'on fait abstraction de l'étang de Berre et des grandes lagunes de la côte méditerranéenne, les lacs d'Hourtin et de Cazaux sont, après le Léman, les plus étendus du territoire français; mais leur profondeur n'est pas en rapport avec leur superficie.
A l'exception des trois lacs de la région sous-pyrénéenne et du lac de Grandlieu, tous les lacs du littoral atlantique se trouvent derrière un cordon littoral, une levée de galets, ou un rempart de dunes.
Vn. — Lacs du littoral méditerranéen.
La plupart de ces lacs, ou, comme on les appelle en général, de ces étangs, n'appartiennent pas, à proprement parler, au monde lacustre. Si Ton excepte en effet ceux d'Entressens et de Dézeaumes, situés sur le plateau de la Crau, et ceux deMeyranne et du Comte, relégués, aux environs d'Arles, dans deux petites dépressions qui entaillent ce plateau, presque tous les étangs du littoral méditerranéen sont en communication avec la mer. Mais l'ouverture par laquelle se fait cette communication, et qui, lorsqu'elle est percée à travers un cordon littoral, est désignée sous le nom de grau, est tellement étroite que, en réalité, ces étangs sont, topographiquemenl, à peu près séparés de la Méditerranée. Il est vrai que le plus important d'entre eux, l'étang de Berre, tout à fait différent de ses voisins de l'ouest, ne débouche pas dans la mer au moyen d'un grau; mais la passe rocheuse de Martigues, qui le relie à la mer, est également très étroite, et l'étang de Berre constitue un bassin presque entièrement fermé. Il est donc rationnel de parler de
ces nappes d'eau dans une étude générale des lacs, quoiqu'elles aient encore une attache avec le monde maritime.
Ces étangs sont répartis sur la carte d'une manière extrêmement capricieuse. Quelques-uns, comme ceux de Saint-Nazaire, de Leucate, de Thau, de Berre, ont en quelque sorte une individualité bien établie; d'autres, au contraire, comme ceux des environs d'Aigues-Mortes ou de la Camargue, ne sont que les compartiments d'une même nappe d'eau que les atterrissements ont divisée à l'infini. Certains d'entre eux ont des ramifications compliquées; ainsi Tétang du Doul, qui n'est qu'un golfe de l'étang de Bages, n'est rattaché à ce dernier que par un chenal contourné; il se trouve dans une cavité cratérîforme presque entièrement fermée; cette cavité n'a d'issue que par une passe large de loO mètres tout au plus, qui s'ouvre vers les salines de Peyriac, dans une direction opposée à celle de l'étang de Bages*.
Citons, parmi les principaux, les étangs de Saint-Nazaire, de Leucate ou de Salses, de la Palme, de Bages ou de Sijean, l'étang de Thau, un des plus vastes et le plus profond du littoral, l'étang de Mauguio ou de l'Or, l'étang de Scamandre ou des Iscles, le grand étang de Valcarès, appelé aussi Pichoto Mar (petite mer), les deux étangs de Dézeaumes et d'Entressens, dans la Crau ; l'étang de Berre, le plus vaste du littoral, et ses satellites, parmi lesquels je citerai les étangs de l'Olivier, de Lavalduc, d'Engrenier et de l'Estomac; enfin l'étang des Pesquiers, qui sépare la presqu'île de Giens du continent.
Remarquons que les étangs de Berre, de Valcarès et de Thau sont, après le lac de Genève, les nappes d'eau les plus vastes de la France.
vm. — Lacs des autres régions du territoire firancais.
Les autres lacs du territoire français sont en général peu importants. Je citerai :
Sur le plateau des Landes : les innombrables petits lacs ou lagunes*, dont les plus importantes sont celles : de la Laguë, près de Lavardac, de Troupins, près de Guillos, du Château et de la Hucau, près de Saint-Magne, de Rouqueyre et de la Grande Téchoueyre, près Saint-Symphorien, etc.
Ba?is le Gard : l'étang de la Capelle.
En Provence : les lacs de Tourves, de Besse^, de Gavoti, Redon, de Gonf aron, du Grand et du Petit Lautien, dans les environs de Brignoles.
Dans la Sologne : le lac de Soings, entre Blois et Romorantin.