‹ Atlas des lacs françaisChapitre 195 sur 360 · C. — ACTIONS d'ordre PHYSIQUE · texte numérisé non relu

C. — ACTIONS d'ordre PHYSIQUE

Si Ton chauffe une des extrémités d'un tube renfermant une dissolution saline primitivement homogène, les sels tendent à se concentrer dans la partie froide aux dépens de la partie chaude. M. Ch. Soret a fait de nombreuses et très intéressantes expériences à ce sujets Or la cuvette d'un lac tant soit peu profond est maintenue dans sa partie inférieure à une température sensiblement constante, qui ne s'élève guère au-dessus de 4^, tandis que la partie superficielle reçoit la chaleur solaire. Le phénomène étudié par M. Soret parait donc devoir se produire au sein des lacs; toutefois il ne saurait rendre compte des écarts considérables observés. En effet, l'on démontre^ que, si Ton appelle t et /' les températures de la région chaude et de la région froide du tube, le titre de l'eau de la première région doit être à celui de l'eau de la seconde comme le nombre 273 + ^ ®st au nombre 273 + U ou, pour employer le langage des physiciens, le rapport des deux titres doit être égal au rapport inverse des températures absolues; les expériences de M. Soret confirment d'ailleurs ce que la théorie fait prévoir. Or, pour les lacs où les écarts ont été signalés, t, température de la partie froide, ne descend pas en été au-dessous de 4^;

/', température de la partie chaude, ne dépasse pas 25^; le rapport devient donc

= — — environ. Or, nous avons vu^ que ce rapport peut descendre

jusqu'à la valeur -. Les variations observées tiennent donc encore à une autre cause;

toutefois il paraît certain que, par suite de la différence des températures, les eaux profondes ont une tendance à se concentrer légèrement aux dépens des eaux de la surface^

d, — ACTIONS d'ordre PHYSIOLOGIQUE

La vie organique a sur la composition de l'eau des lacs une influence certaine. Les diatomées doivent absorber de la silice pour construire leur carapace; les squelettes des poissons ne peuvent prendre qu'à l'eau le carbonate de chaux qu'ils renferment; les algues incrustantes fixent aussi une quantité de ce dernier sel qui paraît être considérable. Ces actions physiologiques sont vraisemblablement plus énergiques dans les eaux chaudes que dans les eaux froides, et l'appauvrissement en silice et carbonate de chaux de l'eau des lacs dans la zone superficielle se trouverait ainsi assez bien expliqué. Le fait, vérifié au lac de Nantua, que, pendant l'hiver, saisçn où la vie organique est à peu près suspendue, Tuniformité de la composition persiste à partir du moment où elle s'est réalisée sous l'influence de la

1. Ch. Soret, Arch. S. P. N. G., 3« période, II, p. 48, 4879, IV, p. 209, i880, et Xll, p. 615, 4884.

2. Van t'Hoff, Zeisichrift fur physikclische ChmiCy I, p. 488, 1887.

Page 1