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manière frappante que sur les petits lacs ou les courants sont peu énergiques et où les couches superficielles restent distinctes des couches profondes (lacs de Nantua, d'Aiguebelette, de Remoray et même de Saint-Point S malgré la forme allongée et Torientation de ce dernier). Au contraire, sur les grands lacs où les eaux de surface et des profondeurs sont perpétuellement mélangées, les écarts que nous observons sont beaucoup plus réduits. Ainsi, pour les lacs d'Annecy et du Bourget, qui renferment pourtant un excès de carbonate de chaux, ils n'atteignent respectivement que 0^^,022 et 0s'',0i4. Quant au lac de Genève, l'écart maximum n'est que de 0?^02; d*ailleurs, outre qu'il est le siège de courants très intenses, ce lac renferme moins de carbonate de chaux que les autres (0«%06àOKr,07).
Ainsi que je l'ai dit plus haut', j'ai trouvé, dans toutes mes recherches, que l'eau de l'émissaire avait une composition analogue à celle de la surface; cette eau n'est donc pas toujours, comme on l'a prétendu, la résultante des eaux des diverses régions du lac. Par les jours calmes, l'eau de l'émissaire parait être exclusivement la même que celle de la surface. Il doit en être de même lorsque le vent accumule les eaux de surface dans la partie inférieure du lac, quand, par exemple, la bise du nord-est souffle sur le lac de Genève. Au contraire, lorsque, par suite de contre-courants, les eaux des profondeurs sont ramenées à la surface dans la région aval du lac, lorsque, le vent du sud-ouest soufflant sur le lac de Genève, par exemple, les eaux profondes sont soulevées dans le Petit Lac par le courant de retour venu du nord-est, alors l'eau de l'émissaire est bien la résultante de l'eau des diverses régions du lac. Mais, dans ces conditions, grâce aux mélanges qui s'effectuent, il ne doit plus y avoir de différence sensible entre la composition de l'eau de la surface et celle de l'eau des profondeurs ^
Enfin existe-t-il des différences dans la composition de l'eau de surface d'un même lac prise en différents points? Il semble que non. Les actions qui appauvrissent cette eau paraissent agir partout avec la même intensité, et d'ailleurs les évaporations faites le 19 septembre 1894 sur de l'eau prise en trois points très diffé-
1. L'écart est cependant moindre au lac de Saint-Point (0*%03) qu'au lac de Remoray (0«f',04), les prises ayant été faites le même jour pour les deux lacs ; ce qui s'accorde bien avec les températures observées (voir page i52) et montre une fois de plus l'inQuence de la forme du lac sur les courants.