Voir pi. II
deux lacs de Clairvaux ' (18°, 70 et 16"", 40), dont le plus grand est soutenu à l'aval par la moraine terminale de l'ancien glacier du Drouvenant; les deux lacs sont d'ailleurs séparés par une petite plaine légèrement ondulée qui paratt être d'origine glaciaire; — le lac de Moras (12 mètres), soutenu par la moraine latérale de la branche du glacier du Rhône occupant la longue dépression qui s'étend de Morestel à l'Ile d'Abeau. Un magnifique bloc de micaschiste est visible sur celte monùne. Il faut remarquer que, à. quelques centaines de mètres du lac, l'émissaire coule, à un niveau sensiblement égal à celui du fond du lac, sur une barre rocheuse qui relie les deux versants du vallon. Il est donc possible qu'une
Fin. SU (Partie droite). ~ Panorama tics Ini'n du plnlcnii du la Mure. En allant de Ka">'lio » drailc : lacs Morl de LalTrey, de l'etit-Cliat et de Pierre -Ch4 tel. Au fond, à ({^"''he. la valliîe de la Uornanehe et les uionlognes de Bellcdonne; au fond, ù droite, l'Oliiou.
{li'sprts une pliotu);»!')"') •il U. NBURDBrn).
partie de la cuvette primitive, supposée débarrassée de ses alluvions, soit dans la roche en place, et que, en conséquence, le lac de Moras ait été dans l'origine un lac mixte.
Dfins les Pyrénéex : le lac de Barbazan (8 mètres}, provenant du barrage d'une petite vallée latérale par la moraine terminale la plus avancée' de l'ancien glacier de la Garonne.
i . Carie gi5ologiqiie nu ^^^^ feuilles Saint-GIdiide cl l.oiis-le-Snunîer.
i. Cette moraine a|ipiirtient à la dernière époqiio glaciaire et il semble bien qu'il en soitde même de toutes celles dont Je vit^ns de pailer dans ce rliupitre. Cepetidant nous connaissons des lacs formés par des moraines ap|htrteuant à une glaciation anli'rienre. M. Boule en a signalé sur le Plateau Central; d'après ce savant, le lac de Meuel, dans le Cantal, situé au-dessus de la vallée de la Sumène, est, tout au moins en partie, soutenu par une moraine datant du pliocène supérieur {la Topographie glaciaire en Auixrgiu; Aitn. Goiyr.. (. V, I8IJ5-I896, p. 286 el seq.].
C. — Lacs résultant (fune accumulation irrégulière de terrain erratique.
Je citerai :
Dans les Alpes : les nappes d'eau des environs de Thonon. Un peu au-dessus de cette localité, les dépôts de l'ancien glacier du Rhône, mélange probable de moraines latérales et de moraines profondes, sont criblés de cavités^ souvent cralériformes, dont quelques-unes renferment un petit lac très peu profond*.
Dans le Jura : les trois lacs de Pugieu {15 mètres, 10 mètres et 10 mètres).
D. — Changements produits par les anciennes moraines clans le régime
hydrographique.
Les moraines des anciens glaciers ont non seulement barré des vallées qu'elles ont transformées en lacs, mais encore provoqué d'importants changements dans le régime hydrographique des régions qu'elles ont envahies.
Souvent la hauteur du barrage a été telle que les eaux ont pu s'échapper par un autre passage situé à un niveau plus bas, abandonnant la vallée qu'elles arrosaient primitivement. Ainsi la petite vallée occupée aujourd'hui parle lac de Lourdes était autrefois inclinée de l'est à l'ouest; à présent le lac, soutenu par une moraine puissante dans sa partie occidentale, se déverse à l'est à contre-sens de l'écoulement primitif.
Si l'on suppose enlevés les dépôts glaciaires qui recouvrent le plateau de la Mure^ le sol rocheux forme, autant qu'on en peut juger d*après les cotes d'altitude et l'épaisseur probable des terrains erratiques, une vallée inclinée du nord au sud, dont les eaux se déversaient dans la Bonne, comme celles des vallées voisines et parallèles de la Roisonne et de la Malsanne. Parmi les lacs du plateau, un seul, celui de Pierre-Châtel, s'écoule à présent dans cette direction; les trois autres sont aujourd'hui tributaires de la Romanche; le lac de LaflFrey et le lac Mort se déversent directement dans la vallée de cette rivière par des seuils rocheux ; quant au lac de Petit-Chat, il s'écoule dans celui de Laffrey.
L'ancienne vallée du Rhône, qui s'étend de Morestel à la Verpillière, avait probablement autrefois une pente continue vers cette dernière localité; mais les moraines frontales du glacier du Rhône, qui ont barré cette vallée, en ont aussi fait refluer les eaux par-dessus le seuil rocheux de Morestel. Aujourd'hui encore le
1. 11 faut cependant remarquer que ces petits lacs n'ont pas d'affluents visibles et que leurs eaux sont riches en gypse. Il est donc possible que les cavités en (juestion proviennent de dissolutions souterraines ayant provoqué des effondrements dans la calotte morainique qui recouvre la roche en place.
Voir la carte géologique au ^;^-^, feuille Thonon et la planche I de cet ouvrage.