‹ Atlas des lacs françaisChapitre 232 sur 360 · Carte t'i^ologimic au sôHôo' f*""'"*^ R|>inal · texte numérisé non relu

Carte t'i^ologimic au sôHôo' f*""'"*^ R|>inal

in LES LACS FRANÇAIS.

gemer, dont l'émissaire, dévié un peu plus bas par le proloDgement de cette moraine, a quitté la vallée primitive pour se jeter dans une autre vallée, en sorte qu'il va rejoindre à présent non plus la Mosclotte, mais la Moselle, à 22 kilomètres en aval

du point où il aboutissait à la première de ces deux rivières. Cet émissaire, dont le cours a été si prorondément modifié, est la Vologne actuelle qui, repoussée surla droite par la moraine, s'est réfugiée dans la gorge étroite dite Garclie de Vologne, où elle a pénétré en se taillant un lit dans un filon de kersantite et formant le pittoresque Saut des Cuves (tig. 92). La section de l'entaille faite par la Vologne dans ce Tilon est à peu près un rectangle de iO mètres de largeur sur 8 mètres de hauteur, soit d'une surface égale h.

80 mètres carrés, qui représente le travail d'érosion accompli par la rivière depuis la période glaciaire.

Ce n'est pas tout. Une deuxième moraine a, un peu en aval, donné naissance à un autre lac, celui de Gérardmer, dont les eaux ont été également déviées et sont venues rejoindre la

Fin. 9î. — Siiul dos Cuves, prts (lèranlmor. ...

(i).pr6i,«nophoLOB™phioJoM. V. F«*M.,,à.-^iM.Di^.) Volognc cn formaut la rivière qu on

appelle aujourd'hui la Jamagne. Privée d'une proportion considérable des eaux qui la parcouraient autrefois, la vallée primitive serait, dans sa partie inférieure, transformée en vallée sèche, si d'autres cours d'eau ne venaient, dans une certaine mesure, réparer les pertes que lui on( fait subir ces deux détournements'.

E. — Profondeur def lacs morainiques.

La profondeur des lacs formes par des moraines est très variable. Elle n'est pas, en France, très considérable; car elle atteint au plus 43 mètres au lac de

1. Des exemples fort inléressaiits ilc pareilles dévinlions sonl cilés par M. J. E. Marr, dans les coratûs lie Lancasliirc, Westmorland et Cumherlaiiil, rrgioii connue sou^i le nom ilc Lakc District. Voir J. E. Mahh, the Walerways of Enijlish LaheUtnd, Geogr. Joum.,'vo\. VII, n" 0, p. 602,june 1896, etPftystography ùf Lakeland, Geol. Man., Décade IV, vol. I, n" afiC, p. îiJ'J, December )8!>*, et Décade IV, vol. Il, n» 3:3, p. 2'j9, july lH\i\i}.

Nanlua. Ce chiffre est considérablement dépassé dans d'autres régions. Ainsi, il semble résulter de la lecture de KusselP que les grands lacs de l'Amérique du Nord sont dus exclusivement à des barrages morainiques, et la profondeur du Lac Supérieur dépasse 300 mètres*. Par contre certains lacs morainiques du gouvernement de Pskow, en Russie, dont la superficie est de 50 à 60 kilomètres carrés et dépasse par conséquent celle du lac du Bourget (44 à 45 kilomètres carrés), ont une profondeur qui atteint seulement 8 mètres ^

En général, les lacs de cette nature ont un émissaire superficiel, les moraines formant une masse d'ordinaire imperméable. D'après M. Thoulet, des infiltrations souterraines existeraient à travers celle qui soutient le lac de Gérardmer, mais je n'ai pas su les retrouver.

Une coulée de lave, en barrant une vallée, peut, de même qu'un éboulement ou une moraine, donner naissance à un lac. Nous avons, en France, le lac d'Aydat* (profondeur 14", 50) qui doit son origine à une coulée de basalte descendue du puy de Lassolas et à travers laquelle des infiltrations se produisent ^ De même la Sioule, arrêtée par les coulées descendues des puys de Côme et de Louchadière^, a vraisemblablement formé, en amont de Pontgibaud, un lac à présent comblé. 11 semble aussi que le lac de Guéry® (fig. 93) (profondeur 7™, 50 à 8 mètres) soit dû à une coulée de basalte venue du sud-est, et peut-être le lac d'Arcône ou de Saint-Front' (7 à 8 mètres) a-l-il une origine analogue? Il en est de même, d'après M. Boule ^ du lac de la Landie® (17 mètres).

4 . RussELL, Lakes of^orih America, p. 16. 2.'RussBLL, Lakes of Norlh America, p. 59.

3. Krahmer, IHe Seen der Gouvernements Twer, Pshow und Smolensk (Globus, Bd. LXVIII, Nr. 21, p. 334, 1895).

4. Carte géologique au 55-555. feuille Clermont-Ferrand, par Michel-Lévy.

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