‹ Atlas des lacs françaisChapitre 240 sur 360 · BARRAGE PAR UN GORDON LITTORAL · texte numérisé non relu

BARRAGE PAR UN GORDON LITTORAL

On sait que, sous Tinfluence des courants, les matériaux charriés le long des côtes maritimes forment des cordons qui s'appuient sur les promontoires et qui isolent derrière eux des portions de mer dans les parties concaves du rivage ^ Les nappes d'eau ainsi formées, qu'on désigne sous le nom de lagunes, sont presque entièrement séparées de la mer et ne restent en communication avec elle que par une étroite ouverture appelée « grau » sur les côtes méridionales de France. Moins salées que la mer à cause des affluents d'eau douce qu'elles reçoivent, elles forment quelque chose d'intermédiaire entre la mer et les lacs.

Les lagunes sont surtout développées dans les mers à faible marée, et le littoral méditerranéen en présente une série presque ininterrompue depuis le cap Béar, au sud de Perpignan, jusqu'à Port-de-Bouc, à l'est du Rhône. Je citerai, parmi les plus importantes, celles de Saint-Nazaire, de la Palme, de Rages, de Leucate, de Thau (fig. 97), de Mauguio, de Scamandre, de Valcarès, de l'Estomac*. Tantôt le cordon qui les a formées réunit deux promontoires rocheux, comme celui qui abrite l'étang de Thau et qui se développe du mont jurassique de Saint- Clair, près de Cette, au pic basaltique de Saint-Loup, au-dessus d'Agde; ou encore comme celui qui joint le rocher molassique de Fos à la pointe, également molassique, qui s'avance à l'ouest de l'étang d'Engrenier (derrière ce dernier cordon se trouve l'étang de l'Estomac^); tantôt, au contraire, il réunit deux promontoires d'alluvions : ainsi le cordon qui joint les deux extrémités des deltas du Grand et du Petit-Rhône sépare de la mer l'étang de Valcarès.

\. Renseignemeiils de M. Hcmbert, sous-ingénieur des ponts et chaussées à Pont-Audemer.

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