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I. — Lacs dont les cartes hydrographiques ont été dressées

1° LAC DE GENÈVE* (PL. l)

Le lac de Genève, ou Léman, occupe une dépression dont la longueur, mesurée suivant l'axe du lac, est de 72 kilomètres environ et la plus grande largeur

1. Voir la carte au gôôôo ^^^^ V Atlas des Lacs Français (Planche I). Quelques détails de la topographie du lac de Genève n'ont pu être reproduits sur la planche du présent ouvrage, où le lac est représenté à une échelle plus petite que sur TAtlas. Cette remarque s'applique également aux lacs du Bourget, d'Annecy, d'Aiguebelette, de Paladru et de Saint-Point.

de 13 "S8 entre le golfe de Morges et Amphion*. Cette dépression se divise en deux parties, le Grand Lac entre Yvoire et Villeneuve, le Petit Lac entre Yvoire et Genève.

Le Grand Lac forme une cavité, à fond plat, dont la profondeur est de 309", 40, à peu près au milieu de la ligne qui joint Évian à Ouchy. Cette cavité renferme un certain nombre de particularités topographiques dont les principales sont :

Quelques éperons immergés, sur la côte vaudoise, dont le plus important, en face de Ville tte, se relève pour former, à la profondeur de 238™, 80, un petit monticule, dominant de 11 mètres les fonds voisins.

Trois autres éperons, entre Clarens et la tour de Peilz, présentent aussi des monticules (127",30, 18 mètres et 22»,30 de profondeur)*.

Un ravin sous-lacustre sinueux, qui s'étend depuis Tembouchure du Rhône jusque devant Meillerie, sur une longueur de 10 kilomètres environ. Ce ravin est constitué par deux digues reposant sur le talus général du lac, et entre lesquelles se trouve un sillon. La profondeur de la tranchée atteint 20 à 30 mètres; elle est encore de 10 mètres au delà de Saint-Gingolph, par 230 mètres de fond. Remarquons en outre trois monticules sur les digues de ce ravin : le premier à un kilomètre de Tembouchure du Rhône (profondeur 52™, 90), le second au droit de Saint- Gingolph (162°*, 40), le troisième entre Saint-Gingolph et le Locum (215°',40).

De nombreux cônes de déjections ; le plus important est celui de la Dranse, dont la pointe fait une saillie de 2 kilomètres sur la côte.

Le Petit Lac est loin de présenter la même régularité que le Grand Lac; il se compose en effet de cinq cuvettes principales dont les profondeurs respectives sont, en allant de Testa l'ouest, de 76^20, 70"^,10, 66 mètres, 70"»,40 et 50'»,10. La plus orientale de ces cuvettes est séparée du Grand Lac par une barre, dite barre dTvoire, de Nernier ou de Promenlhoux, et sur laquelle la profondeur est, à son point le plus bas (col de la barre), de 66'",30. Ces cuvettes sont séparées les unes des autres par d'autres barres très aplaties sur lesquelles les profondeurs sont de 62^,90^ 63 mètres, 64°»,20, 63"»,80 et 46°»,20.

Un éperon très important continue sous les eaux du lac la pointe de Bellerive. A 1 200 mètres de cette pointe, il forme un monticule sur lequel la profondeur est de 7",10, la profondeur sur le col de la barre qui le relie au rivage étant de 14", 90.

2^ LAC DU BOURGET^ (PL. Il)

Le lac du Bourget est formé dans ses traits généraux d'un bassin assez réguHer dont la longueur est de 18 kilomètres, la plus grande largeur de 3 kilomètres en

1. Voir pour de nombreux détails géographiques le Léman de F.- A. ForeK

2. Les îles, ou plutôt îlots, du lac de Genève sont artificielles ; ce sont : l'île de Peilz, près de Villeneuve, la Roche aux Mouettes, près de Clarens, Tlle de Laharpe, près de Rolle.

3. Voir la carte au ^^j^ dans Y Atlas des Lacs Français (Planche II).

face de la baie de Grésine, et dont la profondeur la plus grande atteint à Tétiage 145°^, 40, à 1 500 mètres au sud-est de Fabbaye d'Hautecombe. Mais une inspection attentive de la carte nous montre que ce bassin se décompose en deux autres : un premier, au nord, dont la profondeur est de 145"^, 40, un second, au sud, dont la profondeur est de 109", 80. Ces deux bassins sont séparés par une barre extrêmement aplatie sur laquelle la profondeur est de 109 mètres, soit de 0"^,80 seulement supérieure à celle du bassin méridional. Remarquons, en passant, que cette barre est le prolongement sous les eaux du delta du Sierroz.

Les principaux accidents topographiques du lac du Bourget sont :

Le delta du Sierroz.

Un petit éperon en face de Bourdeau et, au sud de Tresserve, un monticule immergé (profondeur 33"',20) ; près de ce dernier, un petit monticule sur la beine (4™,20).

Dans la baie de Grésine, un petit bassin secondaire, profond de 46°',60. La barre qui le sépare du reste du lac est elle-même formée de deux cols sur lesquels la profondeur est de 42"',90 et de 41"", 20, et qui sont séparés par un monticule où la sonde accuse 33 mètres.

3^ LAC d'annecy* (pl. m)

Le lac d'Annecy se compose de deux bassins à fond plat; le premier, celui du nord, a une longueur d'environ 10 kilomètres, une largeur de 3^\^ et, si l'on fait abstraction d'un trou dont je parlerai plus bas, une profondeur de 64°', 70 ; le second, celui du sud, a une longueur de 4 kilomètres environ, une largeur de 1"\5 et une profondeur de 55",20^ Ces deux bassins sont séparés par une barre excessivement aplatie sur laquelle la profondeur est de 49™, 30. Sur le versant occidental de cette barre se trouve un bassin minuscule formant, au-dessous des fonds environnants, un creux de 0'",30 seulement.

Il est à remarquer que cette barre se trouve, non pas dans le prolongement de la montagne de Duingt qui forme une pointe très saillante dans le lac, mais qu'elle est rejetée de 1 kilomètre au nord-ouest.

Le lac d'Annecy possède un Ilot naturel, le Roselet, qui affleure la surface de l'eau. C'est l'extrémité de l'éperon qui prolonge sous les eaux le promontoire de Duingt et sur le col duquel la profondeur est de 17 mètres^

Le bassin du sud ne présente rien de particulier, en dehors du cône de déjection assez important de la rivière d'Angon.

\, Voir la carte au ^^^ôô ^^^^ V Atlas des Lacs Français (Planche III).

2. Le bassin du Nord est quelquefois appelé le Grand Lac et celui du Sud le Petit Lac.

3. L'île des Cygnes, près d'Annecy, est ai^tificielle, et sa construction date de 1856 ou 1837. (Renseignement de M. Mangé, architecte de la ville d'Annecy.)

DESCRIPTION DES PRINCIPAUX LACS FRANÇAIS. 3i

Le bassin du nord présente au contraire un certain nombre d'irrégularités dont les principales sont :

Le cône de déjection du Laudon ;

Deux monticules immergés, à Test de Sevrier : le premier, dit Crêt de Châtillon, est à 800 mètres du rivage; la profondeur y est de 3"',30, les fonds voisins étant de 40 mètres; le second, dit Crêt d'Anfon, est à 500 mètres du rivage; la profondeur y est de 8"',60 par des fonds de 25 à 30 mètres.

Un entonnoir, qui se trouve à 800 mètres au sud-est d'Annecy et à 200 mètres du rivage. Le bord de cet entonnoir, qui porte le nom de Boubioz, a sensiblement la forme d'une ellipse, dont les axes auraient pour longueurs 200 et 250 mètres; il s'ouvre entre les courbes isobathes de 25 et 30 mètres, et je lui ai trouvé une profondeur de 80", 60, soit à peu près 16 mètres de plus que le plafond du lac. Les parois ont sur certains points une inclinaison de 40 degrés.

Signalons enfin les escarpements remarquables qui prolongent sous les eaux les parois verticales du Roc de Chère; à 2 mètres du rivage, la sonde accuse 42 mètres de profondeur.

i^ LAC d'aIGUEBELETTE* (DÉPARTEMENT DE LA SAVOIE) (pL. IV)

Le lac d'Aiguebelette a en gros la forme d'un triangle rectangle dont l'hypoténuse aurait une longueur de 4 kilomètres. Il a une structure beaucoup plus compliquée que celle des lacs précédents. Il se compose, en effet, de six bassins ayant pour profondeurs 46"^,50, 46",90, 71°^,10 (profondeur maximum du lac), 29^60, 28"',50 et 20",40. La dépression de Tl^'jlO est de beaucoup la plus étendue. Signalons dans le lac deux lies basses (0"',50 au-dessus du niveau du lac), faisant partie d'une barre qui traverse, du nord au sud, la région occidentale du lac; puis, dans la région sud-est, un petit monticule immergé (4 mètres de profondeur par 9 à 10 mètres de fond), extrémité d'un éperon qui se détache du rivage; enfin, dans la région nord, un autre monticule (35°,30 de profondeur par 40 mètres de fond) qui surgit au milieu du lac sans être rattaché au rivage.

5^ LAC DE PALADRU* (DÉPARTEMENT DE l'iSÈRE) (pL. v)

Le lac de Paladru, long de 5^",3, large de 1 kilomètre, se compose de deux bassins principaux ayant pour profondeurs 3o°',60 et 35°^,90, séparés par une barre sur laquelle la profondeur est de 32™,80. Ses traits généraux sont donc simples. Mais Ton y trouve une série de complications sous la forme de bassins secondaires, de monticules et d'arêtes immergés. L'un des plus remarquables de ces monticules

i . Voir la carte au -j^^ dans V Atlas des Lacs Français (Planche IV). 2. Voir la carte au jôôôô* ^^^^ V Atlas des Lacs Français (Planche V).

se trouve au nord-est, sur la rive sud-est, entre les courbes isobathes 10 et 15; la profondeur y est de 2°',50. Un autre apparaît sur le talus S. E. tout près de la plaine centrale, entre les courbes 32 et 33, avec une profondeur de 30°*, 40 ; un troisième, très développé, occupe, sur le talus N.W., un espace long de 300 mètres et large au maximum de 100 mètres, entre les isobathes 25 et 30; il s'élève jusqu'à la cote 21,90 ; un quatrième, tout près de l'extrémité sud du lac, fait saillie, entre les courbes 15 et 20, jusqu'à celle de 14™, 60. Enfin la région S.W. du lac est excessivement tourmentée au-dessous de la courbe 30 : deux arêtes viennent se rejoindre à la profondeur de 32™, 30, isolant vers le sud un petit bassin de33™,40 de profondeur; sur l'une de ces arêtes figurent en outre deux petits monticules et deux petites cuvettes, dont les saillies, soit en relief, soit en creux, ne dépassent pas d'ailleurs 3 mèlres.

6^ LACS DE SAINT-POINT (PL. Vl), DE REMORAY (PL. Vl), DES BRENETS ou DE CHAILLEXON (PL. Vil) ET DE MALPAS (PL. Vl)

(département DU DOUBS*)

Le lac de Saint-Point, long de O'^'^S, large de 800 mètres, a un relief très compliqué. Il ne compte pas, en effet, moins de huit bassins ayant pour profondeurs, en allant du nord-est au sud-ouest, 10'",20, 6'°,50, 34«,40, 34">,20, 34'»,20, 40"\30 (profondeur maximum du lac), 39"", 70 et 34", 20. Au milieu du lac, séparant les deux bassins de 34™, 20 et de 40",30, se trouve une barre sur le col de laquelle la profondeur est de 21°*, 70. Il faut remarquer, comme au lac d'Annecy, que celte barre ne coïncide pas, comme on pourrait s'y attendre, avec la partie la plus étranglée du lac (350 mètres de largeur), mais qu'elle se trouve rejetée à peu près de 300 mètres au nord-est.

Le lac de Remoray, long de 1600 mètres, large de 900 mètres, se compose d'un bassin unique dont la profondeur est de 27™, 60.

Le lac des Brenets ou de Chaillexon, extrêmement sinueux, a une longueur de 3^^^, 5, en tenant compte de ses méandres, et une largeur maximum de 200 mètres. Sa profondeur augmente très régulièrement de Tamont à l'aval, où se trouve un fond plat de 26™, 90*; à l'extrémité aval de cette petite plaine s'ouvre un entonnoir qui rappelle celui du Boubioz au lac d'Annecy et qui descend jusqu'à une profondeur de 31™,50. Au nord de cette même plaine, et séparé d'elle par un

i. Voir les cartes au jôrn ^^^^ ^ Atlas des Lacs Français (Planche VI). — La cote 20 qui se trouve près du point 31,5 (l'entonnoir) de la carte du lac des Brenets, dans la première édition de cette planche, est fausse, et doit être supprimée.

2. Cette profondeur, ainsi que celles qui suivent, correspond à un niveau du lac représenté par la cote 13,70 du système d'écholles placé par la Confédération Helvétique à l'extrémité aval du lac. Cette remarque est importante à faire, parce que la variation du niveau du lac dépasse 17 mètres (cotes extrêmes observées 2",20 et 19™,39).

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