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32ti LES LACS FRANÇAIS.

parait évident que le Doubs, pendant qu'il creusait sa vallée, a rencontré une fissure dans laquelle il s'est engouffré, et que la vallée supérieure a été convertie en lac par l'obstruction partielle de celte fissure. Toutefois la partie de la vallée comprise entre l'entonnoir et le Saut du Doubs n'est jamais complètement sèche, même en basses eaux ; car la roche très fissurée qui forme le ressaut laisse toujours passer une certaine quantité d'eau.

Dans le massif de Betledonne, le lac Robert' (fîg. 46, p. 125) qui, avec une profondeur de 17 mètres en basses eaux, n'a pas d'écoulement apparent, et qui se trouve au pied d'un ressaut où s'amorce une vallée, paraît avoir une origine analogue à celle du tac de Chaillexon.

Quelquefois, en dehors des vallées parcourues par les cours d'eau, de simples entonnoirs, comme il en existe en si grand nombre dans les terrainsfissurés, viennent h se boucher et, si le climat permet à l'eau de pluie de s'y accumuler, se convertissent en lacs. Telle parait

Fin. 129. - Knsisp-nu-Mnrtier, près Siiiny-rAbbnjv (Anltmio). être l'origine de la cavilé

16 septembre 18%. ,. ,,

remplie d eau connue sous

(D'ipris une photographie <leA. DKLIbEcgUB ] '^

le nom de Fosse-au-Mortier * (fig. 129), qui est située dans le déparlement des Ardennes, non loin du village de Signy-l'Abbaye. Celte cavité, dont la surface atteint à peine un hectare, et dont la profondeur est encore inconnue, s'ouvre au milieu des marnes du callovien ; mais il est probable qu'elle se prolonge jusqu'aux calcaires fissurés de la grande oolithe, visible au fond de plusieurs autres cavités sèches, telles que la Fosse-aux-Lions, qui se trouvent dans le voisinage.

Il est probable que beaucoup de lacs situés dans les terrains fissurés ont une origine semblable, notamment la plupart des lacs du Jura qui ne sont point soutenus par des moraines ou des barrages d'alluvions ; malheureusement nous ne pouvons en général en donner la preuve, parce qu'il est rare que les entonnoirs situés au fond -des thalwegs, et par où l'eau s'échappait primitivement, soient encore reconnaissables comme au lac de Chaillexon. Le plus souvent leur obstruction, qui a été

). Carie géologique au 55-5^^, feuille r.reuoblo.

2. Carie géologique au gj^, feuille Helhel par Ch. Barrois. — Voir aussi E. Sauvage et A. Bdvi- GNiBH, Statistique minératogique et géologique du département des Ardennes, p. 82, et Jban Hubert, G«>grapkie kistoriqtie du département des Ardennes (18;i6). p. 32".

la cause de la formation du lac, a dû être complèle, et Us ont été recouverts par les sédiments qui se sont déposés ensuite, de telle sorte que tout vestige en a complètement disparu. Tout au plus pourrait-on reconaaltre la trace d'un ancien entonnoir à l'extrémilé nord du lac de la Motte (Jura) (profondeur 30 mètres) '.

Mais l'obstruclion de l'entrée d'une Assure n'est pas la seule cause qui puisse donner naissance à un lac. La galerie souterraine qui fait suite à cette fissure n'est souvent séparée de la surface du sol que par une voûte peu épaisse ; par suite de l'érosion continuelle des eaux, cette voûte pourra s'elTondrer ^ et les eaux, dans certains cas, viendront se rassembler au fond de la dépression ainsi formée à la surface. Telle

Fio, 130. — Uc de Narlay (Jura), 8 juillet 1895. {Usprèii aDD pbotographio de A, DHLeBm-xtuti.) .

parait être l'origine de certains lacs du Jurn. Si, comme il semble résulter de l'inspection de la carie du lac de la Motte, la cuvette occupée actuellement par ce lac possédait autrefois un entonnoir par où s'écoulaient tes eaux de la vallée, il est possible que le lac voisin de Narlny* ((ig. 130) (39 mètres) soit dû à. un effondrement de cette nature.

Parmi les lacs qui semblent devoir leur origine à des pertes de cours d'eau, accompagnées peut-être d'effondrements souterrains, je citerai le lac d'Allos (Basses-Alpes) (fig. i8, p. 126) (profondeur moyenne 40 mètres), soutenu par une digue de grès et de poudingues oligocènes iissurés; l'ancien lac, k présent comblé, des Assiettes (fig. 131 ), près du col de la Vanoise, et sur lequel serpente le torrent issu du glacier de la Réchasse pour s'infiltrer souterrainement dans une fissure de

) . Voir pi. XI et Atlas des Lues Françam, pi. 8. — Carie géologique au ^^, feuille Lons-te-Sauluier.

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