Voir page
étangs de Lavalduc et d'Engrenier; enfin ia sixième est sur la route de Saint-Mitre à Martigues.
La plupart de ces dépressions se trouvent sur l'alignement d'anciennes vallées.
FiG. 131. ~ ttiinn lie l'Olivier (Buu<'hc4-ilii-Rhdne). Vue prise en bstenu.Au Toml la ville d'istres.
SI mars 1896.
(D'après udd photographie iId A. nKLRBRittuli.)
L'étang de l'Olivier fait partie d'une vallée dirigée du nord au sud et qui aboutit à l'éfang de Berre, dont il est séparé par un col de quelques mètres de hauteur seulement. Les étangs de Lavalduc et d'Engrenier, entre lesquels se trouve une petite
c le^i ËUrifis lie 1
T et de Berre, 27 mars 1896.
plaine basse où aucun affleurement roclieux n'est visible, sont dans une vallée qui est séparée de la mer par un ressaut formé par les argiles et poudingues du garumnien, ressaut dont la hauteur est de 5", 50 au-dessus du niveau de la Méditerranée. Les dépressions de Rassuen, de Cilis (fig. 136) et du Pourra constituent aussi différents compartiments d'une même vallée ; le col qui sépare le Pourra de la mer
est à l'altiludede 30 à 40 mèlres'. Eofin l'étang de Berre est le point de convergence de plusieurs vallées, dont les deux principales sont celles de la Touloubre et de l'Arc ; la vallée occupée par l'étang de Caronte le sépare de la Méditerranée.
Le fond de plusieurs de ces dépressions se trouve actuellement au-dessous du
t-V.. 136. — Cavité île Citis cl truta-c In faisant oommiiniquer avcr rtlle du Pourra, 27 mars 1896. (D'après une phoioprapliio de A. Dklbbicqdk.)
niveau delà mer'. Voici d'ailleurs leurs totes d'altitude par rapport au niveau moyen de la Méditerranée :
Élang de Berre — lO^.oO
Klang de l'Olivier —lO^.OO
r.langdEngrenier — II",?*!
Klang de Lavalduc — 14'", 70
Ëtang (lu Pourra ■ fi"',00
Etang de Cilis — -"',ill
Étang de Hassuen + l"',()0 à -t- S'-.OO'
t. Sur la carte du HinislSre de l'Intérieur (reuille Marligues) figure h tort un ruisseau qui sort de i'ëlang du Pourrapour aboutir à l'étang de Caronte en lace des salines. L'étang du Pourra est une dépression complélemenl fermée. Le point le plus bas de la crête qui le sépare de celui Je Claronte, point dont, comme nous l'avons dit, l'altitude est de 30 ù 40 mMres, se trouve près du hameau de Carcaras, sur un chemin vicinal, un peu à l'ouest du point coté 34.
2, Un exemple extrêmement curieux de lac dont le fond est au-dessous du niveau de la mer nous est donné par celui de Vrana, dans l'ile de Cherso, qui est séparée de l'Istrie par le Quarnero. 1^ profondeur du lac est de 78 m6trcs, dans un entonnoir, et son altitude de 16 mètres. Le fond est donc à 62 mètres au-dessous de l'Adrialique (Communication de M. le D' A. f.avaiii).
3. Ces divers chilTres m'ont élé communiqués par la C'' des Salins du Midi, d'après les nivellemenls exécutés par ses agents. D'autre pai't, M. A'allt'-s, ingénieur en clief des ponts et chaussées, donne dans les Annales P. et C- (3" série, 18ô.ï, 2" semestre, p. 18) des chiffres asseï différents qui sont, dit-il, le résultat de ses propres nivellements. Ainsi il trouve pour Citis la cole — 10", 36 et pour Pourra la cote + lî'°,nO. On pourrait admelire que, depuis le nivellement de M. Vallès, le fond de Citis sest exhaussé de 3 mètres; mais l'écart de 18", BO dans les chiffres donnés pour Pourra ne s'explique absolument pas. On voit par li, une fois de plus, combien il est difficile d'être exactement renseigné, mi^me en puisant aux sour'-es Ie< plus ol'lieiellcs cl en apparence les plus sfircs.
Le fond des trois autres dépressions est plus élevé.
11 paraît probable que ces dépressions sont dues à ce que le cours d'eau, qui creusait les vallées où elles se trouvent à présent, a rencontré des fissures dans lesquelles il s'est engouffré; ainsi se seraient Formés les points bas, parle mécanisme exposé plus haut^ Le creusement, qui a eu lieu sans doute pendant une période plus humide que la période actuelle, a été facilité par la présence sous la molasse d'argiles et de sables du crétacé supérieur aisément délayables. Toutefois cette explication ne suffit pas pour rendre compte de la position de plusieurs de ces points qui sont au-dessous de la surface de la mer; car le travail d'érosion du cours d'eau doit s'arrêter lorsque, dans la dépression fermée, le niveau de la mer est atteint, sans quoi celle-ci, où le cours d'eau aboutit nécessairement, remonterait à travers le canal d'écoulement. Il faut invoquer en outre un affaissement ou, plus exactement, une submersion - des côtes méditerranéennes de la France, qui paraît d'ailleurs bien vraisemblable. Si, en effet, la présence de l'appareil littoral si développé qui s'étend du Cap Béar au golfe de Fos montre que, depuis un certain temps, le niveau de la Méditerranée n'a pas sensiblement varié, il n'en a pas été de même à une époque antérieure. Les nombreuses îles qui bordent le littoral rocheux de la Provence, et dont plusieurs sont séparées du continent par des passes où la profondeur est considérable^ témoignent de la submersion de la région. Il en est de même des îlots qui émergent du delta du Rhône, et sur l'un desquels est bâtie la ville d'Arles.
Remarquons que de pareilles dépressions sont très fréquentes en Provence. Près d'Avignon nous trouvons l'ancien étang de Pujaut et l'étang de la Capelle*; quelques autres sont visibles à l'est d'Aubagne^, notamment celle de Cuges, où plusieurs torrents se perdent dans des entonnoirs^.
Ainsi donc, je crois que l'étang de Berre et les étangs voisins sont des dépressions dues à l'érosion des cours d'eau en terrain fissuré et dont le fond a, pour certaines d'entre elles, été amené au-dessous du niveau de la mer par une submersion