Communication inédite
que des injections de granit ont rendus extrêmement compactes. Les bancs non injectés ont été décomposés sur une largeur et une profondeur considérables; au contraire, ceux qui ont subi le contact du granit ont résisté à l'altération et Forment à présent, à l'aval du lac, une muraille imposante entamée seulement par une brèche étroite.
Un certain nombre de lacs, comme ceux du désert de Carlille (Pyrénées- Orientales), occupent des plateaux où les vallées sont à peine ébauchées. On peut facilement expliquer leur origine en admettant que la décomposition de la roche (du granit
en particulier pour les lacs de Carlitte) ne s'est pas propagée partout jusqu'à la même profondeur.
Il semble donc qu'on puisse attribuer à l'action des glaciers sur des massifs rocheux inégalement décomposésl'origined'un très grand nombre de lacs de montagne. Il n'y a d'ailleurs qu'à parcourir certains plateaux à roches mouton- „ , ,, , ,.,.,,,,.,, ^. , ,. nées, caractéristiques du
Fin. m. — Lac Je Nagmlle (AnÈpe), partie aval. \ue prise ^
du milieu Ju lao, 27 juillet 1891. paSSage doS glacicFS, pOUT
(D.pr., un« pho.oer»p.,ic d= A. d«l.bbc,.k.] ^^j^ immédiatement que ce
passage s'est également traduit par la formation d'une multitude de petites cavités. La région comprise entre Bort et le lac de la Landie', sur la rive gauche de la Garonne, dans le Cantal, et d'où il semble que les glaciers viennent à peine de se retirer, est particulièrement instructive à cet égard. Elle est remplie d'une infinité de petites dépressions qu'il est bien difficile de ne pas attribuer à l'excavation glaciaire, et dont la plus importante de toutes, celle qui forme le lac de la Crégut, a une profondeur de 26™, 50. Elle représente admirablement ce que les Allemands appellent la « Rundhockerlandschaft-, » expression qu'on pourrait traduire en français par ces mots : « le paysage aux bosses et aux cavités » .
A côté de ces lacs de montagne, creusés clans les terrains anciens, il en existe d'autres dans des terrains plus récents, dont l'origine peut s'expliquer aisément par l'excavation glaciaire. Tel est celui de Paladru (fig. 142), situé au milieu des
1. Carte gi'ologique au , feuille Mauriac. — ' Marcellin Boule, les Glaciers pUocènes et gualer-
nuires de l'Auvergne, C. H., I. CXXT., p. 831, I89S, et la Topoyraphie glaciaire en Auvergne {Ann. Géogr., S' ann-^e, 1896. p. 277).