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LES LACS FRANÇAIS. PL.XXl

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pour remonter jusqu'au lac ; le niveau de ce dernier s'est par suite abaissé, avec un arrêt correspondant à un niveau supérieur de 10 mètres à celui d'aujourd'hui.

Le lac du Bourget parait avoir occupé autrefois un niveau supérieur à celui d'à présent ; ce niveau était réglé par l'altitude, impossible à préciser, du point le plus bas de la moraine de Massignieu. Les terrasses correspondant à ce niveau sont probablement noyées sous des alluvions plus récentes. Le lac s'est ensuite abaissé, mais, lorsque le delta du Rhône est venu réunir la pointe sud du Colombier à la pointe nord du mont Landard, il a été coupé en deux, et le lac d'amont, qui représente à peu près le lac actuel, s'est ensuite légèrement exhaussé par suite de la progression du delta dans le lac d'aval.

Le lac d Annecy occupait autrefois un niveau inférieur d'une quinzaine de mètres au niveau acluel ; ce niveau a été relevé par le delta du Fier, lorsque celui-ci est venu toucher le seuil de Crans. Ensuite l'érosion régressive a été assez puissante pour entamer ce delta sur toute sa longueur suivant le cours du Fier; mais elle ne s'est pas encore propagée bien loin dans la direction du Thiou, émissaire du lac, et le niveau de celui-ci n'a pas sensiblement varié depuis son exhaussement.

4^ LACS DE SAINT-POINT ET DE REMORAV (PL. XXl)

Ces deux lacs ne formaient autrefois qu'une seule nappe d'eau, mais le Doubs l'a coupée en deux par son delta, qui s'est exhaussé à mesure qu'il s'avançait dans le lac de Saint-Point; si bien qu'aujourd'hui il y a une différence de niveau de 1"*,70 entre les deux lacs séparés par un intervalle de 2 kilomètres. Nous avons vu^ que c'est probablement à cet exhaussement qu'est due la grande largeur de la beine au lac de Remoray.

M. A. Magnin* pense que le système de ces deux lacs n'est que le reste d'un ancien lac qui se serait étendu jusqu'au hameau de la Cluse et Mijoux, à 5 kilomètres au nord du lac actuel de Saint-Point, et qui aurait été coupé en deux par des alluvions et des dé pots glaciaires; mais l'examen des lieux ne me parait pas confirmer cette hypothèse. Qu'il y ait eu un lac en amont de la cluse qui sépare ce hameau de Pontarlier, c'est à peu près certain; ou trouve en effet, dans la dépression qui s'étend d'Oye à la Cluse et Mijoux, deux lambeaux de terrasse, à peu près à 10 mètres audessus du lit actuel du Doubs, et dont l'une, qui a les couches inclinées caractéristiques, est un delta torrentiel du petit ruisseau des Vermots. Mais rien ne prouve que cet ancien lac ait communiqué avec celui de Saint-Point — Remoray.

En effet, à sa sortie du lac de Saint-Point, le Doubs, qui n'a qu'une quinzaine de mètres de largeur, est limité des deux côtés par l'urgonien en place; il semble donc incontestable qu'un seuil rocheux soutient le lac à l'aval. D'autre part, sur la rive droite du Doubs, à une centaine de mètres à la fois de la rivière et du lac, et

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