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2. En réalité, l'Oignin a élé rejeté sur le veisant droit de la vallée, où il s'est creusé un lit dans la roche en place. Il y a là ce que l'on appelle une « épigénie » (voir Du Pasqueer, Sur le déptacement des COUTS (feau, in Bu». Soc. Se. Nat. de Neuchdtel, 1. XVIII, 1890, p. 79).
venir s'appuyer sur les deux promontoires rocheux qui font face, au N. N. E. et au S. S. W., au rocher de Brîon (la Croix-Chaton et point 596 de la carte). A partir de ce moment, le lac a été coupé en deux; les deux rivières TOignin et TAnge se sont déversées dans le lac d'aval, où elles ont formé un petit delta torrentiel (vers le point coté 479) dont la surface est élevée d'environ 3 mètres au-dessus de TOignin, et dont les couches plongent vers Touest; en même temps, en vertu du principe dont nous avons déjà parlé plusieurs fois , le niveau du lac d*amont, c'est-à-dire du lac actuel, s'exhaussait légèrement. A présent TOignin recueille les eaux du lac au moyen du ruisseau dit Bras du Lac. L'érosion régressive qui, comme nous l'avons vu S a taillé des gorges de 35 mètres de profondeur dans la terrasse fluvio-glaciaire située en aval de la moraine, du côté de Perrignat, a commencé à se propager, un peu en amont de la moraine, dans la plaine alluviale del'Oignin, qui coule à présent, comme nous l'avons vu il y a un instant, à 3 mètres en contre-bas de son ancien delta torrentiel. Mais cette érosion n'est point encore remontée jusqu'au lac. Il est donc possible que l'exhaussement de ce delta, par suite du comblement de la partie aval, ait compensé l'abaissement provoqué par le travail de l'émissaire.
A l'exception du lac de Chaillexon, qui paraît s'être prolongé assez loin en amont du côté de Morteau et du lac d'Aiguebelette, que les alluvions du ruisseau de Novalaise a sensiblement raccourci, la forme générale des autres lacs de V Atlas des lacs français, dont j'ai donné la description au chapitre m, n'a pas beaucoup varié depuis leur formation. Leur niveau non plus n'a pas subi de modification importante, soit à cause de l'éloignement du niveau de base, soit à cause du faible débit de l'émissaire.
m. — Anciens lacs aujourd'hui disparus. — Caractères permettant
de les reconnaître.
Nous avons vu* que le trait caractéristique de la plupart des vallées de montagne est de former une succession de paliers et de rapides. Certains de ces paliers sont occupés par un lac; d'autres, en apparence identiques aux premiers, par une plaine d'alluvion, et l'on est tout naturellement conduit à supposer que, dans ce dernier cas, on se trouve en présence d'un ancien lac aujourd'hui comblé.
Cette déduction est très souvent exacte, et il parait hors de doute que beaucoup de ces replats, où la rivière serpente entre deux rapides, ne sont que des lacs éteints; mais il serait imprudent de la généraliser. Même dans les régions d'où les lacs sont absents, les vallées offrent un profil en long analogue, et, d'une manière générale, l'élargissement coïncide avec l'adoucissement de la pente. M. Heim^ a mis en garde
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