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Tous les autres étangs du littoral méditerranéen semblent être très peu profonds. Les étangs du Comte etdeMeyranne ont sur les cartes d'état-major et du ministère de rintérieur une importance fort exagérée; ils sont envahis par la végétation et ne sont plus à présent que des marais. Quant aux grandes lagunes du littoral, elles paraissent n'avoir qu'une profondeur extrêmement faible. Celles de la Palme, de Bages avec ses dépendances, de Leucate, de Mauguio, n'ont que 1 à 2 mètres * ; il en est de même de l'étang de Scamandre ou des Iscles ^ ainsi que du grand étang de Valcarës, dont la superficie atteint douze mille hectares^, et qui est appelé aussi Petite Mer (Pichoto Mar). D'après la Compagnie des Salins du Midi^ la profondeur de l'étang de TEstomac n'excède pas 3 mètres.
Les étangs de l'Olivier, de Lavalduc et d'Engrenier, qui paraissent très importants sur la carte d'état-major^, sont en réalité des bassins naturels dans lesquels l'eau est amenée artificiellement. Le premier est en communication avec l'étang de Berrepar le canal mi-aérien, mi-souterrain de Craponne; les deux autres, séparés par une chaussée basse qui semble être artificielle, reçoivent l'eau de la Méditerranée au moyen d'un canal construit par la Compagnie des Salins du Midi, qui les exploite comme salines. Sans ces travaux d'art, ces lacs ne recevraient que quelques ruisseaux insignifiants et seraient à peu près à sec. D'après les sondages que j'ai faits, la profondeur de l'étang de l'Olivier est de 10 mètres et celle de l'étang d'Engrenier de 3",50 ; celle de l'étang de Lavalduc est de 1 mètre à l'",50 seulement^.
1. Plans dresses par les services des ponts et chaussées de l'Aude et de l'Hérault.
2. Renseignements de M. Lamothe, ingénieur des ponts et chaussées, à Nimes.
3. LENTHéRic, le Rhône, t. II, p. 443, et les Villes mortes du golfe de Lyon, p. 57.
4. D'après le cadastre, la surface de l'étang de TOIivier est de 211 hectares 55 ares; d'après les plans levés par la Compagnie des Salins du Midi, celles des étangs de Lavalduc et d'Engrenier sont respectivement de 238 hectares 76 ares et de 150 hectares.
. 5. D'après les sondages efîectués par la Compagnie des Salins du Midi. M. Léon Aucoc a publié une étude fort intéressante sur la condition légale des étangs salés de la Méditerranée, dans un mémoire lu dans la séance du 19 août 1882 de l'Académie des Sciences morales et politiques (Comptes Rendus des Iramux de V Académie, t. II, 1882, p. 773, et Mémoires de V Académie, t. XVII, 1891, p. 733). D'après une communication orale que m'a faite ce savant, l'alimentation des étangs d'Engrenier et de Lavalduc en eau de mer n'aurait pas toujours été artificielle; à certaines époques, la Méditerranée aurait, pendant des tempêtes, envahi ces étangs dont elle n'est séparée que par un seuil très bas. Même, dans les siècles précédents, les eaux provenant de ces irruptions se sont, parait-il, tellement concentrées et sont devenues si riches en sel que l'administration des gabelles, voulant empêcher la contrebande de ce produit, a fait construire le canal du Roi pour diminuer, au moyen d'une nouvelle arrivée d'eau de mer, la salure de ces bassins. Il paraît d'ailleurs bien certain que les étangs de Lavalduc et d'Engrenier n*ont reçu l'eau de la mer que par à-coups et d'une manière tout à fait intermittente; car M. Gervais, ingénieur de la Compagnie des Salins du Midi, m'a dit avoir vu Lavalduc complètement à sec.