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13. Quelques lacs des Alpes allemandes et autrichiennes sont aussi assez profonds; je citerai le Walchensee (196 mètres) et le Kônigssee (188 mètres), en Bavière, et le Gmundnersee (191 mètres) et TAttersee (170"',60), dans le Salzkammergut (Voir Geistbeck, die Seen der deutschen Alpen, et aussi V Atlas des Lacs Autrichiens, 1'» livraison).
14. A. Helland, On the fjords, lakes and cirques in Norway and Greenland, Quart. Journ, of the geol. Soc, t. GXXIII, p. 169, 1876.
15. Elisée Reglus, Géographie universelle, t. V, l'Europe Scandinave et russe, p. 103.
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LES LACS PRÂNÇÂÎS.
n. — Forme générale du relief immergé.
On trouve en 'général, pour la section transversale d'un lac, à peu près la forme suivante (fig. 19). AB est une terrasse très doucement inclinée vers le milieu du lac, sur laquelle la profondeur dépassse rarement 5 mètres; elle porte le nom de beine. BC est un talus très incliné (40^ , et plus quelquefois) qu'on appelle le
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GFC, côte primitive.
Fio. 19. — Profil transversal théorique d'un lac.
AB, beine (AF, boine d'érosioD. — FB, boine d'allnvion). — BC, mont. CD, talus. DED, fond ou plaino centrale.
il'
mont^. Au pied du mont commence un talus ÇXi de longueur et d'inclinaison très variables qui vient se raccorder avec un plateau DED plus ou moins vaste et en général sensiblement horizontal ; [ce plateau constitue le fond du lac. Etudions successivement ces diverses régions.
l*' BEINE ET MONT
La beine et le mont sont des produits d'érosion et de dépôt par le jeu des vagues. La côte primitive est attaquée, la partie AFG disparaît et vient se déposer suivant FBC. La partie AF est donc une beine d'érosion, la partie FB une beine d'alluvion^ La limite de la beine et du mont est parfaitement visible, si l'on s'élève un peu sur les pentes des montagnes qui dominent le lac. Alors le sol de la beine est vu par transparence et donne à l'eau une teinte pâle, blanchâtre, qui contraste d'une façon frappante avec la coloration plus foncée des eaux profondes. Aussi les riverains distinguent-ils dans leurs lacs deux régions : le blanc et le noir, ou bien le blanc et le bleu.
A. — Beine.
La largeur de la beine est excessivement variable^ Sa formation étant due à l'action des vagues, elle est naturellement d'autant plus développée :
4. Sur les cartes de Y Atlas des Lacs FrançaiSy la courbe 5, ligne de séparation des deux premières teintes, marque à peu près la limite de la beine et du mont.
2. Voir, pour de très nombreux et très intéressants détails sur cette question de la beine et du mont, Forel, le Léman, t. I, p. 71 é
li'!!
1** Que ces vagues sont plus fortes, c'est-à-dire que le lac est plus grand et plus exposé au vent. Presque nulle sur les petils lacs du Plateau Central, elle atteint des dimensions considérables sur le lac de Genève.
2® Que la falaise est formée d'une roche moins dure. Très développée dans la partie occidentale du lac de Genève, dont les côtes consistent en terrain erratique facile à désagréger, elle devient presque nulle dans la partie orientale (sauf à l'embouchure du Rhône), formée de parois rocheuses beaucoup plus résistantes. Sur la rive occidentale du lac du Bourget, elle atteint 20 mètres aux environs d'Hautecombe, où la côte est formée de molasse; elle disparaît presque complètement au sud, là où commencent les calcaires durs de l'urgonien.
3^ Que la falaise est moins inclinée.
La figure 20 montre immédiatement que, plus la pente du talus primitif est
Fio. 20. — Influence de la pente du talus sur la largeur de la beine.
douce, plus la largeur de la beine doit être grande pour une même quantité de
terrain enlevé.
C'est probablement en partie pour cette dernière raison que la beine du lac de Genève est si développée (500 mètres de largeur) à l'extrémité orientale du lac, dans la partie du delta du Rhône non occupée par le fleuve. Là en effet la pente du terrain n'est que de 2 p. 1000 environ.
Quelquefois des beines très étendues proviennent d'une tout autre cause. Si les rives du lac sont très plates, et si le niveau de l'eau a une tendance à s'exhausser, une portion très grande de ces rives pourra présenter une terrasse submergée, sans que l'effort des vagues ait contribué à sa formation, il semble bien que ce soit là, en partie du moins, l'origine de la grande beine qui entoure le petit lac de Remoray (voir pi. VI) ; nous verrons en effet plus loin* que le niveau
i. Chapitre XI.
58 LES I.ACS FRANÇAIS.
de ce lac tend à être exhaussé par les alluvions du Doubs, qui se jette dans son émissaire à peu de distance de l'extrémité aval du lac.
Peut-être les beiaes si développées de la rive nord des lacs d'Annecy et du Bourget sont-elles ducs aussi à une cause semblable. Car le Fier et le Rhône ont aussi légèrement exhaussé le niveau de ces deux lacs '.
Une conséquence commune de ces deux modes de formation de la beine est que le sol de celle-ci est composé de matériaux de toutes dimensions, depuis les blocs volumioeuxjusqu'au sable fin et même jusqu'à la vase ténue.
La formation de la beine par l'effet des vagues est parfois très rapide. En voici
FiG. !l. — Lnc (le Lovitel. Au premier plan, la digue d'ëboulis qui le soutieDt. Au fond du lac, le cOne de déjection
dont il est question.
(D'après uao photographio de U. Cn*m«WAT.)
une preuve. Le 4 octobre 1894, j'ai visité le lac de Lovitel, dans l'Oisans. Le niveau de ce lac, dontles variations atteignent 13 à 14 mètres, était ce jour-là extrêmement bas, et, tout le long du cône de déjection qui s'avance dans la partie sud du lac (iîg. 21), on voyait un véritable escalier dontles marches, inclinées de quelques degrés vers le lac, avaient de O^.OS à 0"',20 de hauteur et de 0™,20 à 0'",70 de largeur. J'en ai compté jusqu'à vingt-cinq. Toutes ces marches étaient autant de petites beines correspondant aux différents niveaux que le lac avait occupés depuis l'époque des dernières hautes eaux, c'est-à-dire depuis le printemps.
B. — Mont.
Le mont est le talus suivant lequel se disposent les matériaux arrachés à la côte, ou, autrement dit, le talus de la beine d'alluvion. Tout le volume FBC (fig. 19) est composé de couches dont Tinclinaison, variable suivant la nature des matériaux, est comprise en général entre 10 et 60 p. 100. Remarquons que cette inclinaison ne saurait excéder 100 p. 100 ou 45"^. Il résulte, en effet, d'expériences de Bischof S que 45"" est la limite extrême de la pente sous laquelle des matériaux peuvent se déposer au sein de Teau. Même, d après des expériences plus récentes de M. Thoulet*, celte limite devrait être abaissée à 41** ou 87 p. 100. Donc, chaque fois que l'inclinaison des talus du lac sera supérieure à 45'', il pourra bien se former une beine d'érosion, mais point une beine d'alluvion; le mont n'existera certainement pas. Les matériaux arrachés à la côte tomberont au fond du lac.
Lorsque l'inclinaison des couches du mont est un peu grande, leur équilibre devient instable ; même il peut se produire un glissement de ces couches les unes sur les autres et un effondrement partiel. Souvent ce glissement s'opère naturellement, souvent aussi il est provoqué par une surcharge artificielle que des constructions de riverains imprudents viennent exercer sur la beine. De semblables accidents sont arrivés à diverses reprises sur les bords du lac de Genève. Nous aurons l'occasion d'en parler tout à l'heure.