‹ Atlas des lacs françaisChapitre 73 sur 360 · CARACTÈRES GÉNÉRAUX DE LA 3° MONTICULES · texte numérisé non relu

CARACTÈRES GÉNÉRAUX DE LA 3° MONTICULES

La régularité des lalus est très souvenl formant, sur la cuvette du lac, de véritables n viennent surgir à la surface du lac, tantôt raffl ta dépassant de quelques mètres; ce sont al parlé de ces divers accidents dans la descri] sommairement :

Fio. ÏS (Partie droilc). — Lac d'Annecy, Talloires et le Peli une tache blanche indiquant l'Ilot du Hot

[D'spria une pliolog

Dans le lac de Genève, les trois montic face de Villette, les trois monticules du ravin so Monts, dans le Petit Lac. Je rappelle que les t et de Laharpe sont artificielles.

Dans le lac du Bourgei, les deux moutic sépare la petite baie de Grésine de la plaine ci

Dans le lac d'Annecy, les crêts de Châtill rappelle que l'Ile des Cygnes est artificielle.

FiG. 26. — lies du lactl'Aiguebdette. Aufoad.le MoDt-Crelle,

(Daprès qdb photograpliie do M. Ca. Courtois.)

Fio. 27. — lies du lac d'Aiguebelelte. Au fond, la montagne de l'Épine.

(D'après uao photographie de M. Ch. CocbToib.)

DaDs le lac d'Âiguebelelte, deux lies (Bg. 26 et 27) et ua petit monticule dans la région sud-est.

- Lac de la Motte (Jura) el ile. Vue prise de re:(trëinitË sud, 8 juillet 189J. (D'aprts nne photographia de A. Del>bboi}ci.)

Daus le lac de Paladru, six monticules à des profondeurs diverses. Daos le lac de la Motle (Jura), uoe lie importante (fîg. 28).

Fia. 39. — ile du lac de Narlay (Jura), S juillet 189S.

(D'aprti uno photographia de A. Delibkcqdi,)

Dans le lac de Narlay, une petite lie (fig. 29).

Dans le lac de LafTrey, un monticule sur la plaine centrale.

Dans le lac de Petit-Cbat, un monticule au milieu du lac.

Les planches 1 à V el X à XII, qui donnent les courbes de niveau de ces différents lacs, montrent l'emplacement de la plupart de ces monticules et de ces lies.

). 30. — Ile du lac de l'Abbaye (Jura\ 1 juillet 1895. (D'aprAs noc photographie de A. Dklsbecoue.)

, 31, — Iles du [m; Cliainban.

(D'aprûs UJL0 phoLographio.)

Parmi les autres lacs du territoire français que j'ai explorés plus rapidement, je citerai :

DaDs les Alpes : le lac d'Allos (deux Iles), le lac de Saint-André (une lie), le lac de Sainte-Hélène (une Ile) (voir pi. XIII), le lac du Mout-Cenis (une lie).

Dans le Jura : le lac de l'Abbaye (une tie) (fig. 30), le grand lac de Clairvaux (un monticule), le lac des Rousses (un monticule) et des Ilots tourbeux mouvants dans ceux de Viry, des Rouges-Truites et de Crenans*.

Dans le Plateau Central : )e lac ChamboD (plusieurs llo(s) (fig. 31), le lac

Pio. 32. — Lac des Esclauzes (Puy-de-Dôme).

(D'aprèi duo photographie do M.

d'Aydat (huit îlots), le lac des Esclauzes (nombreux Ilots dont un (lottant) (fig. 32).

Dans les Pyrénées ; le lac d'Artouste (une lie) (fig. 33), le lac Lanoux (une lie très rapprochée du rivage) ((ig. 34}.

Citons enfin les innombrables monticules qui s'élèvent sur les bords des talus des lacs pyrénéens à peu de dislance du rivage. M. Belloc les a décrits en

1. A. Hagmn, les Lots du Jura, n» 1, p. 59, D'après ce savant, l'Ilot du lac de Viry est, depuis quelques aunées, fixé sur le bord septentrional du lac.

Le lac le plus riche en monticules de tout le Jura est le lac de Joux (Suisse] ; on en compte jusqu'à 18. Voyez les Teuilles 288, 29i, 297, 300 et 299 de VAtlaitopogrofihique fédéral.

détail dans ses diverses publications', et il les a bien mis en évidence sur ses cartes des lacsd'Ooet de CiUUaouas'. Nous aurons l'occasion d'y revenir.

Ces monticules et ces lies peuvent avoir deux origines bien distinctes.

Ou bien ils font partie constituante du sol primitif du lac; ce sont des protubérances de la cavité, que la vase n'a pas encore fait disparaître complètement ; même certains d'entre eux, les lies, dureront aussi longtemps que le lac lui même, pourvu toutefois que la surface de

F:c. 33. — Lac d'Artouste, avec uoe peUte Ile, Vue prise cedemiernes'exhaUSSepOÎnt

du déversoir, 5 juillet 189t. , • < i

(Dap«,a»ph««gr.phicdaA.D«.«.««„.,) ^^ manière à les recouvrir.

Ou bien ils se forment dans le cours même de l'existence du lac; ce sont alors, en quelque sorte, des protubérances advenlives. Trois circonstances peuvent donner naissance à des monticules ou lies de cette seconde catégorie. Ce sont :

1° Des irrégularités de dépôts sur les talus immergés des deltas torrentiels.

Exemple : les trois monticules du ravin sous-lacustre du Hhône.

2° Des éboulis ou des avalanches qui tombent dans le lac. Exemple : les saillies qui s'élèvent, à une faible distance du rivage, sur les talus de la plupart des lacs de haute montagne, *'"'■ '''■ ' ^"^ ^"^""^ '* ■*'"'*"*■ ""^ ^""^ ''^ déversoir, 29 juuie. i694

° [ D'apris une photogrsphia de A. DsLEBacqnit.)

dans les Pyrénées.

3° Le glissement des talus qui forment les murailles du lac. Ainsi tous les monticules de la partie sud du lac de Paladru me paraissent provenir du glissement

(. Voir page 20.

3, Voir page 43.

des terrains qui bordent le lac et qui sont formés, soit de poudingues miocènes assez meubles, soit d'argiles glaciaires. On trouve d'ailleurs sur les rives du lac de nombreuses traces de pareils glissements. De même, lorsqu'un talus de lac est formé non pas de rocher en place, mais d'éboulis pareils à ceux qu'on rencontre si souvent sur les pentes des montagnes, des monticules peuvent très facilement se produire par glissement; peut-être est-ce à cette cause que sont dus les monticules de la rive vaudoise du lac de Genève? Remarquons que souvent nous ne savons rien sur l'âge de ces glissements. Ils peuvent êlre très récents ; ils peuvent, au contraire, être antérieurs à la formation même du lac et, dans ce dernier cas, doivent être rattachés aux accidents du premier groupe.

Ceux-ci, comme nous l'avons dit, sont des irrégularités de la cavité du lac imparfaitement nivelées par la vase. Dans deux cas on peut reconnaître qu'on est en présence d'accidents de cette nature :

1** Lorsqu'il est possible de constater que les monticules et îlots sont constitués par des bancs rocheux en place. Exemples : les Hauts-Monts dans le Petit Lac de Genève, où, d'après Pictet *, affleure la molasse, l'îlot du Roselet dans le lac d'Annecy, les îles du lac de la Motte (Jura), du lac d'AUos, du lac d'Artouste, du lac Lanoux. Dans toutes ces îles la roche en place est parfaitement visible ^

2^ Lorsqu'ils s'élèvent, au-dessus des fonds voisins, à une hauteur telle qu'ils ne peuvent manifestement pas résulter d'un glissement de terrain.

Ainsi, dans le lac d'Annecy, le crêt de Châtillon qui s'élève jusqu'à 3™, 30 audessous du plan d'eau, et qui est séparé du rivage par un intervalle de 800 mètres où l'on trouve des fonds de 40 mètres, ne peut évidemment pas provenir du glissement des couches supérieures ; il en est de même du crêt voisin d'Anfon. La même conclusion s'impose pour les deux îles du lac d'Aiguebelette dans lesquelles aucun affleurement rocheux n'est visible, pour l'îlot du lac de Narlay', pour le monticule du lac de Petit-Chat. Il pourrait y avoir doute pour celui du lac de Laffrey.

Remarquons que certaines îles sont séparées du rivage par des passes relativement profondes. Ainsi la barre qui existe entre le Roselet et la pointe de Duingt, au lac d'Annecy, a une profondeur de 17 mètres. Au lac d'Aiguebelette, on trouve, entre la grande île et la côte sud des fonds de 44 mètres, entre la petite île et la côte nord-est des fonds de 22 mètres. Entre l'île du lac d'Artouste et le rivage, la sonde accuse 17 mètres. Les îles Rorromées du lac Majeur sont aussi dans une situation analogue \ Si le plan d'eau venait à s'abaisser de quelques mètres, toutes ces saillies resteraient encore des îles.

1. Alph. Favre, Desc, GéoL du canton de Genève, t. II, p. 39.

2. Les célèbres îles Borromées du lac Majeur sont aussi constituées par la roche en place. (Voir

Carie géologique de la Suisse au Jqqôôô» Veuille XXIU, Domo d'Ossola-Arona.)

3. J'ai tout lieu de croire que Tilot du lac de Narlay est rocheux, sans toutefois pouvoir Taffirmer d'une façon absolue.

4. Voir la carte hydrographique au ^^^ du lac Majeur publiée par la Marine Italienne,

Auconiratre, d'autres îles sont séparées de la côte par des hauts-fonds où la profondeur est presque nulle ; telles sont celles des lacs de la Motte (Jura) et de l'Abbaye, où Ton trouve seulement 1 mètre entre l'Ile et le rivage. Ces lies surgissent sur la beine, et un abaissement, même très faible, du niveau de l'eau les transformerait en caps.

Remarquons enfin que, parfois, deux lies voisines du même lac sont réunies par une barre qui affleure presque la surface de l'eau. Ainsi, entre les deux lies du lac d'Aiguebelette, on trouve des fonds de 1°',60 seulement. Entre Isola Bella et Isola dei Pescatori, du groupe des Borromées, il y a seulement 2 mètres d'eau S

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